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De : Elemmirë  Ecrire à <a class=sign href=\'../faeriens/?ID=22\'>Elemmirë</a>
Page web : http://lemondedelemm.canalblog.com
Date : Mardi 20 decembre 2016 à 18:23:03
Pfiou!!! Eh ben c'est pas ma tasse de thé, de montrer! Je hais les descriptions, définitivement ^_^
Merci Roquen pour cet exercice difficile ! Mais c'est là qu'on apprend, il paraît...
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La porte s’ouvrit et une toute jeune fille, brune, très mince, passa rapidement devant l’homme. Un effluve sucré la suivait. Elle disparut rapidement dans l’escalier.
« Monsieur Galtier ? Je vous en prie, entrez. »
L’homme se leva. Il était massif, un bon mètre quatre vingt cinq, de longs cheveux noirs lâchés où pointaient quelques mèches blanchies, de larges poches sous des yeux fatigués, une courte barbe inégale grisonnant au menton, les épaules rondes et trapues, le front barré de deux rides profondes. Il portait un tshirt sombre délavé, dont le tissu s’étirait pour contenir son ventre mou, un sweat-shirt à capuche noir, un jeans de même couleur d’aspect crasseux, des chaussures de vieux cuir marron à lacets. Il traîna un peu des pieds, claudiquant légèrement à droite, sur les 5 à 6 pas qui le séparaient de la pièce. Il toucha brièvement la main tendue par l’autre jeune femme, qui se tenait dans l’embrasure de la porte, et remit aussitôt son poing fermé dans la poche du sweat. Il entra et s’assit.
Le local était clair. La large fenêtre permettait la diffusion de la lueur blanche de ce début d’après-midi, à peine filtrée par un paravent bas en bois et lin naturel, qui masquait aux passants la vue du canapé situé à droite de la porte d’entrée. La suédine vert d’eau de celui-ci était rehaussée de deux coussins aux motifs ethniques, dans les tons de vert tendre, framboise et gris. Une table d’angle blanche et un guéridon en bois clair encadraient le canapé. Au-dessus, deux cadres : dans le premier, deux adolescentes vêtues d’un voile musulman rose sombre, se tenant bras dessus-bras dessous et souriant au photographe ; dans le second, une enfant de 7 ou 8 ans au visage fier, portant un sarong brodé et un corsage en soie gris pâle, des bijoux dorés aux chevilles, aux poignets et sur le front, se contorsionnait dans une pause de danse traditionnelle khmère. A ces portraits répondaient ceux situés au-dessus du bureau, de l’autre côté de la pièce : un groupe d’enfants bouddhistes priant sous un arbre, et une toute petite fille, la tête couverte d’épaisse fourrure, les yeux rieurs, de lourds colliers chamarrés autour du cou sur une simarre tibétaine un peu grande pour elle. Dans l’angle gauche, un petit évier ; contre le mur face à la fenêtre, une commode blanche à quatre tiroirs et une minuscule lampe à abat-jour vert, surmontées de trois étagères chargées de livres, et d’une seconde lampe, également allumée malgré la luminosité naturelle. Enfin, au sol, un épais tapis gris couvrait partiellement le parquet crème.

La psychologue prit place dans le fauteuil haut, en face de l’homme. Elle tenait un bloc notes sur ses genoux et un stylo plume dans la main droite, qu’elle posa aussitôt sur la commode. Elle commença d’un ton calme mais enjoué :
« C’est donc aujourd’hui notre premier rendez-vous, et je vous remercie de l’avoir honoré. Nous avons à présent une heure devant nous, pour que, d’une part, vous puissiez m’expliquer ce qui vous amène, et ce que vous attendez de mon aide, et d’autre part, que... vous puissiez apprécier si vous vous sentez à l’aise et en confiance pour travailler avec moi. Je ferai de mon mieux pour ça, mais il est important pour moi que vous n’hésitiez pas à me poser toutes les questions que vous pourriez avoir, ou me signaler si je fais ou dis quoi que ce soit qui vous met mal à l’aise. ... D’accord ? »
L’homme ne répondit pas, ses yeux restant fixés sur le sol, ses poings crispés au fond de ses poches. Elle reprit rapidement. « Comme je, comme je vous l’avais expliqué au téléphone, la séance est à quarante-cinq euros, et je propose qu’on se voie initialement tous les quinze jours. Par la suite on pourra adapter au besoin. Si vous manquez un rendez-vous, ce n’est pas grave, ça peut arriver d’oublier. Il n’est pas dû, mais bien sûr je préfère qu’on me prévienne quand c’est possible. » Elle esquissa un sourire par habitude, qui s’effaça aussitôt. L’homme était un colosse de pierre planté sur le bord de son canapé, il restait silencieux, la tête enfoncée dans ses larges épaules.
« Bien... Comme vous le savez en venant ici, je travaille avec les thérapies cognitives et comportementales, ce qui signifie que notre... travail va surtout s’axer sur ce que vous vivez actuellement, et comment les... les pensées que vous pouvez avoir, interagissent avec vos émotions, et vos comportements, ce que vous faites. On fixera ensemble les objectifs que vous souhaitez atteindre, de façon très concrète, et si, et ce que vous souhaitez changer dans vos comportements et vos émotions au quotidien, et ensemble on essaiera de... d’améliorer tout ça. »
Elle s’éclaircit la gorge. Un silence s’étira quelques secondes, bâilla, puis fut interrompu par le bruissement léger des mains de la psychologue qui se joignirent sur ses genoux, puis par un nouveau râclement de gorge, plus discret, avant qu’elle n’ajoute :
« Racontez-moi, qu’est-ce qui vous amène ? », et elle tordit maladroitement ses poignets.

L’homme ouvrit à peine la bouche pour inspirer quelques atomes d’oxygène qui peinèrent à entrer dans ses poumons. Il prononça d'une voix atone :
« J’ai 46 ans, je bois de l’alcool depuis que j’ai 15 ans. Je consomme modérément, sans jamais être saoul, mais j’ai peur de déraper, parce que ma mère est malade. Donc je veux faire une thérapie pour tout arrêter. Même si ma mère... »
Il s’arrêta net et les muscles de sa jambe droite se contractèrent brutalement. Il sortit rapidement une main de sa poche, qui resta d’abord suspendue dans l’air ; son regard dévia brièvement sur les trémulations fines qui l’agitaient. Il déglutit difficilement, s’essuya la moustache de son poing toujours fermé, qu’il maintint quelques secondes sur sa bouche. La lourde main retomba sur sa cuisse. Le dos était toujours courbé, peut-être un peu plus encore ; le cou tendu vers le sol comme pour s’y nicher. Il cligna des yeux deux fois, puis les riva à nouveau sur le tapis gris.

« Bon... »
La psychologue desserra les mains et saisit ses genoux, se redressa en inspirant, inclina la tête à droite, contracta et détendit ses orteils dans ses baskets, déglutit à son tour.
« Poursuivez... » ajouta-t-elle, et sa voix chevrotait faiblement, « Prenez votre temps. ».

L’homme resta interdit, et une goutte de sueur perla sur son front déjà luisant.


Elemm', qui est incapable de tenir toute une séance!! ;-)

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