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De : shaana  Ecrire à shaana
Date : Samedi 17 mai 2008 à 10:16:03
Ben, oui, je l'ai fait! En retard, comme d'habitude, mais bon l'important c'est de participer non ;-)

J'ai choisi de jouer sur deux points de vue différents pour faire comprendre au lecteur que les deux personnages auront un rôle essentiel dans l'histoire. Je ne suis vraiment pas sûre que c'était vraiment cela qu'il fallait faire mais qui ne tente rien ...

Allez, à vos commentaires!

VERSION 1

Krota se débarrassa de sa pelisse, la tendit à son neveu Seloïn et lui ordonna d'aller la ranger dans sa malle de voyage. Il avait trop chaud, certes, en ces premières journées de printemps, en haut de cette dune si éloignée de ses montagnes natales. Mais Krota désirait surtout être seul, seul seulement quelques instants pour pouvoir enlever le masque d'assurance qu'il se devait de porter depuis qu'il avait été choisi comme chef de l'Armée des Hommes.

Son regard balaya avec appréhension les Grandes Eaux qui lui faisaient face : pas le choix, s'ils voulaient arrêter à temps la horde des Orques qui déferlait sur les villages des plaines, traverser cette étendue d'eau était le chemin le plus court. Il avait bien entendu consulter le chaman, dans le secret espoir que les cartes dessinées par les Anciens dévoileraient un chemin plus aisé. Mais, non, le sage le lui avait maintes fois martelé : passer les Grandes Eaux les emmènerait directement au pied de la cité des Orques. Cela pourrait leur permettre de profiter de l'effet de surprise, et si les Anciens leur accordaient la victoire, de couper leurs troupes du centre de commandement. Oui , mais voilà, la tribu des Hommes ne savaient pas voyager sur les Grandes Eaux et ils faudraient négocier le passage avec les Ichtannes.

Leur village s'étendait aux pieds de Krota. Une vingtaine de huttes, tout au plus, faites de joncs tressés qui s'alignaient le long de la grève, la porte d'entrée tournée systématiquement vers la dune. De là où il se trouvait, Krota ne pouvait qu'apercevoir que de minces silhouettes allant et venant entre les huttes et les Grandes Eaux, certaines d'entre elles disparaissant pendant un temps interminable dans les entrailles de cette véritable muraille liquide.

Laissant à présent libre cours à son impatience, Krota donna plusieurs coups de pied rageurs dans le sable. Il savait fort bien que le Grand Conseil l'avait élu d'abord pour ses qualités guerrières, et aussi, bien plus naïvement, à cause de sa haute carcasse qui pourrait éventuellement intimider des Orques en furie. Mais Krota était loin d'être stupide : il savait aussi que sa plus grande faille résidait dans son sale caractère, son impétuosité, qui avait déjà été par le passé source d'erreurs, parfois fatales, pour ses compagnons d'armes. Krota avait appris le maniement de la hache, pas celui des mots qu'il fallait utiliser lors de négociations. Ainsi, il avait envoyé le chaman pour introduire leur requête auprès des Ichtannes, certain qu'il était que lui pourrait convaincre cette peuplade neutre de les transporter de l'autre côté des Grandes Eaux. Mais le soleil s'était déjà couché deux fois et le chaman n'était toujours pas revenu ...

Perdu dans ses sombres réflexions, Krota entendit à peine Seloïn le rejoindre. Ensemble et silencieux, ils attendirent. Le soleil s'apprêtait à se coucher pour la troisième fois quand un souffle rauque les sortirent de leur torpeur : le chaman escaladait la dune où ils se trouvaient, en s'aidant de son bâton de devin aussi bien que s'il se fût trouvé dans leurs montagnes.

-- "Krota, les Ichtannes veulent te voir à présent!"

La surprenante déclaration du chaman fit sursauter Krota qui interrogea sévèrement du regard le chaman. Celui-ci leva les épaules pour lui signifier que lui non plus ne connaissait pas la raison de cette convocation.

Sachant pertinemment que le destin des Hommes était soumis au bon vouloir des Ichtannes dans cette affaire, Krota n'hésita que très peu et, accompagné de son neveu, emboita le pas au chaman qui lui faisait signe de le suivre vers le village situé en contre-bas.

