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De : Narwa Roquen  Ecrire à <a class=sign href=\'../faeriens/?ID=25\'>Narwa Roquen</a>
Date : Mercredi 18 mars 2009 à 23:35:41
L’aveu



Décor : La salle de Délibération du Conseil des Sept, à Cortia, capitale de la planète Persépolis. Une grande table en bois dans la longueur, côté cour une chaise à haut dossier au bout et trois de chaque côté. Côté jardin, une chaise à haut dossier, recouverte de tissu violet. A l’extrémité cour, un clavier est intégré dans la table, ainsi qu’un petit écran. Au milieu de la table, un saladier plein de fruits, avec une dague sertie de pierres précieuses plantée dans une pomme. Côté cour, une cheminée un peu en oblique, et deux fauteuils, un de chaque côté. L’entrée se fait côté jardin.
En fond de scène, un écran géant.


Personnages :
Astréïa : Rayonnante. Grande, fine, les cheveux d’un blond doré jusqu’à la taille, peau couleur métisse mais avec les traits d’une blanche, la trentaine.
Oryx : Chef du conseil des Sept. La soixantaine. Cheveux blancs, pas très grand, mince, sec, un visage osseux, un front haut, on le sent intelligent et retors
Tharnothen : Chef des armées. Brun, grand, carré, 45 ans. Violent.
Egaël : Chef de la diplomatie .La cinquantaine, un visage rond, des cheveux blonds, barbu, pas très grand.
Trendis : Commandant de vaisseau. 40 ans, brun, musclé, un peu lourd.
Nerken : Capitaine, co-pilote. 35 ans. Brun, beau, raffiné, froid.
Siryo : Lieutenant. 25 ans, fait plus jeune. Blond, pâle, mince, un visage d’enfant, yeux bleus. Passionné, impulsif.
Mavina : mère d’Astréïa : 60 ans, usée, cheveux gris.
Deux soldats, deux gardes.


Costumes :
Astréïa : - acte I : robe violette longue, manches longues, cintrée en haut, large en bas, décolleté rond. La robe est déchirée, presque en lambeaux, laissant voir les deux bras et les jambes jusqu’au genou.
- acte 2 : robe blanche, manches longues, col montant en dentelle, bottines
Oryx : col roulé noir, pantalon noir moulant, veste noire à large col.
Tharnothen : uniforme noir, épaulettes dorées. Manche droite bleu ciel.
Egaël : costume gris, pantalon moulant, veste longue à petit col officier, ouverte sur une chemise blanche à jabot.
Mavina : robe longue marron, informe, usée.
Guerriers : uniforme bleu ciel avec épaulettes noires, pantalon moulant, blouson court, bottes
Gardes : uniforme bleu foncé, pantalon moulant, bottes, veste longue à col officier, deux rangées de boutons dorés.




Acte I



Scène I

(Tharnothen, Egaël, puis Oryx)


