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 Répondre à : Wa, exercice n°83 partie 3, où Lou sert de joujou. 
De : Netra  Ecrire à <a class=sign href=\'../faeriens/?ID=117\'>Netra</a>
Page web : http://terredelune.eu
Date : Mardi 18 janvier 2011 à 16:40:51
Des cloches dans la nuit
On cours tous les trois comme des dératés dans les champs mal éclairés par les étoiles. En gros on va vers le château, ça m'arrange pas mais je peux pas me séparer des autres, je me ferais avoir trop facilement. J'ai un peu d'avance, sans grand mérite : je suis moins chargée que Mael et plus musclée qu'une damoiselle qui passe ses journées enfermée dans la bibliothèque de son père. Derrière nous, ils doivent être bien deux fois dix à nous courir après. Si je trouve une planque, je m'y colle et personne ne m'y trouvera avant demain matin, juré ! Sauf qu'on est en plein dans les champs raz du printemps et que la première haie m'obligerait à me séparer des autres mais...
Hélà !
Qu'est-ce qui se passe ? Y'a quelque chose qui attaque les villageois qui nous poursuivent ! J'en vois des qui... volent dans les airs ? C'est quoi cette diablerie ? J'y crois pas, c'est Abélard ! Je l'ai pas assez démoli peut-être ? J'ai raté la jugulaire ? Tu vas voir, cette fois je vais te tuer.
Je laisse les autres courir et je fais demi-tour. J'entends Mael me crier de sonner le tocsin. Pas bête, ça, comme idée. Mais là, je viens de commettre une grossière erreur. Y'a plus de paysans pour faire tampon entre Abélard et moi, là... Je suis pas de taille à le démolir en face à face. Il fait largement deux fois mon poids, et deux têtes de plus que moi. 
J'ai pas trop compris comment, mais je file en courant vers le village et la chose qu'est devenu Abélard me poursuit. Là ça le fait pas du tout, pas du tout du tout du tout ! Je bondis dans la remise de la taverne, je ferme à clef sur lui, le temps qu'il essaie de la défoncer, dans sa folie frénétique et diabolique, et moi je suis sortie par la porte de devant. L'église, vite. Je me rue dedans, je ferme la porte à clé, que je prends avec moi dans ma bourse, entre les herbes médicinales et un linge qui me sert de bandage. Puis j'avise la corde des cloches. Je saute pour les entraîner de tout mon poids. Le temps de redescendre et le carillon clair mais sinistre du tocsin résonne sous la voûte de l'édifice de bois. Je reste pendue à la corde un bon moment, assez pour que toute la vallée se mette en état d'alerte.
Et maintenant ? Je ne vais pas ressortir, il y a sans doute Abélard qui m'attend à la grande porte, et je n'ai pas de quoi ouvrir celle de la sacristie... Reste... Le clocher ? De là-haut j'aurais une meilleure vue sur la situation. Va pour le clocher.
J'ouvre la petite porte et grimpe l'escalier en colimaçon qui m'amène sous les quatre cloches encore vibrantes de l'église. J'enjambe la balustrade qui me sépare du toit de bois de l'église. Gagné, je vois tout. Le village et les environs, aussi bien qu'une nuit sans lune mais sans nuage le permet. Pas d'Abélard en vue. Rien en vue du tout d'ailleurs, tout est d'un calme plat, terrible, mortel, glacé malgré le printemps déjà avancé, j'en ai froid jusque dans les os. Bon, je fais quoi ? Je vais pas restée plantée là jusqu'à l'aube, je risquerai de m'endormir et de tomber, ou de choper un mal à rester au froid, ou tout simplement de me faire attraper par les paysans, demain... Redescendre et risquer de devoir affronter Abélard ? Je ne le vois pas, il n'est pas devant l'église, peut-être qu'il rôde dans le village ? Si je sors et que je file dans la forêt, il ne me verra peut-être pas. Sans doute pas, en fait. J'arrive à me cacher des sangliers, des loups, des ours, alors un humain... Même si j'ai de gros doutes sur l'humanité d'Abélard.
Je redescends l'escalier. Les marches de bois ont un avantage, elles ne glissent pas, je ne risque rien même si je ne vois rien. J'arrive en bas, j'ouvre la porte. Dans l'église, il fait complètement noir. C'est pas normal. Tout à l'heure, il y avait des chandelles, et puis les étoiles faisaient des raies de lumière à travers les vitres teintées. En plus c'est pas un noir naturel et puis... Il y a quelqu'un ici. Là. Dans l'église, avec moi. Pas possible. C'est juste pas possible. Seul le curé a la clef de la sacristie, et c'est moi qui ais celle de la grande porte. Donc personne n'a pu rentrer. Donc il n'y a personne. Donc, Lou, tu arrêtes de te laisser avoir par ton imagination et...
- Ha ha ha ha !
- Qui est là ? 
Impossible de savoir d'où vient ce rire sinistre et cynique. Il résonne contre les poutres et le toit et les murs pourtant lambrissés. J'ai peur. Ça faisait longtemps mais là, j'ai peur. Très peur.
- Dites-moi qui vous êtes ! Sortez de là !
Une seconde salve de rire. Mais il se moque de moi, en plus ! Ce truc est pas humain. Et c'est pas Abélard non plus, Abélard n'est pas assez subtil pour ça. Je regarde à ma droite. L'autel. Dessus, le gros crucifix de bois et d'étain de la paroisse. Lui, il me protégera de ce démon !
Je me jette en avant vers le choeur. Un seul objectif, atteindre l'autel. Le crucifix. Vite ! Sur le sol, l'ombre est poisseuse, elle accroche mes pieds nus, j'ai du mal à courir, d'un coup, je trébuche dans un banc dont j'aurais pu jurer qu'il n'était pas sur ma trajectoire initiale. Je me vautre dedans en piaillant de terreur, et me relève d'un bond, peu soucieuse de mes bleus. L'autel est à quatre ou cinq pas de moi. Peut-être ais-je surpris le démon en me relevant si vite, parce que je l'atteins. Je prends le crucifix à deux mains, il doit peser mon poids mais je n'en ai cure, je le brandis face à l'ombre, à peu près vers la nef. 
- Arrière ! Laissez-moi partir !
Encore un rire. Oh, je hais, je maudis, j'abjure ce rire malsain ! Mais je suis idiote : si ça a pu rentrer dans l'église, ça ne craint pas les crucifix. Je repose à peu près respectueusement l'objet sacré à sa place. Je suis debout sur l'autel, face à moi il y a l'allée de procession et au bout, la grande porte. Dieu sait si je préfère encore Abélard à cette ombre sadique qui joue avec moi ! Il me suffit d'aller tout droit. Tout droit, Lou !
Je saute, je cours, quelque chose happe ma cheville, m'envoie valser dans les bancs. Je hurle et puis je vois des étoiles qui blinquent partout dans mes yeux, je crois que je suis sonnée. Tant pis. Je me relève. Je retrouve le bon sens, vers la grande porte, grâce au prie-dieu du banc de derrière. Tout droit, Lou ! Tout droit !
Deuxième salve, cinq foulées et il m'englue le pied si bien que je tombe encore. J'ai peur ! Tout droit, Lou ! Grouille-toi, crétine ! Et l'autre sadique qui rit, qui rit, ce rire me vrille les tympans ! Je vais devenir folle !
Je heurte la porte de tout mon poids, peinant à croire que je l'ai enfin atteinte, pendant que l'ombre se remet à rire. J'éjecte la barre hors de ses gonds, puis je tourne la poignée... Hé ? C'est fermé, c'est fermé à clef, je suis enfermée là-dedans avec ce truc ?! Je... Oh, Lou ! C'est toi qui l'as, la clef, oie stupide et gourde ! Ouvre-moi cette porte et SORS D'ICI !
Je pousse le battant de toutes mes forces, je sors, je m'éjecte littéralement hors de l'ombre. Le temps de respirer un grand coup, et je relève la tête.

