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 Répondre à : WA - Participation exercice n°56 part 1  
De : Maedhros  Ecrire à <a class=sign href=\'../faeriens/?ID=196\'>Maedhros</a>
Date : Lundi 16 mars 2009 à 21:47:00
Il est revenu... il revient toujours... et il est question de miroir aussi. Et le côté Noldor pour la consigne...

C'est une pièce en un acte et 2 scènes. Les protagonistes parlent à la 1ère personne.
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LA PRISONNIERE DU MIROIR


DECOR :

Une pièce aveugle, un lit, une table, quatre murs.

Côté jardin : un grand miroir sur le mur.

Côté cour : une femme allongée sur le lit, mains ligotée aux barreaux de la tête de lit. Elle semble jeune et vieille à la fois. Une jeunesse sur laquelle le temps serait passé à une vitesse phénoménale. Des cernes sous les yeux et un teint blafard. Pas loin, un vieux pot de chambre renversé côtoie un plateau repas sur lequel peuvent se voir une assiette à moitié vide d’une sorte de brouet une bouteille d’eau en plastique et un croûton de pain

Sur le mur du fond : une porte fermée.



SCENE 1

La Fille :

(en parlant vers la salle)

La lumière au plafond s’est allumée alors cela doit être un nouveau jour. J’ai l’impression d’avoir dormi longtemps. Très longtemps. J’ai rêvé mais je ne me rappelle aucun de mes rêves. J’ai perdu cette capacité depuis que je suis enfermée ici. J’ai la sensation d’avoir rêvé tant que je garde mes paupières closes, mais il suffit que j’ouvre les yeux pour qu’elle disparaisse d’un seul coup. Il m’a retranché du monde des vivants. C’est son plus grand crime. Il a dit qu’il reviendrait. Il tient toujours ses promesses.

(elle se tourne vers le miroir)

Tu te rappelles ? J’ai commencé à parler à ce miroir après qu’il l’ait posé au mur, le tout premier jour de ma captivité. Je l’ai regardé faire, ligotée sur le lit avec dans la bouche la sensation écoeurante du chiffon avec lequel il m’a bâillonnée pour me jeter dans son fourgon. Ce miroir. Combien je l’ai haï quand j’ai vu ce que je devenais. J’ai voulu le briser mais il semble que rien ne puisse ébrécher son reflet glacé. Je l’ai souillé souvent au début mais chaque matin, à mon réveil, il était parfaitement nettoyé. Et puis, peu à peu, nous nous sommes mutuellement apprivoisés. Ce miroir était devenu un confident, l’ami muet et compatissant, un élément essentiel du décor.

Au début, j’ai cru ça jusqu’à ce que je m’aperçoive que ce n’était pas le miroir qui me fascinait, pas cette surface ouverte sur un ailleurs identique à mon univers. Non. C’était l’inconnue qui y vivait et qui me regardait de l’autre côté. Une inconnue qui me ressemblait vaguement. Une grande fille un peu paumée, amaigrie, avec des cernes sous les yeux. Mon dieu, combien aurais-je donné pour un tube de rouge à lèvres! Toi. D’abord, tu as été une présence silencieuse, puis subtilement et progressivement nécessaire. Les jours ont passé et tu es devenue mon amie. Puis bien plus que mon amie, ma soeur, une soeur jumelle. Celle que mes parents m’avaient toujours cachée ou bien celle que j’avais toujours cachée à mes parents, celle qu’ils avaient finalement abandonnée sur le chemin de l’adolescence, quelque part entre Denver et Dallas.