Egaël est assis dans un fauteuil près de la cheminée, la tête dans les mains. Tharnothen, visiblement agacé, fait les cent pas. Entre Oryx, côté jardin.
Oryx : Eh bien ?
Egaël (lève la tête vers lui) : Rien. J’ai discuté avec elle tout ce matin. J’ai menacé, j’ai supplié. Rien.
Oryx (à Tharnothen) : Tu ne l’as pas assez préparée, Maître de Guerre !
Tharnothen (furieux) : Mes hommes l’ont torturée toute la nuit, Seigneur !
Oryx : Ils ont été trop tendres ! Je t’avais dit de t’en occuper personnellement.
Tharnothen : Et je l’ai fait. Et j’ai perdu patience. Je suis sorti juste avant de la tuer.
Egaël (hausse les épaules, résigné) : C’est l’Esprit le plus puissant de l’Empire, Seigneur Oryx. Vous l’avez choisie pour ça.
Oryx : Mais nous en viendrons à bout, Egaël. Nous aurons le nom de ce traître, d’une manière ou d’une autre. La Loi est la Loi.
Egaël : Elle nie toujours, Seigneur. Elle dit peut-être la vérité...
Oryx : Alors pourquoi a-t-elle refusé de risquer cet astronef, alors qu’il nous aurait apporté la victoire ?
Egaël : Elle dit que ce sacrifice était inutile, qu’elle est lasse de voir mourir des hommes pour l’ambition de Persépolis.
Tharnothen : Mais ce n’est pas à elle de décider qui vit et qui meurt. Qu’elle distribue l’énergie aux vaisseaux, c’est tout ce qu’on lui demande. Sans compter que les Moniteurs ont détecté des sentiments, chez elle, à ce moment-là. Cela prouve bien qu’il s’est passé quelque chose...
Egaël : Peut-être effectivement s’est-elle écoeurée de la guerre... Le bannissement sera une punition suffisante.
Tharnothen : Si elle a failli, c’est la mort, pour elle comme pour lui !
Egaël (ironique) – Combien de morts te faudra-t-il, Tharnothen, pour apaiser ta colère ?
Tharnothen (bouillant de rage) : Ce n’est pas une question de colère ! Chacun ici-bas a son rôle à jouer. Elle a accepté d’être Rayonnante, elle doit mener sa mission jusqu’au bout. Et nous sommes en guerre ! Le soldat qui déserte est puni de mort ! Et ce qu’elle a fait est... (Il s’arrête, ne sait plus quoi dire)
Oryx : Allons, mon ami, reprends-toi. Il y a sûrement une solution. Raconte-moi. Comment s’est-elle comportée sous la torture ?
Tharnothen (hausse les épaules) : Elle a ri, elle a chanté, elle a déclamé des vers... Nous avons tous eu l’impression qu’elle se moquait de nous. Les écrans de surveillance enregistraient une intensité de douleur maximale, et elle chantait !
Oryx (fronçant le sourcil) : Est-il possible qu’elle ait pu... par son Pouvoir... s’insensibiliser ?
Tharnothen : Impossible, Seigneur. Tous les champs de force étaient dressés. Elle n’avait plus aucun pouvoir. Et les écrans...
Egaël : C’est une femme exceptionnelle. Et sa défection risque de nous faire perdre la guerre. Puisque rien n’est prouvé, ne pourrait-on pas...
Oryx : Toi aussi, elle t’a séduit, Egaël.
Egaël : Je suis marié et je suis fidèle, Seigneur Oryx. Mais j’admire la puissance et le courage de cette femme, qui depuis dix ans s’est dédiée corps et âme au destin de notre planète.
Oryx : Et tu sais que la Rayonnante doit rester vierge et intacte de toute passion humaine.
Egaël : Mais rien ne prouve qu’elle ait failli ! Elle a dit qu’elle ne comprenait pas ce qui lui était reproché, et l’Inquisitrice a confirmé que...
Tharnothen : Un Esprit de sa trempe peut aisément berner une Inquisitrice !
Egaël : La colère t’aveugle, Tharnothen ! Astréïa est vierge, c’est un fait. Alors si son âme a vacillé un instant à l’idée d’envoyer des hommes à la mort...
Oryx : Nous ferons en sorte qu’elle n’ait plus l’occasion de recommencer.
Egaël : Mais Seigneur, aucune Apprentie n’est en mesure de la remplacer !
Oryx : Nous utiliserons du carburant, comme autrefois !
Egaël : Dans les astronefs de combat ? Vous savez très bien que leur extrême maniabilité, qui fait notre force unique dans tout le Multivers, est liée à leur faible poids !
Tharnothen : Nos ingénieurs trouveront une solution.
Egaël : En combien de temps ? Réfléchis, Tharnothen : la Rayonnante ne se borne pas à transmettre aux vaisseaux l’énergie de la persépolite. Elle est en contact permanent avec l’esprit des guerriers, elle les guide, elle les soutient, elle capte les attaques ennemies et aide à les esquiver...
Oryx : Nous savons tout cela, Egaël. Que t’a-t-elle dit d’autre ?
Egaël : Quand j’ai demandé si son coeur éprouvait un sentiment particulier, comme de l’amour, elle a acquiescé. J’aime Persépolis, a-t-elle poursuivi, et je ne pense pas que ce soit un crime. J’aime Oryx, notre Guide éclairé, et Tharnothen le valeureux, et... vous aussi, mon cher Egaël, toujours prêt à arrondir les angles...
Oryx : Devrais-je te soupçonner aussi, Egaël ?
Egaël (a un haut-le-corps) : Seigneur !
Oryx : Bien sûr que non. Tu es trop lâche pour ça.
(Il appuie sur une touche du clavier, sur la table, pour allumer l’intercom).
Qu’on la fasse venir.
Tharnothen : Ici ?
Oryx : Les cachots sont trop humides pour ma vieille carcasse. Et puis quoi, la Salle de Délibération est bien gardée, que je sache. Je ne prends aucun risque.
Tharnothen : C’est un constat d’échec.
Oryx : Mais non. Laissons-lui penser que pour l’instant elle est victorieuse. La fatigue, petit à petit, amoindrit les défenses, même chez les êtres exceptionnels. Et l’espoir lui fera baisser la garde, si la douleur ne l’a pas pu...

Silence. On entend chanter dans les coulisses, côté jardin, une voix de femme.
Si vous croyez que je vais dire
Qui j’ose aimer
Je ne saurais pour un Empire...

