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De : Estellanara  Ecrire à Estellanara
Page web : http://estellanara.deviantart.com/
Date : Lundi 5 fevrier 2007 à 12:34:57
Et hop, ma participation, en retard comme d'habitude. La faute à mes examens, cette fois-ci.
Je ne me suis pas pliée à toutes les règles. Notamment, j'ai défini la personnalité de mes personnages car c'est ce qui m'intéresse le plus quand je crée mes héros. Je leur ai aussi donné un nom car c'était plus pratique.
C'est un ptit texte sans prétention mais je vous le livre tout de même, vu qu'on est là pour s'entrainer.
Je ne sais pas si je participerai à l'exercice en cours car j'aimerais avancer sur un autre projet.
Mes excuses au passage pour mon absence de critiques ces temps-ci. La faute à pas le temps. Sachez toutefois que je lis tout avec attention.

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Comme tous les matins, le cafard faisait le tour du château en quête de nourriture. Il avait jusqu’alors esquivé l’agression de deux pigeons et d’un jardinier et la journée se présentait sous les meilleurs auspices. Les antennes virevoltant au ras du sol, il trottinait avec allégresse sur les graviers de l’allée.

Au dessus de la pelouse du parc, dans un ciel d’azur, un nuage isolé aux formes rebondies crachait une averse de grenouilles. Le cafard l’ignorait –en effet, il avait du interrompre prématurément ses études pour nourrir une famille nombreuse et était par là-même peu instruit- mais cette précipitation bizarre était la conséquence directe du trou dans la couche d’éther. En effet, la planète était entourée d’un flux ésotérique éthéré très puissant qui maintenait un équilibre naturel. Les mages, plus soucieux de leur course au pouvoir et de leur confort matériel que de respect de l’environnement, avaient progressivement déstabilisé le flux par leurs nombreux sortilèges, jusqu’à ce que se forme le sus-nommé trou.

Il en résultait une instabilité générale de la réalité. Dans le royaume d’Amphibolie, la température extérieure pouvait subitement augmenter ou diminuer de vingt degrés, les accordéons devenaient parfois des bombardons, un escalier normalement conçu pour descendre pouvait soudain inverser sa polarité et vous conduire en haut.

Mais tout cela préoccupait fort peu notre cafard. Au détour d’un troène taillé en forme de casserole, une délicate odeur de camomille lui flatta les récepteurs olfactifs. Léa était assise sur un banc de pierre et elle pleurait comme une fontaine. La Dame avait tiré un mouchoir en dentelle rose de sa robe de soie rose à rubans roses et s’épongeait les yeux en hoquetant. Ses jupes à froufrous et volants, roses eux aussi, étalées autour d’elle, la faisaient ressembler à une gigantesque meringue pastel.

Le cafard s’approcha prudemment et esquiva une grosse goutte salée qui alla s’écraser sur le gravier avec un floc. Compatissant, il escalada le banc et partit à l’assaut des flots de taffetas églantine. Dérapant de ses six pattes sur l’étoffe glissante, il arriva bientôt au genou de la jeune fille et il émit un stridulement pour attirer son attention. La Dame cessa aussitôt de pleurer et releva brusquement la tête, faisant voler ses longues tresses blondes. Elle fixa le cancrelat de ses grands yeux humides, couleur d’aigue-marine :
- Bonjour, petit animal, snif. Mais tu es tout mignon !
- Sriii...
- Viens ici que je te fasse un gros poutou !

Et sur ce, elle se saisit du cafard. Celui-ci se débattit avant de s’abandonner aux débordements de tendresse dont il était l’objet. Quand la Dame le reposa enfin, il était couvert de rouge à lèvre rose nacré. Tandis qu’il se frottait les élytres, son interlocutrice entreprit de lui relater ses malheurs. Elle reniflait toujours mais la couleur était revenue à ses joues et sa bouche pulpeuse esquissait un sourire.

Léa était très jeune et la nature lui avait donné en tour de poitrine ce qui lui manquait en quotient intellectuel. Son visage affichait soit une satisfaction béate soit une incompréhension étonnée quand quelque chose lui échappait, ce qui arrivait souvent. Elle trébuchait fréquemment en marchant, ce qui nuisait un peu à la grâce minaudante de son allure. Elle cassait aussi pas mal de choses, notamment les pots de fleurs, à chaque fois qu’elle ouvrait une fenêtre. En parlant, elle avait coutume de pencher la tête sur le côté, pour mettre en contact ses deux neurones disaient les mauvaises langues.

