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 WA, exercice n°17 Voir la page du message 
De : Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen
Date : Mercredi 30 mai 2007 à 17:46:13
Attention, changement de genre ! Après les tribulations du pauvre Jeannot, voici des horizons plus calmes mais plus sombres...
Votre héros, qui parle à la première personne, est en prison depuis longtemps. A vous de choisir le lieu, l’époque et les circonstances, SF, fantasy ou réalité. Mais en prison, votre héros est seul, et il ne sort jamais de sa geôle. Il peut raconter brièvement son histoire ou n’y faire qu’allusion, mais surtout il nous livre ses sentiments, ses émotions. Bref, il ne se passe rien. Saurez-vous captiver vos lecteurs avec un texte sans action ?
Ne me demandez pas si c’est facile ou pas, je n’en ai pas la moindre idée. Je vais découvrir ça en même temps que vous. Il me semble que deux semaines sera un délai raisonnable, donc vous avez jusqu’au jeudi 14 juin.
Et n’oubliez pas le Concours « Le Réveil » !
Nulla dies sine linea...
Narwa Roquen,mais où va-t-elle chercher tout ça?


  
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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2007-06-02 21:21:56 

 WA - Participation exercice n°17Détails
Hum, une histoire comme que je les aime...saurez-vous l'apprécier? Dormez bien!

________________

LA TACHE SUR LE MUR


Il y a une tache sur le mur. Une tache sombre. Elle grossit, vous savez ? Personne ne la voit à part moi. Mais je ne dis rien. Un matin elle était là. Je la fixe tout le temps, c’est comme ça que je l’ai vue grandir. Au début, elle n’était pas plus grosse qu’une pièce de cinq francs. Je devais me concentrer pour la retrouver sur le mur. Cela rompait la monotonie de mon univers. Je suis en prison vous savez. Là, il ne se passe pas grand-chose. Juste fixer cette tache sur le mur, sans bouger. Le temps s’écoule mais je reste sur la berge, regardant ce flot argenté passer sans moi. Cela fait longtemps que je suis ici, prisonnier. La lumière se lève et disparaît, un même cycle pour moi.

Au début, la tache est devenue peu à peu mon amie. Une amie lointaine et silencieuse. Un élément largement différent de son environnement Quelque part, un peu comme moi. C’est vrai qu’elle me ressemble à bien des égards. Sur le pan de mur, elle se détache nettement, étalant ses ramifications dans toutes les directions. Une sorte de fleur grisâtre qui s’ouvre pour moi. Un curieux sentiment m’a envahi au fur et à mesure qu’elle croissait. Une intimité dévoilée, une sensation presque organique, parfois à la limite de la gêne. Je ne peux détacher mes regards, m’oubliant parfois dans l’infinie délicatesse de ses détails. Je me perds en elle souvent, les yeux grand ouverts, drainé par son coeur qui plonge comme un puits en son centre. Je ne cligne jamais des paupières vous savez ! Alors, je ne parviens pas à me libérer de son attraction. Elle draine mon énergie par un étrange sortilège. Quand je reviens à moi, je ne retrouve plus mes repères chronologiques.

Les autres n’y prêtent aucune attention. Ils sont si loin de moi. Si loin de ce que je suis devenu. Ils me sont totalement étrangers à présent. Je ne leur dis jamais rien. Comment pourraient-ils me comprendre, là où je suis. En outre, il ne faut pas parler aux étrangers disait ma maman. Pourtant, ceux-là cherchent obstinément à entrer en contact. Je m’en rends bien compte. Cependant, tous leurs efforts restent vains. Si vains. Je suis seul dans ma prison. Je compte les jours et les nuits, un compte abstrait et puéril. Finalement, c’est une question de lumière. Une fois ce principe admis, la nuit n’est pas pire que le jour. Voulez-vous savoir depuis combien de temps je suis ici ? Longtemps. Très longtemps. Une éternité. La peine a été lourde, à la hauteur de mon crime. J’ai accepté la sentence. La faisant mienne.

Ne me dites pas que c’est ma faute ! Les juges ne m’ont pas condamné. Si vous ne comprenez pas ça, vous êtes comme ceux qui restent dehors. Ceux qui se débattent à la périphérie de mon champ de vision. Vous, vous pouvez voir la tache sur le mur. Vous me croyez quand je vous la décris. Une tache qui éclabousse à présent le pan du mur devant moi. Ce n’est pas une tache ordinaire. Elle est aussi visible la nuit, sans aucune lumière, qu’en plein jour. Vous ne partez pas, n’est-ce pas ? Vous restez encore un peu avec moi. C’est la première fois que je peux m’exprimer de cette façon. Je sais que vous ne répondrez pas. Vous ne pouvez pas me répondre.

Je vais vous confier un secret. J’ai peur maintenant. Un visage apparaît dans la tache sur le mur. Au début, ce n’était qu’une ombre chinoise, au contour vague, une ombre dans l’ombre de la tache. Puis le contour s’est affiné, affirmé, tout en restant néanmoins indéchiffrable. Une photographie prise dans un violent contre-jour. Pourtant, sans vouloir réellement l’admettre, l’évidence s’est imposée. Ce portrait ne m’était pas inconnu. Une familiarité dérangeante sourdait de ses lignes. J’aurais voulu fermer les yeux, nier son existence. Lâcheté indisponible. Mes yeux sont rivés sur la tache contre le mur. Je sais ce que je vais y voir. Cela me terrifie vous savez. Cela me glace le sang. Et il n’y a nul endroit où je pourrais me cacher. Que me murmurez-vous ? Je devine vos lèvres bouger tout autour de moi. Que me dites-vous ? Je n’ai pas oublié. Je vous le jure. Je n’ai pas oublié malgré toutes ces années passées dans cette prison. Comment oublier ? Dites-moi comment oublier ?

Sans m’en rendre réellement compte, le visage s’est enfin révélé. Comme un de ces vieux polaroids de mon enfance, qu’on tenait à bout de bras en espérant que ce qui allait apparaître sur le carton correspondrait à ce qu’on avait visé. C’est elle, elle est revenue. Dieu, elle est si belle. Un regard tendre et espiègle, une mèche rebelle qu’elle tentait sans illusion de dompter. Je ne peux détacher mes regards. Vous vous rappelez, je ne peux fermer mes yeux. Je vais devenir fou si elle reste là, étonnée et muette. Aucun reproche dans ses yeux, juste une immense incompréhension. Je vais devenir fou. Les autres ne pourront rien pour moi. Dans cette prison, je suis seul et impuissant. Et ce n’est que le début. Elle n’est que la première. Elles vont venir, elles vont toutes venir. Toutes celles que j’ai connues. Elles sont toutes là, dans les profondeurs du puits sombre. La tache sur le mur les appelle et elles répondront à son appel. Je ne pourrai rien y faire. Les jours et les nuits deviendront des enfers où je brûlerai à chaque minute.