La Fille dans le miroir :

Je crois que nous sommes plus proches encore que des soeurs jumelles. Nous sommes beaucoup plus intimement liées. Je calque mes gestes sur les tiens comme tu calques tes gestes sur les miens. Si nous nous ressemblons maintenant, c'est parce que chacune a fait un bout du chemin en direction de l’autre, abolissant cette distance qui nous séparait. Dommage qu’il soit apparemment trop tard. Tu as raison sur un seul point : le temps a passé. Moi, je t’ai pardonnée. Peut-être un vieux reste de cette éducation religieuse à laquelle maman tenait tant. Cette religiosité que te faisait marrer jusqu’à provoquer maman avec tes habits noirs, ta musique s_a_t_a_n_i_q_u_e et tes airs cadavériques. Cette religiosité qui te faisait peur, comme te faisait peur le fait de t’ouvrir à tes semblables, d'avoir confiance dans la communauté, d'être comme les autres simplement. Tu as toujours été une fille compliquée.

La Fille :

Nous n’aurions jamais dû quitter Denver. C’était le pays des chevaux et j’adorais les chevaux. Papa avait un ranch où il élevait les plus beaux mustangs de tout l’Etat. Beaucoup de moi est resté là-bas, dans le Colorado et ce vide est toujours là comme une invisible blessure qui s’agrandit de plus en plus. J’aimais par-dessus tout galoper juste avant que l’aube ne se lève, sentir la campagne autour de moi, avoir le sentiment de liberté à perte de vue. Il y a avait moi, le cheval et l’infini. Si j’étais morte à ce moment là, quand le soleil étendait ses premiers rayons sur la grande plaine, par-dessus les Rocheuses, cela aurait été un moment de pure plénitude. Si j’étais morte, je n’aurais pas vécu cet enfer.

La Fille dans le miroir :

Tu sais, le Texas, c’est aussi le pays des chevaux et des cow-boys. Mais dès que nous y sommes arrivés, tu as fermé ton coeur. Moi, je me souviens bien de notre maison à Dallas. Ce n’était pas un ranch puisque Papa a pris le boulot là où il l’a trouvé. Toi, cette maison, tu ne l’as jamais aimée mais as-tu simplement cherché à me demander mon avis? Je te l’ai souvent donné pourtant.

D’après toi, qui écrivait ces lignes sur ton journal intime, ces lignes que tu relisais avec stupéfaction parce que tu ne te rappelais pas les avoir écrites? Ces lignes qui contrastaient tellement avec les tiennes, qui ne correspondaient pas à tes propres sentiments? C’était moi. Ma main était dans ta main quand la plume du stylo glissait en arrondissant des mots que tu refusais d’entendre. Oui, tu en as barré des lignes d’un grand trait rageur, en ajoutant en plus ces petits gribouillages serrés pour interdire toute possibilité de relecture, même en transparence.

Cette négation absolue de tout ce qui n’était pas toi, tout ce qui n’était pas cette autre image que tu te plaisais à renvoyer aux garçons de la classe. Cette arrogance et cette insolence qui t’ont propulsée sur le devant de leur scène. Tu étais devenue cette poupée Barbie qui les émoustillait tant, dévergondée et superficielle. Ce n’était pas toi. Ce n’était pas moi.

Tu étais devenue une étrangère dans ta propre existence et tu ne t’en rendais pas compte. Tu t’es finalement perdue entre tous tes reflets. Mais j’étais là, prête à t’aider. Il aurait suffi que tu regardes plus attentivement dans le miroir, ce miroir devant lequel tu te démaquillais chaque soir. J’étais là, j'étais ce visage qui apparaissait fugitivement sous les traces du coton démaquillant, derrière le fard et la poudre. Si tu avais juste suspendu ton geste, ne serait-ce qu’un instant, tu aurais croisé mon regard et tu aurais lu en moi. Mais non, tu te contentais de nettoyer tout ça au plus vite pour téléphoner à ton petit copain du moment.

La Fille :

Tu n’as jamais compris les raisons qui m’ont poussée à foutre le camp de la maison. Pourquoi je m’étais enfuie... pourquoi j’avais fait toutes ces conneries... pourquoi je me retrouve là aujourd’hui? Je ne suis pas folle. Je n’ai pas réussi à devenir folle hélas... les fêlures et les cassures de mon âme ne m’ont pas permis de me réfugier dans la folie que j’ai souvent appelée de mes voeux.

