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 Répondre à : WA - Participation exercice n°55 part 1 
De : Maedhros  Ecrire à <a class=sign href=\'../faeriens/?ID=196\'>Maedhros</a>
Date : Jeudi 5 mars 2009 à 22:25:40
Une histoire purement rock and roll en deux parties. La seconde arrive très vite...

______________

UN MOMENT D’EGAREMENT


La pluie s’est mise à tomber. André tâtonne pour trouver la commande des essuie-glaces. Il a loué cette voiture en descendant du train en début de soirée. La ligne à grande vitesse n’allait pas plus loin et il devait encore parcourir pas mal de kilomètres pour rejoindre la petite sous-préfecture où il a réservé une chambre d’hôtel. Il est un peu stressé car demain sera un grand jour dans sa vie. Il prendra la parole devant les élus locaux pour leur vendre un ambitieux projet d’investissement de nature à relancer l’activité et préserver l’emploi sur une zone durement touchée par la crise économique. Le préfet et les services de l’Etat seront également présents Le montage financier qu’il a soigneusement élaboré avec les artistes de la division « stratégie et développement » nécessite un apport non négligeable de fonds publics, tant en aides directes qu’indirectes. Il a peaufiné sa présentation et s’est préparé à répondre à toutes les questions. Il révisera une dernière fois le dossier avant de se coucher. Deux de ses collaborateurs seront également présents demain matin mais lui, comme à son habitude, a préféré arriver la veille pour s’imprégner de l’atmosphère de l’endroit. Psychologiquement cela lui procure un sentiment de proximité qui l’aide énormément. S’il réussit, sa promotion au sein du groupe est acquise, comme le lui a laissé entendre le directeur délégué.

L’autoradio diffuse de la musique de façon ininterrompue. A cette heure tardive, André préfère. Il tend l’oreille quand il se rend compte que le morceau qui passe ne lui est pas étranger. Une musique agréablement rythmée, une mélodie calme et ensoleillée, des voix de miel qui s’entremêlent harmonieusement, des guitares californiennes qui tissent des nappes harmoniques de toute beauté... Une musique très typée années 70’ à n’en pas douter. Oh oui, il reconnaît cette ballade mais sans pouvoir se souvenir de son titre exact. Il en ressent même une petite frustration car il se vante d’avoir une excellente mémoire.

Cela fait maintenant presque une bonne heure qu’il s’est enfoncé dans une vaste et sombre forêt. La route y trace d’immenses lignes droites bordées par de grands arbres dont les cimes forment presque une voûte au-dessus de la chaussée. Le cône de lumière blanche des phares découpe l’obscurité de façon chirurgicale. Mais les ténèbres ont vite fait de reconquérir leur domaine derrière l’automobile. André est confiant, le système GPS embarqué lui a conseillé cet itinéraire et l’assure qu’il est toujours sur le bon chemin. Il note soudain que cela fait un bon moment qu’il n’a croisé aucun autre véhicule et dans le rétroviseur, pas la moindre trace de phares qui le suivraient dans le lointain.

Cette forêt n’en finira-t-elle donc jamais ?

Un petit bip le tire de sa rêverie. Un pictogramme rouge vient de s’allumer sur le tableau de bord. Il ne s’éteint pas et c’est mauvais signe. André n’a pas besoin de se plonger dans l’épais guide d’utilisation pour comprendre qu’un problème mécanique sérieux a été détecté. Comme pour confirmer son diagnostic, le moteur jusqu’alors silencieux et ronronnant, hoquète légèrement. Un simple à-coup mais qui suffit à l’inquiéter un peu plus. Selon le GPS, il lui reste une bonne quarantaine de kilomètres pour sortir de la forêt. C’est long quarante kilomètres quand une diode rouge brille dramatiquement sous vos yeux. André hésite. Doit-il s’arrêter pour ouvrir le capot ? Déterminer exactement à quoi correspond le pictogramme ? La pluie dehors a redoublé. Il met consciencieusement son clignotant, ralentit et stoppe la voiture le long de la route déserte mais en laissant tourner le moteur. Après avoir allumé le plafonnier, il extirpe de la boîte à gants le guide et trouve la page où sont détaillées les informations s’affichant sur le tableau de bord. C’est vraiment sérieux. Le problème vient du turbo. Le conseil donné par le constructeur en pareil cas n’est pas pour le rassurer. Il faut immobiliser le véhicule et appeler sans attendre le concessionnaire le plus proche. André grimace. Au milieu de nulle part, c’est moins évident. Cependant, homme organisé et rationnel, il fouille dans la sacoche posée sur le fauteuil du passager et sort son mobile dernier cri. Il déchante rapidement : pas de réseau. Le sort s’acharne sur lui même s’il essaie de se convaincre qu’il n’est pas superstitieux.

André passe prudemment la première, la berline allemande répond sans broncher. Il accélère délicatement et l’Audi obéit en prenant progressivement de la vitesse. Le témoin est toujours allumé mais aucun autre signe annonciateur d’une catastrophe imminente ne se manifeste. Le tachymètre affiche bientôt la respectable vitesse de 90 km/h. Il décide de maintenir cette allure, espérant que sa modération lui permettra de rallier la sous-préfecture située non loin de l’orée de la forêt. Il guette le moindre bruit insolite, faisant corps avec sa machine. Au bout de quelques kilomètres, il se détend un peu. Ces marques allemandes, c’est du solide. La pluie redouble de violence au point que les balais essuie glace peinent à chasser les trombes d’eau qui fouettent le pare-brise. Il se permet de sourire et hausse le son de l’autoradio. Curieusement, c’est la même chanson qui passe sur les ondes. Etonnant, pense-t-il, mais agréable.