Ne partez pas ! Ne partez pas, ne me laissez pas seul ici. Je ne vous perçois déjà plus vraiment. Vous quittez cette cellule, horrifiés comme les autres. Finalement, vous êtes comme eux, à la fois présents et absents. Ils se déplacent autour de mon lit, dans cette cellule toute blanche et capitonnée. Ils se penchent vers moi mais je ne les entends pas. Je ne leur dis jamais rien. Il ne faut pas parler aux étrangers. Même s’ils s’occupent de moi, changeant les draps et me lavant. Je ne bouge pas. Je ne bougerai jamais, les yeux fixés sur la tache qui a envahi tout le mur. Pour moi, ils sont hors du monde, malgré leurs drogues et leurs attentions. Ils ne pourront jamais briser les murs de ma prison. La prison de chair qu’est devenu mon propre corps.

Non, non...je commence à l’entendre. Ses lèvres s’ouvrent et elle hurle, elle hurle...elle n’arrête pas de hurler sa terreur...et je ne peux pas me boucher les oreilles ! Elles vont toutes venir me hanter, toutes !

M

:diable:

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2007-06-03 20:18:01 

 Nessun giorno senza una linea...Détails
les mots sont comme les feuilles mortes, ils se ramassent à l'Apelle.

Dans chaque mot, dort un monde qui ne demande qu'à naitre pour celui qui saura le lire.


M

(aussi vieux que Pline)


PS : quelques mots ont été changés dans ma contribution à l'exercice 17

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2007-06-04 18:33:47 

 Où l'on reparle des animaux...Détails
Etrange alchimie que celle de l’écriture, où l’auteur est à la fois en offrande et en demande, et le lecteur, s’il sait s’ouvrir au don, comble l’auteur par son attention, et reprend sur sa propre musique les mots de l’Autre... Je ne saurais dire l’intensité des échanges entre les animaux. Ce que je sais, c’est le bonheur d’écrire et d’être lu(e), et le bonheur de lire ce qu’un Autre a écrit, si différent et si proche à la fois. Le langage est pour moi la plus noble des activités humaines, qui peut blesser, certes, mais aussi sauver. La chose écrite se double d’une dimension secrète, on emporte le livre avec soi, on en relit un passage, on se l’approprie en le chargeant de nos propres souvenirs, de nos propres émotions, et selon le lecteur, et selon le moment de la vie de ce même lecteur, ce n’est jamais le même texte qui est lu, même si les mots demeurent inchangés. Quand la chance nous permet d’écrire, c’est avec un frisson de plaisir que l’on signe au bas de la page, et qu’on envoie son texte voguer sur l’océan immense, en lui souhaitant de nombreuses et heureuses rencontres, partie humaine issue de notre humanité, parfois dans la liesse, parfois dans l’effort, mais dont la naissance nous enrichit toujours et ne nous appauvrit jamais.
Et je trouve merveilleux que ce soit au coeur de la jungle que soient nés ces mots que je me chante et me rechante quand un texte me touche ou que l’un des miens trouve un lecteur complice : « Nous sommes du même sang, vous et moi. »
Narwa Roquen,Kipling for ever!

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2007-06-04 21:57:30 

 Les mots ont-ils une âme?Détails
Anim(a)mots...


J'ai toujours aimé les mots. J'ai toujours aimé jouer avec eux. Aussi loin que je m'en souvienne, ils ont toujours des amis polis et disponibles. J'avais une vieille machine à écrire sur laquelle, avec deux doigts, j'ai noirci des pages et des pages.

J'ai toujours aimé la page blanche, laisser mes rêves s'habiller en mots complices.

Je partage ton avis, écrire pour soi est au départ un besoin mais rien n'égale l'excitation de confier ses mots à l'Autre.

Faire découvrir des chemins qui n'existent pas, l'amener avec soi , presque par la main, lui faire sentir des parfums étrangers, lui proposer des mondes au-delà du nôtre... c'est magique et vertigineux.

Car rien n'est plus intime que les mots...l'âme n'st pas loin derrière, à peine dissimulée par des constructions narratives qui forment un écran bien mince.



M

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2007-06-12 17:42:29 

 WA, exercice n°17, participationDétails
Satyagraha




Le choc du bol sur le ciment me réveille. Une inspiration profonde, j’ouvre les yeux. Le plafond et les murs sont gris, grêlés de traces de peinture. Parfois un morceau de plâtre se détache, presque un évènement dans une journée de solitude. Je mange mon bol de riz, lentement, avec application, en mâchant deux cent fois chaque bouchée. Je me concentre sur les moindres nuances du goût de cet aliment monotone, qui autrefois me semblait fade, sur les sensations que m’apportent mes dents, mes mâchoires, ma gorge, mon estomac. Cela a longtemps agacé le gardien, qui voulait reprendre le bol. Un jour, il a cessé de m’insulter, et depuis il me le laisse jusqu’au repas suivant.
Quand je suis entré à Sou Chao, je ne savais pas s’ils m’exécuteraient tout de suite ou me laisseraient croupir jusqu’à la fin de ma vie, de même que je ne savais pas ce qui serait le plus pénible. Pour ne pas leur offrir le spectacle indigne de mon désespoir ou de ma folie, j’ai pris le parti d’organiser mes journées, et depuis le début, je m’y suis toujours tenu. Après le repas du matin, je m’assieds sur le sol froid, et je me souviens. En silence, je convoque les visages, les lieux et les choses de mon passé libre, pour ne pas perdre la mémoire de mon pays, de ma famille, et de ma vie. J’honore ainsi le chemin qui m’a mené jusqu’ici, puisque toute chose est à sa place, ici et maintenant.