Abélard.

Il est devant moi, l'épée à la main, l'air hagard, stupéfait. Je me glace de terreur. Puis je me rue dans ses jambes, espérant le faire trébucher.
Il me saute par dessus et entre dans l'église. Genre, rien à faire de mon existence. Ça lui ressemble plutôt bien mais là... Il a agit comme si on l'avait sommé d'entrer là-dedans. Tant pis, trop contente. Que les monstres s'entretuent, ça m'ira très bien. Je ferme l'église à clef, étouffant le vacarme d'un début de combat. Puis je me retourne et m'appuie une seconde sur le battant pour reprendre mon souffle. 

Il y a quelque chose qui approche. Ça va de maison en maison pour ne pas se faire voir, ça a quatre pattes, c'est grand... L'ange gardien ? Il est de retour, celui-là ?

Le temps de cligner des yeux, et un homme se tient devant moi. Il doit faire deux bonnes têtes de plus que moi, trapu comme un ours, vêtu de fourrures et armé d'une hache énorme. Il a l'air fort comme un taureau et commode comme une truie qui allaite : de ce que je vois de son expression sous sa barbe, elle est dure et fermée. Il me rappelle les marchands normands qui sont passés une fois quand j'étais petite.
- Qui êtes-vous ?
Il ne répond pas. Il me tends un tonnelet. Quelque part dans les collines, le dernier écho des cloches s'éteint dans la nuit noire.
Netra, bon là qui n'a pas trouvé ?

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