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 Répondre à : WA - Participation exercice n°24 
De : Maedhros  Ecrire à <a class=sign href=\'../faeriens/?ID=196\'>Maedhros</a>
Date : Dimanche 21 octobre 2007 à 18:07:42
La fin de l'histoire. Avec son titre...Et j'ai rajouté une traduction des extraits des chansons émaillant l'histoire. A vous de reconnaitre les artistes.

Un amour al dente


Il n’y avait pas d’autre moyen de provoquer cette rencontre. Il est tellement séduisant, tellement torturé. Je peux sentir ça à des kilomètres. Décidément, je ne changerai jamais. C’est vrai qu’il est beau gosse, avec ce regard outre-mer qui me fait toujours fondre. Il semble gentil et tellement fragile. Comme les autres. Je suis attirée par ce type d’homme.

Qu’est-ce qu’il fabrique dans mon dos? Je n’aime pas beaucoup ces bruits métalliques. Ai-je fait une erreur en poussant la porte? Impulsive, je suis. Si ma Mère ne me l’a pas répété mille fois, elle ne me l'a jamais dit ! Mais cela devenait insupportable. Pas moyen de l’approcher. Il est aussi farouche qu’une Vestale, si tant est qu’une Vestale puisse être un homme. J’espère que mon chignon et mes boucles d’oreilles ne clament pas trop fort ce que je veux. Ce matin, devant mon miroir, mon beau miroir, j’ai soigné mon apparence. En tête à tête avec moi, j’ai travaillé pour avoir l'air le plus naturel du monde mais en même temps le plus sophistiqué possible. Un maquillage nude. J’adore ce style. Souligner l’amande de mes yeux, illuminer la profondeur de mon regard, rehausser le velouté de mes joues, mettre en valeur la pulpe de mes lèvres, sublimer les pleins et les déliés de la lumière sur le teint de ma peau, J’ai ouvert la palette de nuances pour choisir les tons les plus naturels. Stick correcteur, fond de teint et poudre libre. Quand j’ai posé le dernier crayon sur la console, une déesse s’est réveillée dans le miroir. J’ai souri et je me suis aimée. Il m’aimera aussi.

Her hair is harlow gold, her lips sweet surprise
Her hands are never cold, she's pure as New York snow
And she'll tease you, she'll unease you
All the better just to please you (1)


S’il est observateur, il ne pourra pas ne pas remarquer tous les signes que j’ai laissés clairement en évidence à son intention. Il a de si beaux yeux bleus. Et encore, j’ai failli mettre le petit chemisier parsemé de dentelles ajourées au charme infernal mais je me suis abstenue. Trop de séduction peut effrayer. J’en ai déjà fait la triste expérience. Celui-là, il me le faut. Il correspond à mon idéal. Rien que de penser à son corps, à mes bras autour de ses hanches, j’ai des frissons partout.

Qu’est-ce qu’il cherche encore dans ses foutus tiroirs? Faut pas cent ans pour récupérer son matériel. L’impatience me gagne. Je vais lui faire mon plus beau sourire pour l’attendrir suffisamment. Puis je lui donnerai de mon plus bel oeil. J’ai passé du temps à devenir ce qu’il a toujours rêvé. Je le connais bien mieux que lui-même. Il me le faut.

Je me rappelle de la première rencontre. La toute première fois. Lui, sans doute pas. La station Solférino. Un bon présage. C’est un peu grâce à cette victoire du mauvais Bonaparte que je suis aujourd’hui française et non italienne. J’attendais un métro quand je l’ai vu, de l’autre côté du quai, et ce fut un coup de tonnerre dans un ciel serein. Les autres n’existaient plus, estompés, avalés hors du réel, devenus de simples silhouettes indistinctes, figées dans un temps suspendu. Il n’y avait plus que lui qui comptait. Je comprenais enfin la raison qui guidait mes pas depuis quelques semaines. Il était assis sur le banc, juste sous la lettre S, mon initiale. Encore un signe de la Déesse. J’étais magnétiquement attirée vers lui. Mes oreilles bourdonnaient, mes paumes de mains devenaient moites, ma gorge se contractait douloureusement et j’étais envahie d’une sensation délicieusement familière. Mon corps l’appelait. J’ai failli me lever pour courir vers lui. Nul n’aurait pu s’y opposer. Mais j’ai réussi à faire taire mes instincts animaux. Difficilement. Lui ne semblait pas me voir par contre, absorbé dans la lecture de son magazine littéraire. J’ai fermé les yeux et j’ai remercié Bastet, la Chatte Déesse, ma mère éternelle. Une rame démarrait devant moi quand je les ai rouverts. Qu’importait, j’avais à nouveau faim, j’étais à nouveau en vie. Et c’est si bon d’avoir faim, d’avoir faim d’amour. Il m’appartenait et il viendrait à moi.