Je suis né sur les hautes prairies autour de Nyakchukha, vingt ans avant l’année 2007. Ma famille a toujours élevé des yaks, et j’ai grandi au milieu d’eux, pauvre mais heureux. Quand j’ai eu seize ans, mon père m’a pris à part.
« Dudjom, je te confie ta mère et ton frère ; je suis sûr que tu sauras les nourrir et les protéger comme je l’ai fait. Je vais rejoindre le Satyagraha. Tu sais que tôt ou tard je serai torturé et abattu ; ne garde pas rancune aux miliciens qui accompliront ces actes, mais le moment venu, suis ma trace. »
Il m’offrit la daha de laine qu’il portait autour du cou, embrassa ma mère et mon frère cadet, et s’en alla. Nous apprîmes plus tard qu’il avait été fusillé sur une place de Nyakchukha, avec d’autres militants pacifistes, pour avoir crié trop fort le mot de « liberté ».
Quand mon frère eut seize ans et moi vingt, je pensai qu’il était temps d’accomplir mon destin. Je ne souhaitais pas trahir la non-violence de mon père, mais je voulais me dresser plus fort que lui contre l’envahisseur. Or cette année-là tout le pays ne parlait que du nouveau chemin de fer reliant Golmud à Lhassa, violant la paix de nos montagnes sacrées et éventrant notre contrée pour mieux la livrer au grouillement impie du peuple Han. Je revois le visage de ma mère, son sourire digne et fier, et j’entends sa bénédiction, dernier instant de tendre chaleur avant la tourmente. Je me vêtis de ma simarre bleue des jours de fête, puisque je pensais que la mort serait au bout de ce chemin.
Je choisis un tronçon de rail qui passait en pont d’une pente abrupte à une autre, très haut dans la montagne, parce que sa reconstruction serait longue et difficile. Je ne voulais cependant attenter à aucune vie, et ce fut à une heure où je savais que la voie serait déserte que je dynamitai quatre piliers. Je réussis dans mon entreprise, mais je ne parvins pas à m’éloigner assez vite et je fus pris dans un éboulement. Je survécus, mais ma jambe gauche brisée au dessous du genou m’obligea à attendre, comme un animal pris au piège, que la mort mette fin à ma douleur. Dans la soirée, les miliciens me trouvèrent ; au lieu de m’abattre comme je l’aurais souhaité, ils me transportèrent dans une jeep puis me jetèrent dans un wagon à bestiaux où je voyageai seul, avec cependant une gourde d’eau, pendant deux jours et deux nuits. Mon corps a gardé la mémoire vive de cette longue souffrance, et chaque matin, à son évocation, même de nombreuses années plus tard, il en frissonne encore. A chaque cahot du train, à chaque courbe, à chaque ralentissement, j’avais l’impression que ma jambe s’arrachait de mon corps, et le mal atroce, dans sa répétition violente, me rendait fragile comme un enfant. Il m’est arrivé plusieurs fois, heureusement, de perdre connaissance. Mais le pire, le plus terrible souvenir que j’en ai gardé, ce sont les larmes que je ne pouvais retenir, dans l’attente de la douleur à venir.
Enfin ils me laissèrent dans cette cellule, à Sou Chao. En tremblant et en sanglotant, je retirai ma botte où mon pied gonflé s’engourdissait, ce qui remit ma jambe droite pour quelques heures. Plus tard, trois hommes vinrent m’interroger dans ma langue, me demandant mon nom et celui de mes complices. Je tus mon nom pour protéger ma famille, et je répétai inlassablement « j’ai agi seul », malgré les coups de badine sur mon visage et les coups de pieds dans ma jambe cassée, jusqu’à ce que je m’évanouisse. Je n’ai jamais su pourquoi ils ne m’avaient pas tué, ni pourquoi ils m’avaient transporté à Shangaï, si loin de chez moi. Ce sont des questions qui n’auront jamais de réponse. Ma jambe m’a fait souffrir longtemps, m’obligeant à me traîner sur le sol pour atteindre le bol de nourriture, et à dormir par terre enroulé dans la couverture, mais elle a fini par se ressouder, un peu de travers ; elle est plus courte que l’autre, ce qui me fait boiter, mais je n’ai plus mal.


Quand j’ai fini de me souvenir, je remercie Dipamkara, le Bouddha du passé, de me permettre de conserver la mémoire, gardienne de mon identité. Puis je prends soin de mon corps pour libérer mon esprit, afin de pouvoir accueillir la mort dans la joie et la compassion.
Un an à peu près avant que je parte, nous avons recueilli un geshe qui s’était exilé en Inde dans sa jeunesse, et était revenu chez nous pour y mourir. Il avait voyagé seul, à pied, depuis les bords du Gange, et avait réussi à échapper à la milice. Ma mère considéra que c’était une bénédiction pour notre famille que la présence de ce saint homme, et nous pûmes le cacher jusqu’à ce qu’il s’éteigne en paix. C’était un moine lettré, un sage, qui égrenait pendant des heures les perles de son mala , son chapelet bouddhique, en murmurant ses prières. Il se dégageait de lui une paix si intense que depuis le jour de son arrivée jusqu’à sa mort, je ne me chamaillai pas avec mon frère. Il m’arrivait de le contempler pendant des heures, immobile dans ses postures, le visage toujours serein et parfois illuminé d’un sourire dont j’ignorais le secret. Un jour il voulut me prêter un de ses livres, mais je secouai la tête. Chez nous, rares étaient ceux qui étaient confiés au temple. La plupart savait compter les têtes du troupeau et signer de son nom, et on ne nous en demandait pas davantage. Je regrette maintenant de ne pas avoir posé plus de questions, de ne pas avoir cherché à m’instruire auprès de ce saint homme. Dans les premiers jours que j’ai passés ici, alors que j’essayais de dormir pour fuir la douleur, il m’est souvent apparu en rêve, vêtu de sa robe jaune, et il me disait :
« Suis la Voie, mon enfant, afin que la Lumière brille en toi.
- Mais, Rinpoché », lui répondais-je, « je n’ai pas étudié, je ne sais pas !
- Tu m’as vu. Tu m’as écouté. Je suis avec toi. »
Alors malgré la souffrance je me suis assis, j’ai fermé les yeux, et j’ai attendu. Et encore aujourd’hui c’est ce que je fais, au point que parfois le temps passe et je ne m’en rends pas compte, les bols s’entassent près des barreaux, témoins du temps des autres. Je n’en tire ni fierté ni tristesse. Je suis en permanence dans l’instant présent, et ce présent prend parfois des allures d’éternité.
J’ai tâtonné pour trouver les postures. Un jour j’ai entendu la voix de Rinpoché dans ma tête.
« Concentre-toi sur l’est, devant toi, puis l’ouest, le nord et le sud ; le haut et le bas, l’immatériel et le lourd, le blanc et le rouge. »
A force d’attendre j’ai ressenti la légèreté du vent, à l’est, la fluidité de l’eau, à l’ouest, la profondeur de la terre, au nord, et la chaleur du feu au sud. Je me suis ancré dans le sol et me suis envolé dans l’éther. Dressé sans orgueil dans la verticalité de mon corps, assis ou debout, j’ai habité le monde autour de moi et le monde est entré dans mon esprit. J’ai parcouru tous les chemins de l’arc en ciel, de mes racines de couleur rouge jusqu’à la fleur de lotus universelle et compatissante, où la conscience s’épanouit dans le violet rayonnant. Chaque jour je marche sur la Voie, et l’esprit du Précieux me guide, et avec lui d’autres sages dont l’âme plane encore dans la Conscience Universelle. C’est comme si j’avançais dans une forêt obscure ; je découvre un chemin, qui parfois se perd dans les broussailles, mais repart toujours un peu plus loin. Au dessus du sentier, les arbres s’écartent, et j’aperçois un ciel d’un bleu limpide. D’autres que moi ont marché ici ; je vois leurs traces devant moi, et je ne me sens jamais seul.


J’ai découvert mon souffle. Silencieux ou puissant, ralenti à l’extrême ou vif comme le torrent, rouge par la narine droite, blanc à gauche, gris quand il me quitte en me purifiant, brillant quand il me pénètre tel un fleuve de lumière, jusqu’au bout de mes doigts et de mes orteils, puissance de vie perceptible dans toute sa splendeur jusqu’au plus profond de mon être. Un jour, dans l’euphorie du souffle, j’ai émis un son, et ses vibrations m’ont étonné. J’ai exploré alors tous les chemins sonores, comment mon corps répondait à tel son et à tel autre, et c’était un ravissement que de vivre toutes ces sensations , de me sentir m’ouvrir encore davantage, plus présent, plus conscient, plus comblé et plus vide en même temps, le son émis de moi glissant en moi sans contrainte, sans retenue, tournant et retournant selon ses lois propres, énergie pure aux échos d’énergie rebondissant dans ma matière par des canaux insoupçonnés, réveillant, stimulant, canalisant, apaisant mon énergie vitale pour ma plus grande joie.
Je n’ai jamais eu peur. Je m’abandonne à l’inconnu, et tout est bonheur, et tout est Lumière. Peut-être est-ce parce que je ne savais rien que je n’ai jamais cherché à comprendre. L’enfant qui joue s’émerveille d’un rien, et prend les choses comme elles sont. Il croit en son jeu parce qu’il fait partie de lui-même, il est à la fois l’acteur et le jeu. De même je suis à la fois celui qui découvre et ma propre découverte, le regard et l’objet, l’être et le non-être.