A mesure que les trois hommes s'approchaient, les Ichtannes disparaissaient en courant à l'intérieur des huttes. "Ils ont raison de rester neutres finalement", pensa un Krota dédaigneux, "ils feraient de piètres guerriers face aux Orques." Le chaman les conduisit à l'entrée d'une hutte que rien ne distinguait des autres. Krota se prit à remarquer qu'il prenait une profonde inspiration comme s'il était prêt à se lancer dans une bataille. Après tout, il en s'agissait bien là d'un combat à mener et l'enjeu était d'obtenir une faveur d'un peuple qu'il ne connaissait qu'à travers de légendes.

-- "Chaman, avant d'entrer, je voudrais que tu me dises si les histoires inscrites dans les livres des Anciens disent vrai : les Ichtannes peuvent-ils lire dans les pensées? Même si je n'ai rien à leur cacher, j'aimerais autant le savoir."

Le chaman baissa la tête, dessinant du bout de ses pieds des cercles dans le sable. Au bout d'un instant, il lâcha :

-- "Je pense, Krota, que tel est la vérité, ainsi que l'ont écrite les Anciens."

Le géant des montagnes avait la fâcheuse impression que le chaman lui cachait une information importante mais il n'avait guère le temps de le questionner davantage et ce fut d'un pas décidé qu'il courba sa haute stature pour rentrer dans la hutte.

Une douce pénombre baignait à l'intérieur. Il perçut enfin à l'autre bout de la pièce un groupe de personnes assises sur un monticule de ce qu'il lui semblait être un tas de ces herbes d'eau. Krota surmonta son dégoût devant ce concentré d'effluves marins mais il ne pouvait empêcher ses larges narines de renâcler, plus habituées qu'elles étaient au parfum subtil des délicates fleurs qui réussissaient à fleurir entre les rochers. L'un des Ichtannes se leva et lui fit signe de s'approcher, ce que Krota fit à pas mesurés pour ne pas incommoder davantage son estomac chaviré. Ses yeux s'étant peu à peu accoutumés à la semi-obscurité, Krotal put enfin découvrir à quoi ressemblait un Ichtanne.

Ce n'était pas un homme qui se présentait à lui, mais était-ce alors une femme? Krota n'en était pas vraiment sûr. Sa tunique rudimentaire tissée en mailles serrées empêchait Krota de se déterminer. Tout n'était que grâce dans cet être : ses membres délicats et fins, sa longue chevelure coulant à flots sur ses épaules, sa silhouette à la fois solide et gracile. Le manque de clarté lui jouait-il des tours, ou l'être qui se tenait devant lui avait-il une peau légèrement bleutée? Krota se rappelait l'autre nom que les légendes des Anciens donnait aux Ichtannes : les hommes-poissons. Tandis qu'il découvrait avidement chaque détail de cet étranger, le chef de guerre se surprenait à être à la fois intrigué et charmé par cette rencontre. Krota se décida enfin à lever le bras en signe de salut.

L'Ichtanne lui répondit sans hésitation, d'une voix mélodieuse mais trouble :

- "Bienvenue à toi, Krota!
- Vous ... vous connaissez notre langue ?
- Oui, votre chaman ... nous l'a apprise".

Krota se tourna vers son envoyé d'un air interrogateur : jusqu'à quel point les Ichtannes pouvaient-il lire dans les pensées ?

- "Il vous a sans doute aussi dit pourquoi nous sommes ici, que la huitième guerre avec la Horde des Orques du Nord a été lancée et que nous, les Hommes, avons besoin de vous.
- Nous sommes neutres, Krota, depuis des temps immémoriaux."

Krota se mordit la lèvre. Qu'avait donc fait ce stupide chaman depuis trois jours? Aucun accord n'avait-il donc été conclu? Dans ce cas, quelle était la raison de sa présence ici ? L'énervement commençait à le gagner. Se reconcentrer sur l'objectif. Krota se mit à regarder plus attentivement le visage triangulaire de l'Ichtanne. Des yeux verts le fixaient, tranquillement. Krota fut troublé : il négociait avec une femme!

Qui pouvait-elle bien être pour se permettre de parlementer avec lui? Leur reine? Le chamane des Ichtannes?