Elle était belle, cependant, avec des traits fins et réguliers. Elle avait de longs cils ourlés, des lèvres vermeilles et un petit nez retroussé. Ses longs cheveux dorés étaient noués de rubans. Le cancrelat se dit qu’elle n’était pas mal pour une mammifère. Cependant, elle continuait de sa petite voix flûtée :
- ...et c’est là qu’il a dit que je n’étais qu’une cruche. Ce qui n’est vraiment pas gentil, hein ?
- Shrrr... répondit le cafard avec toute la réprobation dont il était capable.
- Alors, moi, j’étais très triste. Heureusement que tu es venu me consoler ! Tu veux être mon ami ? Comme ça, je pourrai te câliner et te chouchouter. Je te ferai de jolis petits vêtements roses. Et on jouera à chat perché. Et on mangera des macarons.
Ce dernier argument emporta l’adhésion de l’insecte et il sauta dans la poche de la Dame. Celle-ci se leva, et, se prenant les pieds dans sa robe, manqua s’étaler sur le sol. Elle émit une série de gloussements et se remit en route vers le château. En route, elle abreuva le cafard de son babil, dans lequel les mots « choupoutou, kikinou et roudoudou » revenaient fréquemment. En montant les marches du perron, elle accrocha une vasque qui se brisa avec fracas. Sans y prêter grande attention, elle pénétra dans le salon en poursuivant son intarissable bavardage :
- Nous ferons aussi du thé. Et tu ne devineras jamais quelle couleur de macaron je préfère ? Les roses !
Si le cafard avait eu des épaules, il les eut volontiers haussées.


Quelques heures plus tard, c’est un cancrelat gavé de sucreries qui traversait la salle d’armes en quête de nouvelles aventures. Le carrelage en damier luisait faiblement sous ses pattes et quelques dalles changeaient de couleur sous l’influence des perturbations magiques. Sur les murs ornés de râteliers et de boucliers, certaines armoiries représentaient maintenant des éléphants roses. Le cafard entendit un bruit étouffé et se dirigea vers sa source. Le murmure devint bientôt compréhensible :
- ...peut faire confiance à personne... sont tous après moi, je le sais. Ils me surveillent et attendent le bon moment pour me sauter dessus. Ils veulent le trône. Mais ils ne m’auront pas !

L’insecte reconnut le prince Aldebert du Plessis de Montcarré de Rochefaucon de Sainte-algue, que beaucoup de gens surnommaient Al. Assis sur un coffre de chêne, ce dernier jouait nerveusement avec un poignard tout en monologuant à voix basse. C’était un jeune homme de grande taille, mince et athlétique. Mais il se tenait voûté et son regard était fuyant, passant rapidement de la porte aux fenêtres puis de nouveau à la porte. Ses yeux étaient pâles, presque transparents et son teint cireux. Il était vêtu avec une élégance soignée, d’étoffes luxueuses. L’ensemble de sa mise était d’une propreté rutilante que le cafard jugea malsaine.

Le prince portait un pourpoint turquoise brodé de fils d’or, sur des chausses de mêmes couleurs. Sur sa hanche, reposait un lourd fourreau de cuir d’où sortait un pommeau scintillant, en forme de dragon. Il avait également une dague dans chacune de ses bottes, des étoiles de lancer dans sa ceinture et, en cas d’urgence, un poignard sous sa tunique.

Il portait régulièrement la main à la délicate couronne dorée incrustée de gemmes bleu-vert qui ornait sa chevelure aile de corbeau, aux boucles soyeuses. Puis, il lissait soigneusement sa fine moustache et son bouc taillé en pointe. Ses sourcils étaient froncés et des rides barraient son noble front tandis qu’il murmurait :
- Ils ont déjà essayé de m’avoir. Mais je me suis montré plus malin qu’eux, haha ! Me jeter des pots de fleurs, quelle bassesse...
Un tic nerveux agita un instant sa paupière à l’évocation des tentatives d’assassinat auxquelles il avait échappé. La porte de la salle d’armes grinça et Aldebert bondit sur ses pieds en poussant un cri perçant. Une vieille femme en tablier entra en portant un seau d’eau savonneuse et une grande quantité de serpillières. Elle jeta un regard désabusé au jeune héritier qui la menaçait de son épée et esquissa une révérence. Puis, elle lui tourna le dos et entreprit de décrocher les haches de guerre pour les astiquer.

Le prince se rassit en faisant de gros efforts pour calmer ses tremblements. Il se composa une attitude qu’il espérait calme et digne, tout en gardant un oeil sur la femme de ménage. On ne sait jamais qui les comploteurs pouvaient recruter et il ne pouvait se permettre de négliger une traîtrise potentielle. Il avait d’ailleurs pour habitude de se déplacer en rasant les murs, de se retourner fréquemment et de faire goûter sa nourriture par son cheval. Du coups, il se nourrissait principalement d’avoine et de carottes.