Le temps ne m’est pas compté. J’ai vu pousser ma barbe et mes cheveux, je les ai vus blanchir. Je n’ai aucune idée de la date ni de l’heure. Je sais que c’est le matin parce que le gardien dit « repas du matin ». Je sais que c’est le soir quand il annonce « repas du soir ». Si je suis fatigué, je dors. Si je suis éveillé dans l’Esprit du Monde, j’y reste. Mes sens se sont affinés au lieu de se détériorer avec l’âge. Quand la fantaisie me prend, je hume l’odeur laissée par le gardien dans son sillage, et je sais si c’est le printemps ou l’automne, s’il a été mouillé par la pluie, s’il a souffert du froid en venant. Je peux distinguer nettement une fourmi à l’autre bout de ma cellule. Je peux entendre les gardiens chuchoter à l’extrémité du couloir, mais je n’y prête pas attention, leurs conversations ne me concernent pas. Je peux distinguer toutes les nuances du goût d’un bol de riz, savoir s’il a côtoyé d’autres aliments, si c’est le même que la veille ou pas. Toutes ces possibilités m’enchantent et m’émerveillent.
Je peux revoir à loisir dans mon esprit le coucher de soleil sur le fleuve, le Gyalmo Ngulchu qui coule aussi majestueusement à des milliers de kilomètres de moi qu’au fond de mon coeur pacifié, de même que les neiges éternelles de nos montagnes sacrées, que dans mon esprit aucun chemin de fer ne traverse. Les Han ont cru me condamner, ils m’ont libéré. Quand la joie paisible de l’éveil me transporte, je prie pour que la compassion éclaire leurs âmes et les illumine à leur tour. Egrenant un mala invisible, je prie pour que chaque homme découvre au fond de lui-même le bonheur indicible qu’il m’est donné de vivre. Je suis le chaud et le froid, l’image et la page vierge, la musique et le silence. Je suis la lourdeur et la légèreté, l’est et l’ouest, le nord et le sud. Je suis le fleuve et la montagne, l’herbe et le yak, l’enfant et le vieillard. Je suis à la fois le maître et l’élève, l’immobilité et l’action, l’immédiateté et l’éternité. Je suis l’arc et la flèche, le mot et la pensée, le dieu et l’humain. Chaque jour j’attends la mort comme une surprise merveilleuse qui m’ouvrira d’autres portes vers d’autres paysages encore inexplorés. Je l’attends sans hâte, comme je vis sans désir. Referais-je aujourd’hui ce geste de révolte ? Cela faisait partie de mon chemin, et le fleuve ne remonte pas son propre cours. Cela devait être, puisque cela a été. Je n’ai pris aucune vie. J’ai dit ce que je devais dire. J’ai l’impression aujourd’hui de lutter pour la liberté de mon peuple avec autant de force et autant de conviction, mais mon combat s’est élargi jusqu’à l’infini. Je prie autant pour les Han que pour les miens, car je suis persuadé que l’hostilité est une erreur, que seul l’amour de l’ennemi peut le transformer en ami, plus sûrement que toutes les guerres. Mon esprit communie avec tous les esprits libérés, pour que la compassion ouvre le chemin de la paix à tous les peuples de la terre.
Narwa Roquen, qui descend de la montagne à cheval

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2007-06-12 19:17:15 

 Petit scarabée... ne tient pas compte des ans!Détails
Tu nous délivres encore un très joli conte, finement ciselé, hautement moral qui, à mon très humble avis, contourne avec une grande élégance les règles que tu avais fixées pour cet exercice, grâce à la poésie toute orientale de ce voyage astral, immatériel ou désincarné. En effet, le souvenir et la maîtrise des techniques des quatre nobles vérités te permettent de t'affranchir des murs de la prison. Un voyage en somme immobile.

J'ai particulièrement apprécié le décor que tu as planté sur un socle à la fois matériel, l'expansion chinoise bassement matérialiste, et spirituel, la résistance passive des tibétains misant sur l'acceptation du ahimsa, fondement de l'enseignement du petit gros à face lunaire (je plaisante!), du Bouddha voulais-je dire!

Dans ce conte, se retrouvent toutes les valeurs que tu défends sans relâche et qui tablent sur la propension de l'homme à être bon ou meilleur. Les images sont fortes et le dépaysement total. J'apprécie aussi l'empathie qui s'en dégage.

Mais, chère Narwa, je crains que les geôles de l'empire du milieu ne soient remplies de voyageurs astraux. La fin du conte est une libération toute mentale du prisonnier. Et si son âme semble avoir atteint le nirvana, je crains fort que les tibétains eux, en tant que peuple ou nation, ne connaissent très bientôt leur parinirvana.

A ma décharge, je n'ai pas fréquenté l'école des Sakyas :les profs m'ont jeté dehors quand ils m'ont vu arriver pour le débat sur la dialectique, armé de mon mobile dernier cri et les oreilles coiffées d'un casque déversant la musique d'un lecteur MP3. Il est vrai que les ondes positives ont du mal à se frayer un chemin, dans ces conditions!

Tu auras compris, je ne crois que modérément dans la capacité de l'homme à devenir meilleur.


Juste une remarque :

je ne suis pas sûr d'avoir compris le sens de la phrase "que seul l'amour de l'ennemi peut le transformer en ami, plus sûrement que toutes les guerres".

M.

Ce message a été lu 3129 fois
Elemmirë  Ecrire à Elemmirë

2007-06-13 08:58:46 

 Chacun croit...Détails
"Tu auras compris, je ne crois que modérément dans la capacité de l'homme à devenir meilleur. ":

Pour ma part, Maedhros, je crois surtout, comme Rousseau, que l'Homme naît bon, avec le besoin d'aimer tous les êtres et d'être aimé de tous. S'il l'a été, il n'y a pas de raison qu'il ne puisse pas le redevenir. Non mais! :p

Sinon, concernant le texte, j'ai vraiment eu l'impression d'être bercée par la parole d'un sage, et pendant que mon corps prenait un petit dej' au Nutella, bassement goinfre, mon esprit a beaucoup apprécié ce voyage... Merci, Narwa!

Elemm', lectrice du matin

PS: Quant à moi, il n'y a plus de devoir de prépa le mercredi aprèm, alors je ne suis pas sûre d'avoir le temps d'écrire ma participation... Anonymer le Bac, c'est autrement plus prenant :)

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2007-06-13 10:05:26 

 Chocolat...Détails
Ah, le rousseauisme!

Si je me rappelle bien, dans le Contrat Social, JJ Rousseau avait constaté néanmoins que l'homme, lorsqu'il abandonne l'état de nature (cet état, depuis le jardin d'Eden, n'a plus donné signe de vie) abandonne également totalement l'ensemble de ses droits à la "communauté" à laquelle il appartient désormais. D'où la naissance du contrat social qui élève l'intérêt général au-dessus des volontés individuelles. Or, l'intérêt général est celui qui est quelques fois le moins partagé.