Scène II

(les mêmes, Astréïa)



Astréïa entre. Elle est vêtue d’une robe violette longue, déchirée, laissant voir les bras nus et les jambes, couverts d’ecchymoses et de plaies. Elle porte des traces de coups sur le décolleté, et des marques de strangulation. Seul son visage est épargné. Elle est pieds nus, et ses pieds sont en sang. Ses longs cheveux blonds sont défaits, collés de sueur et de sang. Elle est menottée, les mains dans le dos. Elle se redresse en entrant, et marche à pas lents (on sent que cela lui coûte) sans boiter, majestueuse, le regard fier et un peu amusé, un demi sourire aux lèvres.

Astréïa (en parlant) : ... vous le nommer. Mes salutations, Seigneur Oryx. Avez-vous passé une bonne nuit ? (Elle salue d’un signe de tête les deux autres.) Seigneur Tharnothen... toujours en colère ? Seigneur Egaël... j’ai beaucoup apprécié notre conversation.
Tharnothen : Ca suffit ! Tu te moques de nous, femme !
Egaël (se levant) : Tharnothen, tu t’adresses à notre Rayonnante !
(Tharnothen le foudroie du regard et se dresse vers lui comme pour le défier)
Oryx : Allons, messieurs, allons... Approchez, ma chère, nous parlions justement de vous.
Il parle dans l’intercom.
Branchez les champs de force. Allumez les Moniteurs.
Trois spots blancs s’allument, et quatre douches de couleur (bleu, jaune, rouge, vert) se braquent sur Astréïa, qui est seule de profil sur le devant de la scène.
(A Astréïa) Que diriez-vous de revoir certaines images ?
Il pianote sur le clavier, et sur l’écran géant du fond de scène apparaît le film d’une bataille spatiale. Un vaisseau-mère hakorien est attaqué par quatre astronefs de combat, qui le mitraillent en zigzaguant pour échapper aux ripostes. On entend la voix d’Astréïa.
Vautour 1, esquive, repli, revenez par 45° nord. Vautour 2, droit devant, c’est bien. Vautour 3 ...
Oryx baisse le son tandis que le combat se continue. On voit l’astronef 4 tirer, et une brèche s’ouvre dans le flanc du vaisseau-mère.
Oryx : Et c’est là le moment que je préfère.
Il remonte le son. On voit l’astronef 4, qui est le plus près du vaisseau-mère, se diriger vers la brèche. Et la voix d’Astréïa.
A tous les Vautours, mission terminée. Vous rentrez à la base. Bien joué, messieurs.
Une voix d’homme : Mais, Rayonnante...
Astréïa : Je ne fournirai plus d’énergie. Vous rentrez à la base. Terminé.

Oryx : Pouvez-vous m’expliquer ça ? En tirant de près dans la brèche, Vautour 4 pouvait définitivement neutraliser le vaisseau ennemi !
Astréïa : Non. Je l’ai déjà dit. Ce sont les Hakoriens eux-mêmes qui ont ouvert la brèche. C’était un piège. Leur vaisseau était parfaitement cloisonné. Mais les astronefs qui seraient passés trop près auraient été pris dans leurs champs et détruits.
Tharnothen : Foutaises !
Astréïa : C’est la vérité, Tharnothen. Les Hakoriens ont un meilleur niveau technologique que nous, que cela vous plaise ou non.
Oryx : Admettons. Mais les Moniteurs ont enregistré chez vous une émotion intense.
Astréïa : J’étais fatiguée. Je ne voulais voir trois morts de plus. Le travail de transmission d’énergie est épuisant. Mais bien sûr, vous l’ignorez. Vous n’êtes pas Rayonnant.
Tharnothen : Insolente ! Je te...
Oryx (agacé) : Cela suffit, Tharnothen. (A Astréïa) Saviez-vous qui était à bord de Vautour 4 ?
Astréïa (dédaigneuse) : Evidemment. Je connais les noms de tous mes équipiers, pour chaque mission. Dans Vautour 4, il y avait le Commandant Trendis, le capitaine Nerken, co-pilote, et le lieutenant Siryo, responsable des armements. Dans Vautour 3...
Oryx : C’est bien, c’est bien.
Egaël : Les Moniteurs n’enregistrent rien, Seigneur Oryx. Pas la moindre émotion. Il faudrait peut-être reconsidérer...
Oryx : Silence, Egaël. Tu vas trop loin. Je n’ai pas besoin de toi. Ni de toi, Tharnothen. Laissez-moi seul avec elle.

Egaël et Tharnothen sortent.