-- "Nous savons cela, mais passer les Grandes Eaux est vital pour nous." Krotal fit une pause. Il ne voyait pas d'autres alternatives. "Quel est votre prix?"
-- "Prix ?", répéta sans comprendre la gracieuse Ichtanne qui se tourna vers le chaman en quête silencieuse de plus d'informations.
-- "Krota, les Ichtannes ne connaissent pas les notions du commerce.", intervint le chaman. "Si je puis me permettre, utilisez plutôt le mot "échange".
-- "Echange, oui, troc". Et le visage lisse de l'Ichtanne se fendit d'un large sourire où apparaissaient des dents telles des perles.

"Par les Anciens, qu'est-ce qu'elle peut bien vouloir de nous ?" Krota se sentait de plus en plus mal à l'aise : il se sentait vulnérable, beaucoup trop à découvert pour un guerrier tel que lui. Si l'Ichtanne pouvait bel et bien lire dans ses pensées, elle aura découvert que Krota portait constamment le masque de l'assurance pour dissimuler ses peurs et ses faiblesses.

Krota n'osait plus dire un mot, de peur que la tension contenue dans son coeur n'explose à la face de cet Ichtanne en paroles de colère. Il ouvrit juste les paumes de ses mains pour signifier à son interlocutrice qu'il attendait sa proposition.

-- Je voudrais aller vivre avec vous, avec la tribu des Hommes.

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

VERSION 2

Séloïn dévalait en courant la dune comme un fou. Il aimait ce sable fin, cette chaleur, ce soleil qui brulait tant son pâle visage. Riant comme un enfant, il parvint essoufflé à la tente familiale.

"Par les Anciens, c'est vrai qu'il fait trop chaud!" et Séloïn rangea la pelisse de Krota, son oncle, dans leur malle de voyage comme ce dernier le lui avait ordonné. Puis, le coeur battant toujours comme un tambour lors d'une attaque, le jeune guerrier ressortit aussitôt et s'apprêtait déjà à remonter la dune au pas de course pour rejoindre le chef de l'Armée des Hommes quand la vue du tonneau d'eau le persuada de se rafraichir un moment. Séloïn but, se passa ensuite de l'eau sur la nuque, puis finit par plonger entièrement sa tignasse rousse dans l'eau fraiche.

Etait-ce l'effet de ces ablutions, la fatigue du voyage accumulée lors de ces dernières lunes ou les milliers de grains de sable qui s'obstinaient à rouler sous ses pieds mais Séloïn fut incapable de remonter la dune avec la même ardeur. Après tout, il avait tout son temps puisque cela faisait maintenant bientôt trois jours qu'ils attendaient le chaman.

Et Séloïn eut soudainement honte : son oncle n'aurait sans doute pas apprécié une attitude aussi désinvolte alors que la horde des Orques s'apprêtait à déferler sur les villages des plaines. Il devait se montrer digne et il repensa à ce héros qu'était son oncle, seul, au sommet de cette dune si éloignée de leurs montagnes natales. Krota était leur guide en ces temps troublés et lui n'était qu'un avorton à qui on avait donné une épée seulement parce qu'il était le neveu du grand Krota. Séloïn s'arrêta un instant pour considérer le sable qui engloutissait ses pieds : grimper ici était bien plus ardu que courir dans les moraines de sa contrée.

Il retrouva Krota dans la même position qu'il l'avait laissé et avec le même regard sombre et impénétrable. Voulant se donner une contenance, Séloïn balaya du regard les Grandes Eaux qui lui faisaient face : d'après le chaman, la tribu des Hommes n'avait guère le choix, s'ils voulaient arrêter à temps les Orques, traverser cette étendue d'eau était le chemin le plus court. Séloïn avait observé son oncle discuter longuement avec le vieux sage, il l'avait vu de loin s'emporter contre lui, sans vraiment en connaitre la raison. Il avait beau être le neveu du grand Krota, son seul héritier, le chef de guerre ne l'avait pas mis dans la confidence de ses plans. On murmurait dans les troupes que passer les Grandes Eaux les emmènerait directement au pied de la cité des Orques. Cela pourrait leur permettre de profiter de l'effet de surprise, et si les Anciens leur accordaient la victoire, de couper leurs troupes du centre de commandement. Oui , mais voilà, la tribu des Hommes ne savaient pas voyager sur les Grandes Eaux et ils faudraient négocier le passage avec les Ichtannes.