Je penche plutôt pour Nietzsche quand il dit que "le plaisir et la douleur sont des conséquences, des phénomènes concomitants ; ce que veut l'homme, ce que veut la moindre parcelle d'un organisme vivant, c'est un accroissement de puissance. Dans l'effort qu'il fait pour le réaliser, le plaisir et la douleur se succèdent ; à cause de cette volonté, il cherche la résistance, il a besoin de quelque chose qui s'oppose à lui;" Tout est dit.


Cela dit, Elemmire, il est vrai que lorsqu'on mange du chocolat, le cerveau secrète des endomorphines, substances ô combien euphorisantes et apaisantes dont les effets sont proches de ceux de l’opium, toutes choses étant égales par ailleurs!

Et ça, un hédoniste apprécie!


M

(définition de l'hédonisme libéral : le plaisir pour moi, la douleur pour les autres)

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Fladnag  Ecrire à Fladnag

2007-06-13 13:05:50 

 remarqueDétails
Maedhros a dit :

je ne suis pas sûr d'avoir compris le sens de la phrase "que seul l'amour de l'ennemi peut le transformer en ami, plus sûrement que toutes les guerres".



Je comprends cette phrase comme :

C'est en aimant ses ennemis qu'ils deviennent des amis et non en leur faisant la guerre.

Fladnag, qui aime bien cette philosophie aussi

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2007-06-13 14:59:23 

 re-mark-able...Détails
Làs, j'avais cru bêtement comprendre que la guerre pouvait faire que des ennemis deviennent amis mais que l'amour y arrive plus certainement...

Cela doit être mon côté obscur qui m'a une nouvelle fois trahi.


De là ma remarque...


M
Dark Va-dehors!

(ffoooouuuu...Luke, je suis ton père....uuuuuoooffff).
Tu veux une valda?

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Fladnag  Ecrire à Fladnag

2007-06-13 15:26:25 

 guerre et paixDétails
Et bien, forcement, a moins que celle ci se termine sur un épisode sanglant (mais ils sont en général resteint a la pietaille et ne touchent pas les chefs), une guerre est suivie d'une paix... donc d'anciens ennemis "pourraient" devenir amis... mais ce n'est pas le meme genre d'amitié que celle obtenue par l'amour ;o)

Luke, je suis... (chargement tres lent ;o)

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2007-06-13 16:25:09 

 Cohors praetoriaDétails
INVITATION


Maedhros et ses frères ont la joie de vous inviter à lever le verre de l'amitié en toute simplicité pour sceller la fin de la guerre avec nos frères les Orques de la montagne noire.

Trois cent mille personnes attendues! Simarils et anneaux de puissance exigés. Lambas & coeurs frais à gogo servis par les hobbits de la Comté. Exceptionnellement pour la fête, les Valars de Valinor organisent une journée "Portes Ouvertes". N'oubliez pas de vous munir de votre billet pour la croisière offerte par les Teleri jusqu'à leur port d'Alqualondë.

Grand concours de lancer de baton animé par Saroumane avec l'aimable participation des Ents de la forêt de Fangorn.

Musique à volonté avec la troupe du célèbre Beren (à la guitare, Dior et au chant la non moins divine Luthien). Un numéro extraordinaire de claquettes devrait être proposé par Ungoliant qui tiendra ensuite un atelier de tissage et couture sur peau!

Permission de sortie exceptionnelle accordée par Mandos pour la nuit de la fête (n'oubliez pas de revenir aux cavernes après).

Il parait même que Morg_o_t_h devrait faire une apparition après minuit avec son Gang Band!

Venez nombreux...cela sera orques and roll!!

M

qui délire grave

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2007-06-13 17:58:22 

 Qui a dit que cela ferait un beau thème d'exercice pour la WA?Détails
Je blague!

M

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2007-06-13 18:27:29 

 Commentaire Maedhros, ex n°17Détails
Pourquoi tes textes ne sont-ils jamais faciles ? Je commence à m’habituer à tes jeux de piste, mais ici le fil est ténu... J’avais pensé à Hannibal Lecter, mais il manque le cannibalisme et ses victimes n’étaient pas toutes des femmes. Un cousin ? Serial killer, bon, psychopathe limite schizophrène – ou ce sont les drogues ? Est-ce une camisole chimique ? Au point de ne pas pouvoir fermer les yeux ? S’il peut voir le mur d’en face, c’est qu’il est assis, ou alors, soulevé par des oreillers... J’avais pensé aussi au locked-in syndrom, mais il y a un contexte psychiatrique qui ne colle pas. Tu parles de peine et de sentence, mais les juges ne l’ont pas condamné... Là, tu as réussi à m’égarer !
Mais peut-être un de nos astucieux lecteurs pourra tout m’expliquer... (Ils sont épatants, non ?)
J’aime bien la manière dont tu fais parler ton personnage, ce côté un peu enfantin qui évoque si bien le clivage, cet isolement, à la fois subi et recherché, ces terreurs latentes qui rôdent, qui n’ont rien à voir avec les regrets... C’est très dérangeant... Preuve de la maîtrise du style...
Juste un détail technique : « Sans m’en rendre réellement compte, le visage... » Je pense que « Sans que je m’en rende réellement compte ...» serait mieux, puisque l’autre partie de la phrase ne commence pas par « je ».

A quand un texte ludique ? Enfin, léger... Enfin... gris pâle ?
Narwa Roquen,un peu débordée par cette ta(â)che...

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2007-06-13 19:40:23 

 Dans la tête de....Détails
En fait, l'histoire se base librement sur plusieurs éléments cliniques :

a) il s'agit effectivement d'un schizophrène, mais de la forme la plus grave, le schizophrène paranoïde.

En quelques mots, le malade est victime d' hallucinations visuelles très fréquentes. Elles ont quelquefois un aspect onirique rappelant l’onirisme toxique : lueurs et projections colorées, visions d’ombres et de fantômes, de mains ou de têtes grimaçantes, de visions cinématographiques : hallucinations macabres (souterrains pleins de cadavres) ou symboliques . Bref, un joyeux drille!

b) il a un lourd passé criminel, de type serial killer avec une monomanie sur la gente féminine ( impossibilité à être aimé?)

c) capturé, il est déclaré irresponsable pénal, car en France, l'article 122-1 du code pénal énonce : « N'est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes. »

Par conséquent, les personnes déclarées irresponsables en raison de troubles mentaux font l'objet, selon le stade auquel l'irresponsabilité est constatée, soit d'un non-lieu de la part du juge d'instruction, soit d'une décision d'acquittement ou de relaxe prononcée par la juridiction pénale. Il peut même arriver que le parquet renonce à engager des poursuites contre un délinquant dont l'irresponsabilité ne fait a priori aucun doute et classe sans suite les procès-verbaux d'infraction.