Scène III

(Oryx, Astréïa)


Oryx : Allons, ma Dame, venez vous asseoir près du feu. Un moment de calme vous fera du bien.
Une fois qu’elle est assise, il ouvre ses menottes grâce à une petite clé magnétique qui diffuse une lumière bleue, et les pose à terre, près du fauteuil. Puis il s’assied dans le fauteuil d’en face, le plus en avant de la scène. Astréïa pose ses mains dans son giron, sans se frotter les poignets.
Oryx : Je suis vraiment très ennuyé, ma chère. Votre valeur est inestimable pour Persépolis, surtout en temps de guerre...
Astréïa (en riant) : Mon intérêt est donc de prolonger le conflit, c’est ce que vous me suggérez ?
Oryx : Vous êtes une femme très intelligente, Astréïa. Néanmoins, je conçois que votre beauté puisse susciter des passions violentes chez les hommes de votre entourage... et vous êtes faite de chair et de sang... Je ne vous demande que le nom de votre séducteur. Vous reprendrez votre poste et nous n’en parlerons plus.
Astréïa : Et que feriez-vous à cet homme, s’il existait ?
Oryx : Vous connaissez la Loi.
Astréïa : La Mort, la Mort, toujours, partout ! La guerre entre les planètes, la guerre entre les peuples... Les Innocents, les premiers habitants de Persépolis, massacrés jusqu’au dernier, les Néoliens, qui prônaient la paix et l’harmonie entre les hommes, exterminés en quarante-huit heures...
Oryx : Vous ne pouvez pas vous souvenir de ça, vous n’étiez pas née !
Astréïa : Vous oubliez que j’ai accès à la Mémoire Universelle, et que je sais tout ce que vous avez fait, vous, votre père, votre grand-père et tous vos aïeux depuis le commencement des temps !
Oryx : Mais aucune Rayonnante...
Astréïa : Vraiment ? Serais-je donc la meilleure ?
Oryx, nerveux, se lève, se retourne, lui fait face.
Oryx : Astréïa, si m’humilier vous réconforte, après ce que vous avez subi, je vous le pardonne. J’ai besoin de vous, nous avons besoin de vous. Mais je ne peux pas laisser vivre un homme qui compromet l’avenir de Persépolis.
Astréïa (fièrement): Et qu’en savez-vous ?
Oryx : Je le sais parce que tout le monde le sait, parce que cela est vrai depuis le Commencement : une Rayonnante doit se consacrer exclusivement à sa tâche, et toute relation... toute passion autre lui ferait perdre ses pouvoirs.
Astréïa : Une Rayonnante parmi tant d’autres... peut-être...
Oryx : Voulez-vous dire que vous n’êtes plus...
Astréïa : Allons, Oryx, vous vous montez la tête ! Votre chère Inquisitrice vous l’a confirmé : je suis vierge et intacte comme au jour de ma naissance.
Oryx : Mais vous aimez !
Astréïa (faussement langoureuse) : Oui... J’aime Persépolis, ses enfants, ses femmes, ses hommes... Ses beaux guerriers, ses fidèles inquisitrices, ses politiciens pervers, ses soldats assassins, ses femmes soumises...
Oryx (presque suppliant) : Un nom, et je vous fais grâce !
Astréïa : Je n’enverrai personne à la mort. Vous vous en chargez très bien, sans qu’il y ait eu de faute.
Oryx : Cessez de me défier ! J’ai le pouvoir de vie et de mort sur tous mes sujets ! Je pourrais très bien décider...
Astréïa : ... de m’assassiner pour une faute que je n’ai pas commise. Oui. Je suis persuadée que vous pouvez le faire.
Oryx : Ce n’est pas ce que j’ai dit.
Astréïa (se lève aussi) : Croyez-vous que j’aie peur de la mort ? La persépolite, votre précieuse Pierre de Feu, dont je canalise l’énergie pour propulser votre flotte de guerre... Vous savez comme moi de quoi elle se nourrit...
Oryx (haussant les épaules) : Ils sont morts, de toute façon...
Astréïa : Ils sont morts. Mais de tous ces cadavres que vous jetez comme des charognes en pâture à la Pierre de Feu, montent des milliers de voix que vous n’entendrez jamais. Astréïa ! Tu me reconnais ? C’est moi, Descor, le boulanger... Et je suis Minaka, ta nourrice... Moi, c’est Oxion, j’avais huit ans... Et toutes ces voix reprennent en choeur : ne nous oublie pas, Astréïa, ne nous oublie pas...
(Un silence)
Quand vous me jetterez dans la fosse, je parie que vous gagnerez une année entière d’énergie grâce à moi. Finalement, ce serait mieux pour vous. Vous trouverez une Rayonnante jeune, un peu naïve, un peu inexpérimentée mais docile, qui vous regardera comme le dieu que vous voudriez être et qui se tuera à la tâche dans le seul espoir de vous arracher un sourire distrait...
Oryx : Taisez-vous !
(Il va à grands pas vers la table, appuie sur l’intercom)
Gardes, ramenez la Rayonnante au cachot.
Les gardes entrent, emmènent Astréïa qui jette un regard de défi vers Oryx, mais lui, les mains appuyées sur la table, ne la regarde pas.