Leur village s'étendait à leurs pieds. Une vingtaine de huttes, tout au plus, faites de joncs tressés qui s'alignaient le long de la grève, la porte d'entrée tournée systématiquement vers la dune. Séloïn avait passé les deux dernières journées à observer, fasciné, les minces silhouettes qui allaient et venaient entre les huttes et les Grandes Eaux. Il savait que les Ichtannes étaient surnommés dans les écrits des Anciens "les hommes-poissons" et c'était bien ce qu'ils étaient puisqu'il voyait disparaitre certaines d'entre elles pendant un temps interminable dans les entrailles de ce crystal liquide. Il aurait tant voulu que Krota lui ordonne d'accompagner chaman parti pour introduire leur requête auprès des Ichtannes. Il aurait pu être d'une certaine utilité, protéger le vieillard si besoin était ... même si Séloïn avait conscience qu'il avait encore grand besoin de s'entrainer au maniement des armes. Qu'importe! Le jeune impétueux aurait donné sa dernière tunique propre pour aller explorer ce village peuplé d'êtres de légende.

Le soleil s'apprêtait à se coucher pour la troisième fois derrière la ligne de l'horizon quand un souffle rauque sortit Seloïn de ses réflexions : le chaman escaladait la dune où ils se trouvaient, en s'aidant de son bâton de devin aussi bien que s'il se fût trouvé dans leurs montagnes.

-- "Krota, les Ichtannes veulent te voir à présent!"

La déclaration inattendue du chaman fit danser le coeur du jeune Séloïn dans sa poitrine. Si Krota devait rencontrer les Ichtannes, son oncle devrait lui demander de l'accompagner : un chef de guerre se devait d'avoir au moins une suite, si minime et minable soit-elle, pour tenter d'en imposer à ce peuple inconnu. Séloïn attendait, plein d'espoir, et scrutait le visage de Krota qui interrogeait sévèrement du regard le chaman. Celui-ci finit par lever les épaules pour lui signifier que lui non plus ne connaissait pas la raison de cette convocation.

Tous savaient pertinemment que le destin des Hommes était soumis au bon vouloir des Ichtannes dans cette affaire. Et ce fut sur un signe de Krota, et à la plus grande joie de Séloïn, que les trois représentants de la tribu des Hommes se dirigèrent vers le village situé en contre-bas.

A mesure que les trois hommes s'approchaient, les Ichtannes disparaissaient en courant à l'intérieur des huttes. Séloïn qui pensait avoir enfin l'occasion de découvrir à quoi ressemblait un Ichtanne de près était un brin déçu. Mais voilà que le chaman les conduisait à grand pas vers l'entrée d'une hutte que rien ne distinguait des autres. Séloïn s'apprêtait déjà à pénétrer à l'intérieur quand Krota l'arrêta net, le teint un peu blême signe chez lui d'une tension extrême.

-- "Chaman", lança Krota,"avant d'entrer, je voudrais que tu me dises si les histoires inscrites dans les livres des Anciens disent vrai : les Ichtannes peuvent-ils lire dans les pensées? Même si je n'ai rien à leur cacher, j'aimerais autant le savoir."

Le chaman baissa la tête, dessinant du bout de ses pieds des cercles dans le sable. Au bout d'un instant, il lâcha :

-- "Je pense, Krota, que tel est la vérité, ainsi que l'ont écrite les Anciens."

Le géant des montagnes dévisagea longuement le chaman, beaucoup trop longuement pour un Séloïn qui trépignait d'impatience dans son for intérieur. Le voyage jusqu'aux Grande Eaux avait permis au jeune homme d'apprendre enfin ce qu'il y avait au-delà de ses montagnes, lui, dont les longues conversations avec le chaman ne satisfaisaient plus depuis des années. Séloïn avait faim de découvertes concrètes, d'aventures, de rencontres avec d'autres êtres. Et il était ici sur cette grève, sur le point de faire la connaissance d'êtres de légendes alors pourquoi attendre davantage? Ce fut donc avec soulagement que Séloïn vit son oncle courber sa haute stature pour rentrer dans la hutte.

Une douce pénombre baignait à l'intérieur. A l'autre bout de la pièce, un groupe de personnes étaient assises sur un monticule de ce qu'il lui semblait être un tas de ces herbes d'eau. L'odeur était forte, inhabituelle pour Séloïn plus habitué qu'il était au parfum subtil des délicates fleurs qui réussissaient à fleurir entre les rochers. Tous ses sens étaient sollicités et ce concentré d'effluves marins semblait parvenir à lui comme un signe de bienvenue. L'un des Ichtannes se leva et fit signe à Krota de s'approcher, ce qu'il fit à pas mesurés, attitude étrange pour cet hardi guerrier.