Il a fini de fuir l’inévitable. Ne pas se dévoiler trop vite. Lui renvoyer l’image qu’il a toujours voulu voir. Celle d’une jeune et jolie femme, blonde et aérienne, aux yeux mystérieux. Etre son fantasme, son archétype. Je suis ce qu’il veut que je sois. Je lui donnerai ce qu’il veut et au-delà.

She'll let you take her home, it works her appetite
She'll lay you on the throne, she got Bette Davis eyes
She'll take a tumble on you, roll you like you were dice
Until you come out blue, she's got Bette Davis eyes (2)


Il faut qu’il soit à moi. Ce soir, cette nuit. Je ne tiendrai plus très longtemps à présent. Il m’a tant appelée dans ses rêves les plus intimes, dans ses rêves les plus humides, dans ses fantasmes les plus débridés. Je serai l’exacte somme de ses désirs les plus refoulés. Il m’a tant désirée que j’aurais franchi pour lui le temps et l’espace. J’ai tellement faim à présent, faim de lui. Mes autres amants sont loin dans le passé, même si je revois précisément le visage de chacun d’entre eux. Je les ai tous tant aimés, leur offrant un long voyage sur les ailes de la passion, d’une passion dévorante.

Il connaîtra les délices parfumés de l’Orient raffiné, les plaisirs exacerbés des mystères de Paphos. Enfin, je m’assiérai sur sa poitrine jusqu’au point de non-retour, bien après l’amour, lorsque nos chairs seront indissociablement mêlées. J’appliquerai sur son visage le masque millénaire de l’extase tandis que mes lèvres et mes dents exploreront sa chair.

J’ai joué la jeune provinciale s’aventurant dans la grande capitale. J’ai loué une chambre de bonne sous les toits, dans son immeuble, pour tisser ma toile d’amour autour de lui. Mon désir ne connaît aucune limite, aucun interdit. Il est si vulnérable. Cela le rend adorable. Au premier sens du terme. Je n’ai pas eu de mal à l’accrocher au bout de mon hameçon sensuel, lui laissant de moins en moins de fil, le tirant peu à peu à moi. Mon petit saumon. Le parfum tient une place essentielle dans l’art de la séduction. Le parfum est une prière qui s’adresse aux sens les plus profonds, c’est un lien invisible avec le divin. J’ai choisi Magie Noire, un parfum au nom évocateur. Je l’ai approché de plus en plus près jusqu’à emplir ses nuits de ma présence et de ma nécessité. J’ai envahi son sommeil, saturant ses sens de messages ataviques que sa conscience profonde n’avait pas oubliés. Des messages qui remontent aux temps les plus anciens. Aux racines de ce monde.

Je suis née pour ça. Comme mes soeurs. Il viendra à moi cette nuit, là-haut, dans mon nid douillet, la fenêtre ouverte sur les étoiles. Nul ne lui portera secours, aucun étendard frappé du chrisme. Il sera à moi et au matin, il sera en moi.

Voilà, il se tourne enfin. Regarde-moi. C’est ça, n’aie pas peur, n’aie plus peur. Je ferai fuir toutes tes craintes. Tu n’imagines pas à quel point tu peux être beau, magnifié par toutes les frustrations qui se tordent en toi et qui furent les fanaux qui m’ont conduite vers toi. Tu sais, on dit souvent que celles de ma race sont des démons femelles qui dérangent les hommes pendant leur sommeil, mais je peux t’avouer que toi, tu hantes le mien depuis longtemps. Mais cette nuit tu seras à moi !
« Bon...heu...Mademoiselle Lamy, tout est prêt. Avant de commencer, je vais vous dire ce que je vais faire. D’abord, laissez-moi tourner ce miroir comme ça. Oh, excusez-moi ! Je suis un adepte de la technique dite du sablage. C’est totalement indolore et très efficace. Grâce à cette petite buse, je vais projeter un jet d’eau chargé de fines particules de carbonate de calcium directement sur vos dents, qui sont ma foi, très jolies. Je vérifierai ensuite s’il est besoin d’effectuer un détartrage sous-gingival, ça veut dire sous la gencive. C’est là que se loge le tartre le plus dangereux. J’utiliserai alors ces petites curettes parodontales. Si je puis me permettre cette question, est-ce le hasard qui vous a amené chez moi aujourd’hui ?