Lorsque la déclaration d'irresponsabilité concerne une personne susceptible d'être dangereuse pour la collectivité, une mesure d'internement peut être prise à l'issue d'une procédure purement administrative. Dans ce cas, le code de la santé publique oblige en effet les autorités judiciaires à aviser le préfet, qui doit prendre « sans délai toute mesure utile ». Le préfet peut par exemple décider une hospitalisation d'office, tout comme il le ferait pour un malade mental n'ayant commis aucune infraction, car il n'est pas lié par la décision judiciaire ayant conclu à l'irresponsabilité pénale.

D'où la sentence (internement ad vitam eternam) et l'absence de condamnation!

d) le serial killer, déjà schizo parano, est affligé (repentir inconscient, remords, auto-flagellation?) enfin d'une crise aigue de catatonie. dont les caractéristiques sont :

• Négativisme : Cela peut comprendre,un refus du regard, un mutisme, une anorexie, un apragmatisme total. ( Langage oral expressif suspendu ou mutisme).
• Catalepsie et conservation des attitudes.
• Hypertonie et contractures : le patient garde les attitudes imposées par autrui même lorsqu'elles sont inconfortables
• Aspontanéité, inertie motrice, perte du mouvement

Et sous la forme d'hébéphréno-catatonie : le malade est victime en outre de la dissociation des fonctions psychiques, une perte de l’unité de la personnalité et une rupture du contact avec la réalité) dans laquelle il perd toute initiative et ne bouge pas.

L'imagination a fait le reste!

Bon, après ce moment de légèreté et de grâce, vous reprendrez bien un peu de Nutella?

M

non, pas sur la tête!

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2007-06-13 19:54:10 

 Voilà la cavalerie....Détails
"On pose la question de savoir si l'homme est par nature moralement bon ou mauvais. Il n'est ni l'un ni l'autre, car l'homme par nature n'est pas du tout un être moral ; il ne devient un être moral que lorsque sa raison s'élève jusqu'aux concepts du devoir et de la loi.

On peut cependant dire qu'il contient en lui-même à l'origine des impulsions menant à tous les vices, car il possède des penchants et des instincts qui le poussent d'un côté, bien que la raison le pousse du côté opposé.

Il ne peut donc devenir moralement bon que par la vertu, c'est-à-dire en exerçant une contrainte sur lui-même, bien qu'il puisse être innocent s'il est sans passion. La plupart des vices naissent de ce que l'état de culture fait violence à la nature et cependant notre destination en tant qu'homme est de sortir du pur état de nature où nous ne sommes que des animaux. "

M...... anuel Kant

fallait oser!

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z653z  Ecrire à z653z

2007-06-13 22:19:34 

 cela méritait évidemment une...Détails
explication de texte...

Sinon c'est bien construit mais ça manque de détails ;)

z653z, même pas peur.

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Netra  Ecrire à Netra

2007-06-13 23:35:33 

 WA-participation-exercice n°17Détails
Le Rêve de Tan


Note : ce texte raconte le rêve de Tan quelques années après son "exécution" c'est-à-dire son endormissement forcé et éternel. Pour plus de détails, voyez la nouvelle "Riv ha Tan, dans la Librerie...

Cette étreinte... L'oppression du néant. Elle m'avait souvent prise, enfant, aux portes du sommeil.
J'ai peur.
Où suis-je ? Je ne vois rien, n'entends ni ne sens rien que cette obscurité, ce silence, rien que le vide, le vide, partout, en et hors de moi, si seulement la grâce m'est encore donnée d'exister...
Oh, par tous les Anges !

Où suis-je ?
Dans quel abominable cauchemard me suis-je donc égaré ? Mais je délire, qu'ai-je donc à m'emporter ainsi ? Bientôt ce sera le matin, et Riv me réveillera... Comme tous les matins... Je la trouverai à mes côtés, belle et scintillante, avec sur les lèvres ce si joli sourire qu'elle a au sortir de ses rêves... Et moi, je lui dirai que je l'aime...

Non.

Je ne me réveillerai pas.
Plus jamais je ne me réveillerai.
Ce n'était qu'une illusion, une illusion comme tant d'autres... Comme le bonheur, et comme l'avenir...
J'ai le coeur qui se serre, qui se broie et qui explose, j'ai la peau qui me brûle, tout le corps qui me tue, d'angoisse, de haine, de désespoir qu'en sais-je, j'ai mal...
Tellement mal...
Je ne me réveillerai pas.
Et je hais cette certitude. De toute mon âme, si tant est qu'il en reste quelque chose en ces lieux qui n'existent pas.
Je ne verrai plus jamais Riv me sourire, plus jamais je ne l'étreindrai... Oh ! J'ignorais qu'il y eut plus vide que le néant.
Et pourtant.
Plus vide.
Plus cruel.
Il y a l'absence.
La tienne.

Riv.

Oh soyez maudits, tous maudits ! Vous mes aïeux et votre orgueil, toi, Lucifer, et tes jugements, toi, Elvaë, et ta rancune, ta rancune de femme, ta rancune de reine...
Je vous hais.
Tous.
Et moi avec.
Sauf toi.

Oh, Riv...

Cent, mille, des milliards de fois j'aurais souhaité être mortel, mortel à ton image, et que nous soyons réunis dans la mort puisque nous ne le pouvions dans l'éternité.
Comme j'ai été stupide, comme je regrette... Pourquoi ai-je espéré alors que déjà j'avais passé le point de non-retour ? Pourquoi ai-je désiré la gloire et le pardon quand j'avais choisi la honte et l'exil ? Je t'avais choisie toi... C'était toi ou le reste, et je t'avais choisie...
Que n'ais-je douté ?

J'entends... quelque chose...
Il y a donc quelque chose en ce cauchemard ?
Quelque chose en ce néant ?

Il y a un enfant qui chante dans le noir.

Un enfant qui chante une berceuse...

"Toutouig la la va mabig, toutouig la la..."

Cette berceuse... Elle s'éloigne... Elle s'en va... Cette voix... On dirait celle de Riv, en plus jeune... J'ai peur ! Ne me laisse pas !
Ne me laisse pas !

Riv !


Riv !!!



Riv !!!




- Ainsi, voici mon père ?
- Oui, mon capitaine.
- Merci, Arkall. De ce que tu as fait, surtout.
- N'en faites rien, mon capitaine. C'était le dernier acte d'Arkall fils d'Anarzh, Dauphin des Citadelles.
- Qui donc sortira d'ici en ce cas ?
- Arkall, capitaine en second de l'Eon. J'ai lié mon destin au vôtre. Je suis comme vous, désormais. Sans peuple ni patrie.
Ils se sourirent. Arkall sentit se refermer sur son épaule une main palmée, petite mais ferme. Ils firent volte-face et s'éloignèrent sans se retourner des couches où gisaient, côte à côte, Anarzh et Tan, le roi et le guerrier. Au moment où ils passèrent la porte basse de la Maison, Arkall ajouta :
- Mon capitaine, quand vous chantez... Votre voix ressemble terriblement à celle de votre mère.

MorgaNetra, qui a poussé 30 secondes son exo de maths

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Elemmirë  Ecrire à Elemmirë

2007-06-14 07:42:03 

 Screugneugroumpf d'exo de maths!Détails
Je suis ravie que tu l'aies poussé un instant... J'aurais presque envie de te dire qu'on s'en fiche, de ces maths, continue à nous écrire!!