Ce n'était pas un homme qui se présentait, mais était-ce alors une femme? Il était difficile de le dire. Sa tunique rudimentaire tissée en mailles serrées empêchait Séloïn de se déterminer. Tout n'était que grâce dans cet être : ses membres délicats et fins, sa longue chevelure coulant à flots sur ses épaules, sa silhouette à la fois solide et gracile. Sa peau légèrement bleutée miroitait doucement telle des écailles de poisson. Les hommes-poissons ... Séloïn comprenait et soudain, son regard croisa le regard vert de cette femme étrange, oui, il s'agissait bien d'une femme. Elle aussi découvrait avidement chaque détail de ses vêtements, de sa maigre silhouette, ses armes de guerrier-novice. Ses yeux en amande le balayaient de haut en bas, puis de bas en haut, ne semblant pas se fatiguer de cette exploration silencieuse.

Malheureusement, le charme de ce premier échange fut interrompu par Krota qui s'était enfin décidé à lever le bras en signe de salut.

L'Ichtanne lui répondit sans hésitation, d'une voix mélodieuse mais trouble :

- "Bienvenue à toi, Krota!
- Vous ... vous connaissez notre langue ?
- Oui, votre chaman ... nous l'a apprise".

Krota et Séloïn se tournèrent vers le vieillard avec la même interrogation muette : jusqu'à quel point les Ichtannes pouvaient-il lire dans les pensées ?

- "Il vous a sans doute aussi dit pourquoi nous sommes ici, que la huitième guerre avec la Horde des Orques du Nord a été lancée et que nous, les Hommes, avons besoin de vous.
- Nous sommes neutres, Krota, depuis des temps immémoriaux."

Séloïn vit Krota se mordre la lèvre. Il savait depuis sa tendre enfance ce que ce réflexe signifiait : l'énervement commençait à gagner son oncle. Il faut dire que Séloïn comprenait la raison d'un tel agacement. Krota savait manier la hache, pas celui des mots qu'il fallait utiliser lors de négociations. Le chaman avait été ainsi envoyé pour introduire leur requête auprès des Ichtannes, pour convaincre cette peuplade neutre de les transporter de l'autre côté des Grandes Eaux. Qu'avait donc fait ce stupide chaman depuis trois jours? Aucun accord n'avait-il donc été conclu? Dans ce cas, quelle était la raison de leur présence ici ?

Le visage triangulaire de l'Ichtanne restait impassible. Séloïn aimait le calme qui régnait dans ces yeux verts si clairs. Pouvait-elle vraiment lire dans ses pensées ? Qu'il en soit ainsi. Etait-ce de la présomption de la part de Séloïn d'espérer qu'il pourrait un jour deviner ce qui ce cachait derrière cette énigme? Oui, de la présomption, certes, car pour se permettre de parlementer avec Krota, elle devait occuper une place importante chez les Ichtannes.

-- "Nous savons cela, mais passer les Grandes Eaux est vital pour nous." Krotal fit une pause. Puis, reprit "Quel est votre prix?"
-- "Prix ?", répéta sans comprendre la gracieuse Ichtanne qui se tourna vers le chaman en quête silencieuse de plus d'informations.
-- "Krota, les Ichtannes ne connaissent pas les notions du commerce.", intervint le chaman. "Si je puis me permettre, utilisez plutôt le mot "échange".
-- "Echange, oui, troc".

"Par les Anciens, qu'est-ce qu'elle peut bien vouloir de nous ?" Séloïn était de plus en plus intrigué, et ceci d'autant plus qu'il s'apercevait que l'Ichtanne lui jetait parfois des coups d'oeil furtifs. Que pouvait bien désirer ce peuple de légendes ? Apprendre par les pensées des autres ne leur suffisait donc pas ? Tout n'était donc pas à leur portée ?

-- Je voudrais aller vivre avec vous, avec la tribu des Hommes". Et le visage lisse de l'Ichtanne se fendit d'un large sourire où apparaissaient des dents telles des perles. "Je voudrais devenir l'une d'entre vous."
Shaana qui n'est pas fâchée contre Narwa Roquen


  
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Réponses à ce message :
Maedhros  Ecrire à Maedhros

2008-05-18 19:08:20 

 Histoire de gondole...Détails
Tu as un petit peu malmené la consigne même si tu décris la rencontre d’un homme et d’une femme. Les deux textes semblent identiquement ouverts sur une suite attendue. Il me semble que ce qui distingue les 2 récits, c’est le point de vue du narrateur. Dans le premier, il s’agit de Krota, dans le second, de son neveu. Seul le niveau d’exigence de la femme diffère entre l'un et l'autre.