On a dark desert highway, cool wind in my hair
Warm smell of colitas, rising up through the air
Up ahead in the distance, I saw a shimmering light
My head grew heavy and my sight grew dim


André fredonne les paroles. Il les connaît par coeur maintenant. Il va pour reprendre en choeur le refrain quand plusieurs bips retentissent dans l’habitacle. Un gros panneau STOP envahit le tableau de bord. Le moteur ne tourne plus rond et devient chaotique en émettant un bruit insupportable de poubelle de fer traînée sur du béton irrégulier. Puis d’un coup, le moteur cale et l’automobile file sur son erre, uniquement mue par l’inertie acquise. Tant bien que mal, il parvient à la garer une nouvelle fois le long du bas-côté. Tout s’éteint en même temps : phares, GPS et autoradio. Il se retrouve seul dans le cadavre d’une voiture au milieu d’une nuit noire, loin de tout, au coeur d’une profonde forêt. Et il pleut.

« Tiens, on se croirait dans une scène d’X-Files ! » murmure-t-il en essayant de reprendre contenance. « Les extra-terrestres ne sont pas loin! » Il jette néanmoins un rapide coup d’oeil vers le sommet des arbres mais pas l’ombre d’un vaisseau spatial. La pluie n’a pas faibli. Il remarque soudain qu’il s’est garé près de l’entrée d’une allée forestière qui s’enfonce entre les arbres. Il se penche car il lui semble... il lui semble... oui... qu’il y a là-bas tout au fond une très faible lueur... une maison ? Une maison au fond des bois, s’amuse-t-il à penser.. Sa décision prise, il récupère sur la banquette arrière son imperméable et son parapluie, attrape sa sacoche et sort de l’Audi. Il lui semble que le Niagara a attendu ce moment pour dégringoler sur sa tête. Ses mocassins ne sont pas adaptés au bourbier qui ne mérite même pas le nom de sente forestière. Des chaussures à quatre cents euros. Foutues, elles sont foutues. André marche stoïquement vers cette lueur fantomatique qui danse entre les arbres. Il n’arrive pas à évaluer la distance et aucune pancarte commerciale n’indique vers où il se dirige.

« Promenons-nous dans les bois, pendant que le loup n’y est pas... » Le côté drolatique de la situation ne lui échappe pas. Des images de l’Auberge Rouge lui traversent l’esprit. Il lève la tête mais l’astre nocturne est caché derrière les nuages. Ne serait-ce pas une nuit de pleine lune ? André est un amateur de récits fantastiques et bientôt toutes les créatures du bestiaire crépusculaire défilent sous ses yeux, plus horribles les unes que les autres. Il imagine un loup-garou aux babines retroussées sur des crocs démesurés et il pense aussitôt à John Landis. Quand succède la silhouette blafarde d’un vampire assoiffé de sang qui se redresse dans un cercueil ouvert, il pense aussitôt à Polanski. Quand il imagine ensuite des morts-vivants qui jaillissent de leurs sépultures en excavant la terre meuble, il remercie Romero pour l’ensemble de son oeuvre.

Heureusement, aucun monstre griffu ne se précipite sur lui et ces souvenirs finalement divertissants ont suffisamment détourné son attention pour que, sans s’en rendre compte, il se soit assez approché de la source lumineuse pour distinguer une haute bâtisse qui se dresse au centre d’une clairière. L’allée débouche sur une vaste cour de graviers qui crissent sous ses semelles. La pâle clarté est diffusée par un maigre luminaire au verre épais et opaque. La bâtisse ressemble à une de ces gentilhommières cossues comme il en a connu en Sologne ou en Dordogne. Ce type d’établissement inspire le confort et le luxe, des prix exorbitants et des prestations haut de gamme et dans les étages, des chambres accueillantes pour les amoureux de passage. De lourds volets de bois sont refermés sur les nombreuses fenêtres.

Ce qui surprend André cependant, c’est qu’il n’y a aucune enseigne commerciale. Machinalement, il consulte son mobile mais il n’y a toujours pas de réseau.

Il grimpe les quelques marches accédant au perron. Protégé par un profond auvent, il replie son parapluie et n’apercevant aucun dispositif d’avertissement, il cogne deux fois de son poing fermé la porte d’entrée renforcée de motifs floraux en fer forgé. Une impression désagréable d’austérité s’en dégage. Il attend. En vain. Il va pour tambouriner à nouveau quand le lourd battant s’ouvre sans un bruit, déversant sur le seuil une chaude lumière oblique, chassant l’obscurité autour d’André.

Il pénètre dans un vaste hall de réception fermé au fond par un immense comptoir en bois lustré derrière lequel trône un réceptionniste. Celui-ci est vêtu d’un uniforme strict, gris et sombre, avec des boutons dorés, des parements noirs et brillants et des épaulettes qui lui confèrent, aux yeux d’André, l’aspect d’un grognard de la garde napoléonienne. Il lève les yeux d’un épais registre ouvert devant lui et, derrière des lunettes à la lourde monture d’acier, il regarde André s’avancer. Manifestement, le réceptionniste semble surpris. Dans son dos, André distingue un grand panneau où sont accrochées de nombreuses clés délicatement ouvragées.

M

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