Mais bon, soyons raisonnables, c'est du sérieux, les maths... Oui mais qunad tu écris, ça colle des frissons partout. Merci, Netra! :)


Elemm', qui n'a pas eu le temps mais qui essaiera de se rattraper, si elle peut!

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Elemmirë  Ecrire à Elemmirë

2007-06-14 07:50:43 

 Morale et amourDétails
Merci pour cette promenade dans mes vieux cours de philo ^^

En fait, je n'avais pas envisagé la question de la morale, mais la question de l'amour. Après, que l'homme civilisé ait décrété que l'amour était plus moral que la haine, c'est autre chose, et ça pourrait même se remettre en question. Je constate simplement que l'humain sans amour ne se développe pas pleinement, son cerveau s'atrophie (cf Boris Cyrulnik), son caractère et son comportement sont moins stabilisés, l'angoisse l'étreint, l'avancée dans la vie est plus difficile, son désir et sa capacité de survie sont amoindris, pour faire court (je n'entre pas dans le débat du "réparable" ou "irréparable" dégât causé par le manque d'amour, à partir de quand, jusqu'à quand et jusqu'à quel point).

L'amour est donc, à mon sens, une donnée, si ce n'est LA donnée nécessaire à la vie. La morale, là-dedans, n'est qu'un détail à mon sens.

Elemm', l'amour, l'amour, toujours l'amour...

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Elemmirë  Ecrire à Elemmirë

2007-06-14 08:03:26 

 *se ressert en Nutella*Détails
et lis ces explications avec attention. Cours de psychocriminologie n°1, passionnant, ça
:)

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Netra  Ecrire à Netra

2007-06-14 17:50:29 

 *rougis jusqu'aux oreilles* (ça fait un teint violet)Détails
Merci Elemm', ce genre de compliments ça encourage vraiment !!! Mais je te rassure, je continuerai toujours à écrire, la preuve !!!

Allez, mardi c'est fini, je reviens vous embêter... et commenter. Et faire une partie des WA que j'ai pas fait (pardon Narwaaaaaa). En attendant, y'a de la SI qui me regarde méchamment...
MorgaNetra, exams J-1

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2007-06-15 17:48:59 

 Commentaire MorgaNetra, ex n°17Détails
Je suis restée un moment perplexe devant cette histoire. Car comment savoir quelle conscience de soi peut avoir un individu plongé dans un sommeil artificiel qui s’apparente à un coma ? Tu as choisi de lui garder des souvenirs, dont celui de sa condamnation ( « je ne me réveillerai pas »), des sensations physiques « j’ai la peau qui me brûle »), et des sentiments encore violents, même après des années. Je me dis qu’il y a de quoi devenir fou ! Et que c’est une torture digne de l’Enfer de Dante... Alors si tu te mets à rivaliser de noirceur avec Maedhros, je vais avoir du mal à garder ma joie de vivre, d'autant que le temps est pourri...
Par contre j’aime beaucoup la fin, sans doute parce qu’une étincelle de vie dans ce contexte pesant apparaît comme un soulagement...même si pour le héros c’est une souffrance supplémentaire...
Juste un détail : « cauchemardesque » existe, mais on écrit cauchemar, sans d . Fantaisies de la langue française...
En tout cas j’ai été ravie de te revoir parmi les participants à la WA !
Narwa Roquen, heureuse de vivre par principe et par vocation, na!

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Elemmirë  Ecrire à Elemmirë

2007-06-15 21:21:27 

 WA, exercice n°17, toujours mieux que rien!Détails
Que voulez-vous entendre...?
Regardez-moi... Regardez ce vieux corps allongé là, qu'on veut user jusqu'à la corde. Je patiente là-dedans, voilà tout. Combien de temps...
Combien...?
Ce n'est pas que je sois suicidaire ou pressée d'en finir, non, si j'étais curieuse de la mort je me serais impatientée depuis bien longtemps... Elle m'indiffère, tout comme je l'indiffère, voyez-vous. Elle m'a peut-être même oubliée. Elle me laisse pourrir ici, occuper un lit, ça donne du travail à ce monde qui va et vient dans la pièce, réglé comme une horloge, repas, soins, pour quoi faire...
Je mange pour ne pas gâcher, j'ai manqué souvent vous savez, mais je n'ai plus de plaisir à ça, non, je ne sais même plus ce que c'est. J'ai oublié tout ça...
Parfois quand je vois la lumière sous les volets, j'ai une impression imperceptible et fugace, un prémisce de sensation qui s'approche de mon esprit, se penche sur le rebord, et puis qui s'enfuit pour ne pas tomber dans les méandres de mon cerveau en ruines. Comme un mot sur le bout de la langue, moi j'ai des miettes de sensations sur le bout des synapses, mais rien ne vient jamais vraiment, maintenant. Alors je mange par principe, je dors par lassitude, quand mes yeux se ferment, et puis rien ne se passe, je ne rêve plus, de quoi alimenterais-je ces histoires?
Mes yeux s'ouvrent un peu plus tard, et je me dis souvent "Ah, encore raté... Ca sera peut-être pour la prochaine nuit...". La mort, vous savez, c'est peut-être mieux que ce rien où je respire. Je leur ai dit cent fois, mais mes paroles sont comme des chants d'oiseau, on les entend et puis on ne cherche pas à comprendre. Je n'ai plus l'âge d'avoir du sens, vous comprenez... Je n'ai plus l'âge de vouloir. Même si je voulais mourir, ce ne serait plus de mon âge de désirer. Enfin, ce n'est pas bien important, n'allez pas croire que je leur en veux, non, c'est ainsi et ça ne mérite pas qu'on s'y attarde, ils font leur travail, ils pensent bien faire, voilà tout... Après tout, ils ont un peu raison, je n'ai plus rien à dire... Dire quoi? Rien que de penser, cela m'épuise. Je n'ai rien à enseigner, ils apprendront bien assez tôt. Moi, j'attends sagement que ça vienne. Un jour, ça s'éteindra bien, tout de même, ou ils finiront par me décréter morte, je ne protesterai pas. Un petit arrangement, comme ça, entre nous...

Ah, cette carcasse vide qui traîne sur ce lit... Moi, au fond, je n'y suis plus vraiment, après tout... Dormir un peu... Peut-être ce sera la bonne, cette fois...


Elemm', qui a un peu dévié, qui est un peu en retard, qui a fait un peu vite, qui a fait un peu court, mais c'est mieux que rien!!!

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2007-06-16 09:36:06 

 Déficit coroporel irréversibleDétails
Pfou...ce texte court-circuite le thème mais de quelle manière! Une seule règle est respectée, au sens littéral : il ne se passe rien...il ne se passera d'ailleurs plus rien à tel point que le néant semble plus facile à accepter que le maintien de cet état végétatif. Dans cette prison à perpétuité, le prisonnier réclame la peine capitale!

Un texte comme je les aime...noir, noir et sans espoir. Chapeau bas...

Tiens, sais-tu quel est le sens qui semble être le dernier à s'éteindre lorsque l'heure a sonné : l’ouie.