Sur la forme, il y a quelques tournures de phrases à revoir et quelques fautes d’orthographe, mais rien de rédhibitoire. Tu as bien investi cette histoire qui puise dans l’héroic-fantasy de bon aloi. Les orques, les hommes, les Ichtannes (d’ailleurs ce nom est particulièrement bien trouvé), le chaman, les grandes eaux, tous les éléments caractéristiques sont parfaitement décrits et rien de manque. Les personnages sont aussi bien choisis et tu les campes avec aisance : le caractère affirmé du chef, l’insouciance du jeune, le mystère de l’ichtanne... C’est une bien belle invitation à découvrir ce monde, structuré et vivant.

Sur le fond, l’histoire est intéressante. Le troc qui va devoir être mis en place est ingénieux. C’est simple et efficace. Le changement de point de vue entre les deux récits, à mon avis, semble déplacer le personnage masculin principal entre le 1er et le second récit, de Krota vers son neveu. Du coup, quel sera le récit qui méritera la suite ? J’ai l’impression que le style et le rythme sont plus vivants, plus alertes quand c’est le jeune homme qui est pris pour support.

J’attends la suite avec intérêt !

M

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2008-05-20 16:37:17 

 Commentaire Shaana, exercice n°37Détails
Si la consigne avait été : décrivez la même scène avec deux points de vue différents, tu aurais fait un sans-faute. Mais la consigne était : écrire deux fois le début de l’histoire d’une rencontre, avec dans un cas un personnage principal et un subalterne, et dans l’autre deux personnages principaux.
Quoi qu’il en soit, tes deux points de vue sont plausibles et bien menés, avec un rythme différent qui s’accorde au caractère de chaque héros. La rencontre est bien décrite, et elle est prometteuse à souhait. Je trouve qu’il y a un petit déséquilibre entre tout ce qui précède la rencontre, et la rencontre elle-même ; en y regardant de plus près, ce n’est pas une question de nombre de lignes. Dans le début d’un roman, tu peux prendre ton temps ; dans le début d’une nouvelle, il faut frapper vite et fort. L’attention ne doit jamais se relâcher. Le détail de la pelisse, par exemple, n’est pas indispensable.
L’histoire qui se profile a l’air intéressante, le contexte est bien campé, les personnages minutieusement décrits ( peut-être trop). Le lecteur n’a plus grand-chose à faire, tu lui as mâché le travail. Heureusement, la femme-poisson reste mystérieuse, et sa requête, inattendue, vient à point pour exciter la curiosité.
J’ai envie de te dire : va droit au but ! Tu écris de l’héroic fantasy : donc pas trop de phrases, et beaucoup d’action. Dans une histoire romantique ce serait l’inverse. Et si tu mélanges les deux... bon, là je ne sais pas... Ca dépend... Tu vois, il faut sans arrêt se poser la question : je veux dire ça : comment je dois le dire ? Alors au début c’est pénible, parce qu’il faut penser à tout ; mais en travaillant, je te rassure, ça vient beaucoup plus vite !


Dans le détail, il y a quelques maladresses :
- « Krota ne pouvait qu’apercevoir que de minces silhouettes... ». Tu n’as droit qu’à un seul « que » : au choix : « ne pouvait apercevoir que » , ou « ne pouvait qu’apercevoir de minces silhouettes »
- « sale caractère » : trop familier pour de l’heroic fantasy !
- « la... déclaration du chaman... du regard du chaman... » : répétition trop proche
- « il en s’agissait bien là d’un combat... » : sans le « en »
- « à travers de légendes » : « à travers des légendes » ou « au travers de légendes » (mieux)
- « rentrer dans la hutte » : on rentre si on est d’abord sorti, sinon, on entre
- « pénombre baignait à l’intérieur » : sans « à »
- « de ce qu’il lui semblait être... » : l’impression est rapide, fugitive, ce n’est pas un état, donc « sembla ». Et « de ce qui lui sembla » est encore mieux
- « se reconcentrer sur l’objectif » : trop moderne pour l’heroic fantasy (tu as le droit de penser que j’exagère)
- « d’autres alternatives » : sans « s ». L’alternative, c’est l’autre des deux solutions (même racine que alternance, altérité...)
- « elle aura découvert... » : dans un texte au passé, le futur s’exprime par le conditionnel : « elle aurait »
- « lui dont les ...conversations... ne satisfaisaient plus » : « que », et pas « dont »
- « êtres de légendes ( idem pour peuples) : « êtres de légende »