-Oui et non docteur. C’est la concierge qui, au détour d’une conversation, m’a dit que vous étiez dentiste. Comme cela faisait un petit moment que je n’avais pas fait de visite de contrôle, je me suis rappelé ce détail quand j’ai dû trouver un cabinet dentaire. Un petit tour sur Google et j’avais l’adresse du vôtre. On m’a dit du reste le plus grand bien sur vous, votre gentillesse et votre douceur sont très appréciées!

-Ah bon...hum...j’en suis très flatté...vous êtes étudiante aux Beaux-Arts, j’ai cru deviner ça en voyant votre carton à dessin et comme l’immeuble n’est pas loin de l’école...enfin, je crois !

-Vous avez bien deviné ! Vous aussi me flattez, je ne suis plus hélas étudiante! Je l’ai été mais ne le suis plus. J’ai d’abord étudié à l’étranger, en Italie, à Florence quelques temps. Puis j’ai participé à des fouilles sur un chantier archéologique en Mésopotamie, au coeur de l’ancienne Sumer, la mère de toutes les civilisations. Je suis revenue à Paris en septembre dernier pour m’inscrire aux Beaux-Arts mais en tant qu’auditrice libre. J’ai besoin d’approfondir certaines techniques particulières d’art graphique. Je pense que je resterai un an, deux au maximum. Puis je m’envolerai vers d’autres horizons.

-Je suis heureux que vous soyez là aujourd’hui...non, euh...je voulais dire que votre visite aujourd’hui m’a permis de vous connaître un petit peu plus. Si j’osais...mais non, il fait chaud ici, vous ne trouvez pas. J'ai dû trop pousser le chauffage! Bon, où en étais-je? Ah oui, voulez-vous bien ouvrir la bouche?

-Juste une dernière chose docteur. Je remercie aussi Sainte Appoline, la sainte patronne des dentistes n’est-ce pas, d’avoir permis ceci. Nous sommes voisins et en trois mois nous n’avons échangé que quelques banalités. Je serais enchantée si nous pouvions poursuivre notre conversation après la séance...ailleurs...chez moi...ce soir ! »

L’étrange alchimie opère une fois de plus. Au fond du fauteuil, lovée comme pour frapper, se tient une beauté froide et reptilienne, fixant de son regard hypnotique sa proie sans défense qui se tient immobile devant elle. Elle l’ensorcelle par son sourire éblouissant, par sa chaude et vibrante présence, par ses attraits tentateurs et enivrants. Elle submerge son âme qui n’attend que ça, qui ne désire rien d’autre, qui l’appelle de tous ses voeux, de toutes ses fibres. Les pulsions inassouvies ont embrasé tout son être. Il voit bien ce qui l’attend au fond des yeux chtoniens, mais il aspire à goûter ces fruits défendus, à sentir ces fleurs du mal.

Quelqu’un a dit que ce qui fait l'horreur c'est le désir, et le désir devient monstre.

Putting fear beside him, he trusts in beauty blind,
He slips into the nectar, leaving his shredded clothes behind.
"With their tongues, they test, taste and judge all that is mine.
They move in a series of caresses that glide up and down my spine.
As they nibble the fruit of my flesh, I feel no pain,
Only a magic that a name would stain. " (3)


M

__________________________________


(1)
Elle a les cheveux d'or de Jean Harlow, ses lèvres sont une douce surprise
Ses mains ne sont jamais froides, Elle est aussi pure que la neige de New York
Et elle te taquinera, te mettra mal à l'aise
Fera de son mieux simplement pour te faire plaisir


(2)
Elle acceptera que tu l'emmènes chez toi, Cela aiguise son appétit
Elle te mettra sur le trône Elle a les yeux de Bette Davis
Elle te culbutera Te fera rouler comme un dé
Jusqu'à ce que tu en sortes déprimé, Elle a les yeux de Bette Davis


(3)
Mettant sa peur de côté, il fait confiance à cette beauté aveugle
Il se glisse dans le nectar, en laissant ses guenilles derrière lui.
"Avec leurs langues, elles testent, goûtent et jugent tout ce qui est mien.
Elle se meuvent en une série de caresses
Qui glissent de haut en bas le long de la ma colonne vertébrale.
Alors qu'elles grignotent le fruit de ma chair, je ne ressens aucune douleur
Seulement une espèce de magie que le fait de nommer salirait."

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