M

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2007-06-19 19:54:57 

 Commentaire Elemmirë, ex n°17Détails
Le thème est parfaitement respecté : un corps âgé peut être vécu comme une prison, et même s’il n’y a pas d’action, la lecture du texte est prenante.
J’aime beaucoup le passage « parfois quand je vois la lumière... » Les mots sont très bien choisis pour décrire cette atténuation de la réalité, cet affadissement progressif des perceptions. Très juste aussi est ce regard lucide et désabusé où la résignation apparaît comme la forme la plus évoluée du désespoir. « Mes paroles sont comme des chants d’oiseaux... »

Par contre ce texte suscite beaucoup de questions :
- Qui est cet interlocuteur à qui s’adresse le personnage ? Dans le texte de Maedhros, le personnage est dément : il peut donc parler à une présence imaginaire, cela ne choque pas. Mais cette personne âgée, quoique délabrée physiquement, ne semble pas délirante.
- Le personnage décrit son état, mais aucun souvenir n’affleure. A-t-elle perdu la mémoire ? Il me semble que même chez les grands séniles existent des bouffées de réminiscences du passé ancien. Je me trompe ?
- Il n’est fait mention d’aucune douleur, tu parles seulement de soins. Si cette personne est dépendante de l’entourage, c’est qu’elle ne se déplace plus. La met-on au fauteuil ? Reste-t-elle couchée ? A-t-elle des escarres, des raideurs, voit-elle un kiné ?
- « Je mange pour ne pas gâcher » : Mange-t-elle seule ? Peut-elle encore mâcher ? A-t-elle des aigreurs d’estomac, des problèmes de transit ( préoccupation majeure des personnes âgées) ?
- Je m’insurge un peu contre ton « même si je voulais mourir, ce ne serait plus de mon âge de désirer ». La phrase est belle, mais. Dans quelle mesure l’attente quotidienne de la mort ne se teinte-t-elle pas d’une part de désir... Ca se discute !
- Enfin, je suis embêtée par ton « prémisce » : dans le dico, il y a une « prémisse », nom féminin, le plus souvent employé au pluriel qui signifie : point de départ d’un phénomène, ou bien proposition, affirmation entrant dans une démonstration dont on tire une conclusion (les prémisses d’un avenir, la prémisse d’un syllogisme), et les « prémices »,nom féminin toujours au pluriel,signifiant :début, commencement, première manifestation d’un processus ou d’un phénomène( les prémices d’un talent). Je parierais plutôt sur « prémices » : qu’est-ce que tu en penses ?

Bon, visiblement tu es allée un peu vite. Il y a d’excellentes choses, et des zones d’ombre quand la clarté est restée dans ta plume. Mais malgré ça, la sensation de malaise ressentie par le lecteur est bien réelle...
Narwa Roquen, ras le bol des thèmes noirs!

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Elemmirë  Ecrire à Elemmirë

2007-06-20 08:39:23 

 Euh, ben, c'est à dire que...Détails
Concernant l'interlocuteur, je ne me suis même pas posé la question, hu hu hu. J'ai écrit comme c'est venu! D'autant plus qu'à la réflexion, le fait qu'elle ait un interlocuteur contredit sa solitude: je voulais que le monde extérieur soit perçu par elle comme vraiment lointain, hors d'elle, fonctionnel, et que rien ne la rattache à eux. Si je veux faire entrer une lueur d'espoir, je pourrais dire que c'est la première séance avec un psychologue... ^^
Concernant le passé, c'est par contre volontaire. J'ai failli la faire parler de ses enfants et petits enfants qui l'avaient oubliée eux aussi, et qui la renvoyaient de ce fait dans un état d'entre deux, pas vivante puisque personne ne pense à elle, mais pas morte puisque la mort n'a pas non plus daigné s'en occuper. J'ai hésité, et puis j'ai choisi de supprimer même leur évocation. Je voulais que vraiment rien ne la rattache plus au monde, elle est simplement enfermée là et elle attend. Je sais que c'est pas gai, mais je ne voulais pas rentrer dans le récit d'un passé, j'ai considéré que la lassitude ne lui donnait même plus envie de se rappeler les bons moments (peut-être pour la prochaine séance?).
Idem pour la douleur, c'est un choix. J'aurais peut-être dû préciser plus, c'est vrai, pour moi elle est couchée tout le temps, elle ne sort pas de son lit, mais je n'ai pas voulu lui donner des douleurs parce que la douleur est une sensation vive, qui s'oppose à l'ambiance que je voulais donner: plus rien ne lui arrive de vif. Hm, si j'avais eu le sérieux de Maedhros, je serais allée chercher dans les bouquins quel type d'affection pouvait la paralyser sans douleur... Ce n'est pas le coma puisqu'elle voit le monde autour, je me demande même si ça existe, mon truc! :s

Pour ce qui est de manger, je n'y ai pas bien réfléchi non plus, je crois que je la voyais manger avec assistance, mais je n'ai pas trop approfondi déjà dans ma plume...

Pour la question de l'attitude face à la mort, l'ambivalence est volontaire: elle nie vouloir mourir, mais dans tout ce qu'elle dit, elle n'attend plus que ça; elle dit ne pas leur en vouloir quand ils ne l'écoutent pas, parce qu'elle a baissé les bras, mais ça rend son attente un peu plus sombre encore. L'ambiance de "rien ne se passe, rien ne l'atteint" est surtout donnée par son point de vue, parce qu'elle refuse d'être touchée, elle refuse l'idée qu'elle puisse ressentir, désirer, vouloir, etc. En fait, on pourrait même envisager qu'elle n'a pas d'affection physique, et que c'est une grande dépressive qui est dans cet état par désespoir seulement.

Enfin, concernant les prémis/ces.... Alors là... Je n'ai pas regardé mon dico en écrivant, j'avais un doute sur l'orthographe mais j'ai fait vite! En effet, le sens est plus proches des prémices, mais je ne savais pas que c'était féminin, ni qu'on était obligé de le mettre au pluriel. Zut alors, j'aimais bien le singulier... Mais va pour le féminin! Merci pour cette leçon de français :)

Elemm', qui apprend beaucoup de sa copie rapide!

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2007-06-20 16:16:55 

 Question pour un champion...Détails
Il y a une affection tout à fait naturelle qui paralyse "sans douleur" les personnes très âgées, c'est le syndrome d'immobilisme.

Selon une étude canadienne, une personne alitée en maison de retraite "n'a droit" qu'à 120 secondes de communication verbale par 24 heures. On doit trouver le temps un poil longuet...

Or, une communication verbale paraît suffisante pour interrompre les effets de ce syndrome qui enferment la personne dans une bulle de silence et d'immobilité, partagée entre son lit et son fauteuil.

M

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Elemmirë  Ecrire à Elemmirë

2007-06-20 21:38:19 

 Et toi, tu peux le faire pousser...?Détails
... l'arbre à macaronis?

Zut alors, c'est moi la future gérontopsychologue, et j'ai pas ça dans mes fiches. Merci pour cette précision, je pense qu'on peut constituer une équipe Fladnag/Maedhros pour le championnat du monde de Question pour un Champion!

Elemm', impressionnée

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2007-06-21 11:05:05 

 Pas peur du placard...Détails
J'ai déjà les bijoux en caoutchouc, la branche de l’arbre à macaronis.

Il ne me reste plus qu'à attraper la grenouille à cheveux.

M

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