Enfin quelques (rares, il est vrai) fautes d’orthographe :
-« la tribu des Hommes ne savaient pas » : « ne savait pas »
- « ils faudraient » : « il faudrait » ( ou ils devraient)
- « un souffle rauque les sortirent » : « les sortit »
- « tel est la vérité » : telle est la vérité
- crystal : cristal


Bon ! Cent fois sur le métier... Mais tu as une bonne imagination, tu t’exprimes avec facilité, et tu observes bien. Il te faut canaliser ton énergie, et ne jamais céder à la facilité. Je suis persuadée que tu en es capable ; déjà ce texte est en gros progrès par rapport aux précédents. Et puis cette histoire vaut vraiment la peine d’être domptée ! J’ai hâte de lire la suite...
Narwa Roquen,qui se demande si elle réussira à se faire détester...

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Elemmirë  Ecrire à Elemmirë

2008-05-22 18:50:12 

 CommentaireDétails
Texte très intéressant, qu'on n'a pas envie de quitter en si bon chemin. J'ai également préféré la version vue par le jeune neveu, que j'ai trouvée plus "panoramique" (probablement parce que le neveu est plus observateur, quand le chef est fermé, concentré sur un seul point). Les quelques fautes ont été relevées, rien de très grave. Le nom du chef m'a paru étrange, et il s'appelle parfois KrotaL dans le 1er texte: est-ce une correction tardive avec quelques oublis? De même, le neveu prend parfois un accent aigu, parfois pas. C'est gênant car le nom d'un personnage, c'est important! Mais tu corrigeras ça dans la suite, j'en suis sûre :)
Je me demande bien ce qui peut pousser quelqu'un qui se dit neutre depuis la nuit des temps, à vouloir appartenir à l'un des peuples du conflit. Ne va-t-elle pas s'attirer les foudres de son peuple? Et des Orques? C'est un peu suicidaire comme idée, qu'est-ce qu'elle a derrière la tête pour ne rien craindre comme ça?

Mh, vivement la suite!!

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2008-08-05 16:11:35 

 Exercice 37 : Shaana => CommentaireDétails
Nous voilà face à un méd’fan’ bien sympathique, mettant en scène un choc culturel entre deux tribus. Le style est vivant malgré quelques fautes d’orthographe et maladresses. Manquerait je trouve une description physique des personnages montagnards. On sait que le gamin est roux et Krota grand mais rien de plus, si je ne m'abuse. Tu n’as pas respecté la consigne mais c’est pas grave. Ca devient un exercice sur les points de vue.
Les deux textes sont proches, trop parfois, avec des parties copiées/collées. Cependant, tu marques bien la différence de personnalités entre Krota, blasé, nerveux et sérieux et le gamin, plein d’un enthousiaste pétaradant. Leur réaction face au tas d’algues est à ce titre significative. Le Krota pessimiste trouve que ça pue tandis que le gamin y voit un signe de bienvenue dans un nouveau monde excitant. Les deux ont en commun un certain mépris pour le shaman, celui des guerriers pour le mystique ?
Bien vu le rebondissement de la fin qui donne envie de connaître la suite.

Est', qui profite d'une journée calme.

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z653z  Ecrire à z653z

2008-09-11 16:38:03 

 Histoire prometteuseDétails
On peut faire partie d'un peuple en essayant de rester le plus neutre (pacifiste) possible lors d'un conflit avec un autre peuple.

Dans la 2e histoire :
"Il savait que les Ichtannes étaient surnommés dans les écrits des Anciens "les hommes-poissons" et c'était bien ce qu'ils étaient puisqu'il voyait disparaitre certaines d'entre elles (les silhouettes mais ce n'est pas précisé cette fois-ci) pendant un temps interminable dans les entrailles de ce crystal liquide."

"jusqu'aux Grande Eaux"

Une autre ! Une autre !

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