Scène IV

Oryx, seul


Oryx : Femelle ! Tu m’as poussé à bout ! Je ne veux pas ta mort, par toutes les flammes de la Pierre, non ! Je donnerais ma vie pour un regard de toi qui ne soit pas de haine... Mais tu te moquerais de moi, et tu aurais raison. Un vieillard, puissant certes, mais un vieillard, quand tu resplendis de toutes les beautés de la Femme ! Que je sois foudroyé à l’instant si tu dois seulement te douter... Je dois réfléchir encore. Tu ne peux pas me narguer ainsi indéfiniment, il y va de mon prestige et de mon autorité. Oh, Astréïa... J’ai passé ma vie à me battre pour obtenir le Pouvoir Suprême... et je te jure, en ce jour de malheur, je te jure par toutes les Puissances du Ciel et de la Terre, à toi qui ne peux pas, qui ne dois pas m’entendre...
(Il se laisse tomber sur son siège, en bout de table, accablé)
... j’aimerais tant, aujourd’hui, être quelqu’un d’autre...
Rideau


ACTE II



Scène I

Nerken, Siryo, qui entrent ensemble.



Nerken (en regardant sa montre) : Nous sommes en avance.
Siryo : Il serait peut-être mieux d’attendre dehors...
Nerken : Quoi, nous avons été convoqués, non ?
Siryo : Oui mais... C’est la Salle du Conseil...
Nerken : Justement ! Nous y siègerons sûrement un jour, autant faire connaissance. Et puis, il n’y a personne. Viens donc t’installer près du feu...
Il ouvre son blouson, retire son écharpe blanche.
Siryo : Tu as une belle écharpe !
Nerken : Ah, tu trouves ? C’est un cadeau anonyme ! Un garçon l’a portée chez moi et n’a pas voulu me dire le nom du donateur (en riant)... ou plutôt de la donatrice ! Une écharpe de soie, douce comme la peau d’une femme... Sûrement la fille d’un riche bourgeois... Mais elle connaît bien mes goûts, la coquine ! J’adore la soie...
Siryo (voit du sang par terre, jusqu’au fauteuil où tout à l’heure s’est assise Astréïa) : Par la Pierre de Feu, c’est du sang ! C’est le sien, c’est celui d’Astréïa, j’en suis sûr ! Ils ont osé la torturer, les monstres, les ingrats, comme une vulgaire criminelle ! C’est la Rayonnante !
Nerken : Oui, et sa défaillance d’hier nous a privés d’une immense victoire. Il est bien normal qu’on lui demande des comptes.
Siryo : Mais Elle ! Si majestueuse, si belle ... Comment peut-on porter la main sur elle, si ce n’est pour l’effleurer avec respect...
Nerken : Allons, mon ami, mesure tes paroles ! Si tu es amoureux, cache-le mieux que ça, il y va de ta vie !
Siryo : Ma vie... Oh je la lui donnerais sans hésiter, si elle pouvait lui être utile !
Nerken : Tu es fou !
Siryo : Mais qui peut rester aussi insensible ? C’est une Déesse incarnée...
Nerken : C’est une femme puissante, et comme telle bavarde, autoritaire et dangereuse. Pour ma part, je les préfère silencieuses, soumises... et blanches ! Cette peau de singe !
Siryo : C’est au service de Persépolis qu’elle a perdu son teint de lumière, et cette couleur que tu méprises, je l’honore et je la vénère...
Nerken : Tu n’es qu’un enfant ! Même sans danger, je ne voudrais pas d’elle dans mon lit, quand bien même elle me le demanderait !


Scène II

Entrent deux gardes, encadrant Astréïa



Astréïa porte une robe blanche, manches longues et col montant. Le tissu est fin, et on devine la présence de pansements sur ses blessures. Les marques de strangulation sont encore visibles à la limite du col ; ses poignets sont bandés ; un peu de sang a traversé les bandages, aux poignets et au bras droit.
Nerken (à Siryo, quand il voit entrer Astréïa) : Viens, tu as raison, allons attendre dehors.
Il se dirige vers la sortie, côté jardin, Siryo derrière lui, en passant derrière la table, alors qu’ Astréïa, que les gardes ont laissée, s’avance devant la table.
Astréïa (avec un sourire) : Bonjour, messieurs. Restez, je vous en prie...
Nerken (le visage fermé, en regardant Siryo qui n’a d’yeux que pour Astréïa) : Viens, te dis-je !
Siryo : Mais j’aurais voulu lui parler...
Nerken (lui prenant le bras) : Ne sois pas sot. Nous n’avons rien à lui dire.
Ils sortent.

Scène III

Astréïa, seule.