Alors je l’ai regardé faire... c’est comme s’il s’acharnait sur une autre, pas moi... plus moi... je l’ai regardé faire jour après jour et même si j’ai crié, même si j’ai vomi, je n’ai pas pu expulser ces souillures de mon esprit. Je suis restée froide et lucide, comme détachée. Je n’ai pas pleuré. Je n’ai jamais pleuré ici. Il faut des larmes pour pleurer et je n’en avais déjà plus quand il m’a enlevée dans la nuit glaciale de janvier. Est-ce tu comprends ça? J’ai l’impression que quelques fois tu ne m’écoutes pas et que je contemple un simple reflet dans une glace. Comme une idiote.

La Fille dans le miroir :

Je t’écoute. Je t’ai toujours écoutée. Je t’ai répondu aussi, à chaque fois que tu me posais une question. C’était juste que tu ne m’entendais pas. J’étais à côté de toi quand tu as claqué la porte de la maison. Je me rappelle avoir tourné la tête vers la fenêtre de la chambre du premier étage où dormaient les parents. As-tu pensé à Maman quand tu es partie sans laisser de mot derrière toi ? As-tu pensé à la peine que tu lui faisais en t’enfuyant? Non. Tu n’as pensé qu’à toi, à ton mal-être, à tes fantasmes de petite fille grimée à grands coups de pinceaux outrageux. J’ai souffert car tu m’as empêché d’exister.

Tu dis que tu es prisonnière dans cette geôle hors du temps? Ce n’est que ta réalité. Pas la mienne. Moi, je suis libre ici, libre pour la première fois. Ce qu’il te fait, il me le fait. Mais ce n’est juste qu’une illusion... un reflet qui danse dans le miroir quand ses mains sont sur ton corps. Un simple jeu de lumière. Inoffensif. Il ne me dégoûte pas autant qu'il te dégoûte. Je le connais sans doute mieux que toi parce que j’évolue sur un plan différent. Là, il ne peut cacher les fractures qu’il dissimule aux autres. Il est fragile, presque vulnérable et je peux lire dans ses yeux autre chose que la violence dont il nourrit ses actes.

La Fille :

Comment peux-tu justifier ce monstre? Comment peux-tu lui trouver des excuses? C’est le mal absolu. Tu as vu ce qu’il m’a fait ? Tu as vu les traces sur mon corps? Certaines se lavent mais ne s’effacent pas. Tu crois que c’est un de ces films où la victime est sauvée à la fin? Tu crois que nous jouons dans un épisode de FBI Portés disparus? Ce n’est pas un décor de cinéma. Quand la lumière s’éteint, les machinistes n’envahissent pas le plateau et l’acteur qui joue le monstre ne boit pas un verre de gin en rigolant avec les scénaristes. Non. Ici c’est réel et mortel. Ils ne viendront pas nous délivrer. J’ai beau prié ton bon dieu, il ne me délivrera pas du mal. Non.

Tu dis que tu étais là depuis longtemps. Mais où étais-tu bon sang quand j’ai eu besoin de toi? Quand j’ai appelé au secours. Où étais-tu quand ils m’ont attirée dans leurs filets pleins de mirages et de mensonges. Où étais-tu donc passée? J’ai cru qu’ils allaient faire de ma vie un conte de fée. Que j’allais être une nouvelle star et que le champagne allait couler à flots. Ils m’ont promis tant de merveilles que j’ai voulu les croire. Cela n’a pas duré longtemps.

Mais c’est le passé. Il est mort et enterré. Comme moi ici dans ce tombeau où il me tient à sa merci.

La Fille dans le miroir :

Où il nous tient à sa merci. Je suis comme toi. Si tu ne peux t’échapper, je ne le peux pas également, même si cette prison m’a rendu la liberté. Chut, j’entends du bruit. Ne dis plus rien. Il arrive.

M

à suivre....

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