Astréïa (en regardant côté jardin, là où ils sont sortis) : Eh bien va, puisque tu ne supportes pas ma présence ! Va, que la Pierre de Feu te garde ! Folle que je suis, à aimer un homme qui me fuit et qui me méprise...
Elle marche près de la table, caressant des doigts le dossier des chaises avec un demi-sourire nostalgique, puis se tourne vers le public.
O Esprit du Feu, donne-moi le courage de ne pas le regarder ! Que mon coeur reste sage, qu’aucun de mes gestes ne trahisse mon précieux secret ! Je lui sauverai la vie une deuxième fois... et lui, ignare et indifférent, ira se vautrer dans le lit de femmes dociles qui ne sauront jamais ce qu’aimer veut dire ! Si beau, si distant, si cruel... J’aurais combattu et j’aurais triomphé, si seulement ses yeux m’avaient laissé un peu d’espoir...
Elle a un vertige, s’agenouille, regarde à terre.
Mais il ne m’aime pas. J’ai en moi le Pouvoir de terrasser une planète, et je ne peux rien faire pour gagner le coeur d’un homme !
Elle ferme les yeux, retient ses larmes.
J’aurais tant voulu... au moins une fois... le toucher... caresser son visage... effleurer ses lèvres d’un baiser... me blottir dans ses bras !
Elle serre ses bras autour d’elle, se balance, toujours les yeux fermés.
J’aurais tout quitté, tout donné, tout perdu...
Elle s’assied sur le côté, regarde le sol.
Je ne lui ai même pas dit « je t’aime ». Est-ce que j’aurais su, seulement ? (tendrement) Je t’aime... Non, c’est trop niais ! (Avec passion) Je t’aime ! Non, cela lui ferait peur... (Avec intensité) Je t’aime... et tu ne le sauras jamais...
Elle couvre son visage de ses mains, est secouée de sanglots mais ne pleure pas. Puis elle se relève dignement, fait face au public, regarde droit devant.
Rien. Je ne cèderai rien.
Son regard s’allume, elle sourit cyniquement, l’excitation la gagne.
J’ai encore le pouvoir de les faire danser. Et si je jouais la folie ?
Yeux exorbités, grands gestes, elle parle à des interlocuteurs invisibles.
Qui ça ? Le Seigneur Oryx ? Cette espèce de vieillard pervers dont on dit qu’il force les petites filles les soirs de pleine lune ? Non, je ne le connais pas. Vous dites qu’il est le Chef du Conseil des Sept ? Pauvre planète que vous avez, dont le Chef Suprême est la proie de passions coupables... Ah ! Taisez-vous ! J’entends l’Esprit du Feu qui me parle ! Vous serez tous détruits, par le Fer et le Feu, et vos enfants, et les enfants de vos enfants... Vos femmes violées, vos filles piétinées, vos maisons réduites en cendres... Elle éclate d’un rire dément.
Redevient sérieuse.
Ca pourrait marcher. Ils me laisseraient la vie sauve. Mais hélas ! A quoi me servirait une vie qu’il ne partage pas ?
Elle se dirige vers la table, prend la dague qui est sur la coupe de fruits et la cache dans la poche de sa robe.
Il vaut mieux abréger mes souffrances et sauver ce qui peut l’être.

Entre Mavina, côté cour, par une porte dérobée en fond de scène, près de la cheminée.


Scène IV

Astréïa, Mavina




Astréïa (très étonnée) : Maman ?
Elle va vers elle aussi vite qu’elle peut, en boitant, et se jette dans ses bras.
Mavina : Ma petite fille... J’ai voyagé toute la nuit, j’étais si inquiète... Mais tu as encore beaucoup d’amis ! Comment te sens-tu ?
Astréïa (en se détachant, froidement) : Je vais bien.
Mavina (caresse sa joue) : Tu es toute pâle. Tu as beaucoup souffert ?
Astréïa : Non. Je... Ca va.
Mavina : Ah... je suis si fatiguée... Le voyage est long jusqu’à Cortia. Laisse-moi m’asseoir un peu...
Elle va s’asseoir dans le fauteuil qui fait face au public, et Astréïa s’installe à ses pieds, en lui tenant les mains.
Mavina : Ton frère voulait venir aussi mais... Il faut s’occuper de la ferme...
Astréïa : Bien sûr, maman, bien sûr.
Mavina (en attirant la tête d’Astréïa sur ses genoux) : Ah ma petite fille, ma petite fille... J’ai toujours été tellement fière de toi... Tu as toujours été si courageuse, si forte... Mais cette tâche si lourde... Comme tu as changé... Toi qui avais le teint le plus clair, le plus pur de toute la contrée, te voir ainsi... Cette maudite Pierre, qui t’a brûlée de l’intérieur pendant si longtemps... J’aurais dû refuser ! Nous aurions dû refuser, ton père et moi... Tu aurais pu simplement te marier et être mère de famille, comme moi... Nous serions restées proches, et j’aurais pu t’aider à élever tes enfants... Ma petite fille... Dis-moi... Pendant toutes ces années, est-ce que cela ne t’a jamais manqué, l’amour d’un homme, la paix d’un foyer...
Astréïa (rêveuse) : Si, quelquefois...
Mavina : Et tenir un enfant dans ses bras... Si tu savais... Le regard d’un tout-petit, blotti contre ton sein... Tu as l’impression d’être la reine du monde... Quand tu me regardais ainsi, autrefois, je pensais que rien n’était impossible, que pour toi je pouvais surmonter tous les obstacles, endurer toutes les souffrances...
Astréïa (très émue) : Maman, oh maman...
Mavina : Mais tu sais, tout n’est peut-être pas perdu. Je l’ai rencontré. Il m’a dit qu’il avait un plan pour te délivrer. Vous allez vous enfuir très loin et...
Astréïa (se redresse brusquement, s’écarte) : Qui ça, il ?
Mavina (regardant autour d’elle, l’air apeuré) : Tu le sais bien, voyons...
Astréïa (se lève, agressive) : Que t’a promis Oryx ?
Mavina : Mais que dis-tu, ma chérie ? Allons, reviens là, le Seigneur Oryx n’a rien à voir dans tout ça... Tu ne vas pas te méfier de ta propre mère ?
Astréïa : Quand ma propre mère m’a trahie, je ne vois pas en qui j’aurais confiance ! Que t’a-t-il promis, parle ! De l’argent ? Des terres ? Un titre d’ambassadeur pour Venork ? Et tu l’as cru, n’est-ce pas ? Tu as cru qu’il était sincère, qu’il tiendrait ses promesses !
Mavina (au bord des larmes) : J’essaie simplement de te sauver... Le Seigneur Oryx m’a dit que...
Astréïa : Que si je parlais j’aurais la vie sauve ? Alors qu’il n’attend qu’un aveu pour me condamner ? Alors que je n’ai rien à dire parce que je suis innocente ? Et même toi, même toi, tu as cru la parole d’un étranger contre la mienne...
Elle lui tourne le dos, se concentre, se calme.
Va-t-en. Je ne t’en veux pas. Tu as peut-être fait ce que tu croyais bon pour moi.
Elle se retourne, sereine, royale.
Sache que tu n’as pas à rougir de ta fille.

Mavina se lève, mal à l’aise. Astréïa s’écarte pour la laisser passer. Mavina se dirige vers la sortie côté jardin, tête basse. Juste avant de sortir elle se retourne vers Astréïa, debout, impassible, les yeux au loin.
Entrent Oryx, Tharnothen, quatre conseillers. En entrant le premier, Oryx a croisé Mavina qui a écarté les bras en signe d’impuissance, récoltant un regard furieux d’Oryx.
Il y a deux gardes à la porte. Oryx s’assied à sa place, en bout de table ( cour) ; à sa droite Tharnothen, puis une place vide, puis un conseiller ; à sa gauche, trois conseillers, dos au public.


Scène V

Astréïa, Oryx, Tharnothen, quatre conseillers



Oryx : Messieurs, je vous en prie, prenez place. Dame Astréïa, si vous voulez bien...
Il lui montre l’autre bout de la table. Elle y va et se tient debout devant son ancienne place au Conseil.
(A Astréïa) Vous allez être jugée pour Haute Trahison, complicité avec l’ennemi en temps de guerre et manquement au devoir de Rayonnante, en présence du Commandant Trendis, du capitaine Nerken et du lieutenant Siryo. Avez-vous quelque chose à déclarer ?
Astréïa (fière) : Je suis innocente. Je n’ai pas trahi ma patrie, j’ai protégé ses guerriers et je n’ai pas manqué à mon devoir. Devant ma conscience, je n’ai rien me reprocher.
Tharnothen (A Oryx) : Où est Egaël ?
Oryx : Il est ... en mission spéciale. Nous n’allons pas l’attendre. Gardes, faites entrer les guerriers.
Entrent Trendis, Nerken et Siryo ; ils se placent derrière la table, face au public. Astréïa ne leur jette pas un regard.


Scène VI

Les mêmes, plus Trendis, Nerken et Siryo




Oryx (aux guerriers): Messieurs, nous jugeons ce jour Dame Astréïa pour Haute Trahison. Il apparaît que sa conduite est en rapport avec des sentiments inspirés par l’un d’entre vous, et que c’est pour sauver cet homme qu’elle a délibérément mis fin à une mission qui se devait victorieuse. Au nom de l’honneur de notre Armée, je demande à cet homme de se désigner.
Silence. Les trois hommes se regardent, à la fois préoccupés et curieux. Siryo semble mal à l’aise.
Oryx : Dois-je ajouter, messieurs, et cela m’attriste fort, que si aucun de vous ne se dénonce, je serai dans l’obligation de vous mettre à mort tous les trois.
Les gardes de la porte arment leurs fusils mitrailleurs.
Astréïa (chante) : Si vous croyez que je vais dire
Qui j’ose aimer...
(En parlant) O malheureuse innocence
Sur qui ont tant de licence
Les astres injurieux !
Oryx : Je ne vous savais pas poète...
Astréïa : J’ai dans l’âme une fleur que nul ne peut cueillir...
Je ne suis pas poète. D’autres civilisations, auprès desquelles nous ne sommes que des barbares, ont composé ces vers, dont les échos voguent encore sur l’ansible, au gré des ondes...
Oryx : Personne ne m’en a jamais parlé !
Astréïa (avec un sourire amer) : C’est que pour entendre ces mots, ô Chef Suprême de Persépolis, il faut une sensibilité que tout votre pouvoir ne vous donnera jamais !
Tharnothen : Des mots, des mots ! Nous sommes en guerre ! Poursuivons ce procès, et que justice soit faite !
Oryx (pousse un soupir) : Commandant Trendis ?
Trendis : Je peux jurer sur mon honneur, Seigneur Oryx, que jamais...
Oryx : Je le sais, Commandant. Vous êtes un bon père de famille, et d’un tempérament placide, peu enclin aux passions. Nerken ?
Nerken (agacé) : Je suis un soldat, Seigneur Oryx. Je suis prêt à mourir pour ma patrie. Mais sûrement pas pour une femme qui...
Siryo (l’interrompt, s’avance vers la table) : J’avoue, Seigneur Oryx. J’aime Astréïa, follement, passionnément, et je suis le seul responsable de son moment de faiblesse. Prenez ma vie mais ne la punissez pas ! Je lui ai fait une cour assidue, et elle a résisté avec toute la force d’une digne Rayonnante. Peut-être un instant son coeur s’est-il troublé, mais je suis le seul coupable.
Astréïa malgré elle met les mains devant sa bouche, son regard va de Nerken à Siryo, et de Siryo à Nerken.
Siryo (A Astréïa): Je t’aime, Astréïa. C’est avec joie que je te donne ma vie. J’ai dans l’âme une fleur que nul ne peut cueillir...
Il sort son pistolet laser, le pointe contre son coeur, tire et s’effondre sur la table. Les gardes se sont élancés pour l’en empêcher, mais sont arrivés trop tard. Astréïa se précipite vers lui en criant.
Astréïa : Non ! Pauvre enfant... (elle regarde Oryx et les Conseillers) Pauvre Persépolis, où l’amour est un crime ! Pauvre Persépolis, où l’on peut se réjouir de la mort d’un enfant ! Soyez maudits, tous, et que la Pierre de Feu vous dévore ! Vous pouvez disposer de la vie de vos sujets, Seigneur Oryx ? Vous ne disposerez pas de la mienne !
Elle a un dernier regard vers Nerken, puis sort la dague de sa poche, se l’enfonce dans le coeur et s’écroule sur Siryo. Oryx se lève d’un bond. A ce moment-là on entend dans les coulisses des cris, des coups de feu, des explosions.
Entre Egaël, en chemise blanche pleine de sang, blessé à la tête et à la poitrine, soutenu par deux soldats.



Scène VIII

Les mêmes, plus Egaël et les deux soldats



Un soldat : Les Hakoriens attaquent !
Oryx s’élance vers Egaël, le prend par les épaules.
Egaël (mourant) : J’ai ... échoué, Seigneur. Les Hakoriens ont... refusé la trêve. Ils...
Il laisse tomber sa tête, mort. Les soldats le couchent à terre et se reculent. Les conseillers et Tharnothen se lèvent.
Oryx (à Tharnothen) : Tharnothen, vite, il faut faire décoller la flotte !
Tharnothen (froidement) : Et comment, Seigneur ? Je n’ai plus de Rayonnante !
Oryx (désespéré) : Alors organise la défense à terre !
Tharnothen sort, et tous les présents avec lui, sauf Oryx. Le bruit en coulisses se poursuit.


Scène IX

Oryx, seul


Il s’approche d’Astréïa, caresse ses cheveux tendrement.
Oryx : Ainsi tu m’as vaincu, moi et toute mon armée. Tu as résisté à toutes les tortures, tu as déjoué tous mes pièges, et tu nous as tous condamnés à périr. (Avec un sourire) Tu as gardé ton secret, mais j’ai gardé le mien aussi. Tu me ressemblais plus que tu ne le pensais... Est-ce que tu pourras me pardonner ? Je vais te rejoindre bientôt. Ici, je n’ai plus rien à défendre.
Il s’assied sur la table, la prend dans ses bras.
Rideau.

Narwa Roquen,"Où vas-tu?" - "J'en vais écrire une autre."

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