La vieille femme termina son travail et sortit. Pendant ce temps, le cafard avait fait le tour du propriétaire sans trouver quoi que ce soit à manger et les macarons lui semblaient déjà un lointain souvenir. Comme il trottinait de nouveau vers le prince, le flux magique eut un brusque hoquet et, avec un pouf sonore, le cancrelat grossit brusquement pour atteindre la taille d’un yorkshire. Aldebert posa les yeux sur l’animal et de sa bouche s’échappa un hululement qui enfla bientôt en hurlement. Ses joues prirent une teinte verdâtre et ses cheveux se hérissèrent légèrement. Il glissa du coffre, atterrit sur le postérieur et fit quelques mouvements de pédalage dérisoires pour tenter de s’éloigner du monstre dictyoptère. Dérapant à reculons sur le carrelage, il se précipita vers la porte et la referma derrière lui.

Après avoir enfilé en courant plusieurs couloirs, il s’arrêta, hors d’haleine et, claquant des dents :
- C’est de la ba...ba...barbarie ! Ils ne recu...culent devant rien... Sa...saleté de bestiole ! Je vais pa... passer les deux prochains jours dans le placard à ba... ba... balais à titre préventif. Ainsi ces salauds ne me trouveront pas. Oui, c’est plus sûr...

Toutes ces émotions ayant donné faim à notre cafard, il se dirigeait à présent vers les
appartements du mage royal, qui regorgeaient généralement de succulentes victuailles. Dans le corridor, régnait une moite ambiance de jungle. La moquette s’était transformée en une épaisse pelouse et les candélabres en arbres exotiques. Du plafond, pendaient des lianes velues chargées de fleurs. Ces métamorphoses ne perturbaient pas du tout l’insecte, qui n’avait pas d’à priori particulier sur ce à quoi devrait ressembler la décoration d’un château royal.

Arrivé devant la suite du mage, le cancrelat prit son élan pour passer sous la porte, s’élança et s’écrasa brutalement contre le bois. Il avait omis de tenir compte de sa nouvelle taille. A demi assommé, il rampa jusqu’à la porte suivante, qu’il savait équipée d’une chatière et se prépara à l’inversion de gravité. En effet, par un curieux caprice du champs ésotérique, le haut était désormais en bas dans les appartements du mage, et vice versa. L’occupant des lieux, ingénieux par nature, avait adapté son mobilier à la situation. Il avait démonté les lustres et les moulures du plafond et inversé robinets et plomberies. Il avait du prendre quelques nouvelles habitudes, notamment pour sortir de chez lui sans s’écraser au sol ou pour transporter des liquides sans les renverser.

Le cafard franchit la chatière et longea la porte pour prendre pied sur le plafond. Le chat du mage, un persan blanc à la longue fourrure soyeuse, lui jeta un regard méprisant du haut de son coussin de velours. Le cancrelat lui renvoya son oeillade avec une expression du genre « tu fais moins le malin maintenant que je fais la même taille que toi, hein ? » et il fit claquer ses pièces buccales. Le chat feula sourdement et s’enfuit la queue basse.

Le mage royal était assis au fond de la pièce dans un confortable fauteuil. Il fumait une sorte de narguilé en consultant un épais grimoire qui flottait dans les airs devant lui et dont les pages se tournaient régulièrement. Le mage était un personnage pittoresque. Il était petit et très gros, vêtu d’une longue robe violette ornée de motifs cabalistiques, plus destinés à impressionner le commun que porteurs d’un réel pouvoir. Des sandales dorées complétaient sa tenue, laissant apercevoir des orteils rondouillards.

Il avait de petits yeux souvent plissés, des cheveux d’une couleur indéterminée à la frisure serrée et des oreilles décollées. Sa tempe gauche s’ornait d’une tâche de vin d’une forme étrange. Sa bouche mince souriait presque continuellement à on ne savait quelle plaisanterie secrète.

Nul ne connaissait grand chose de lui, pas même l’endroit d’où il venait. Son nom même était inconnu à la cour. On le nommait simplement « le mage du roi », avec une crainte superstitieuse. Quand il avait débarqué au château, un matin, sa majesté lui avait immédiatement accordé toute sa confiance. Les rumeurs les plus folles circulaient sur son compte. Certains prétendaient qu’il était le fils illégitime du souverain, d’autres qu’il l’avait ensorcelé pour usurper le trône. D’autres encore, après plusieurs pintes d’eau de vie naine, racontaient que le mage était en fait un dragon violet sous forme humaine et que preuves en étaient de la tâche sur sa tempe et de son goût immodéré pour les teintes pourpres.

Le mage s’amusait fort de ces ragots et il en avait même lancé quelques uns lui-même, à l’occasion de soirées bien arrosées à la taverne « du cheval qui bournifle ». Reposant son narguilé, il adressa un salut moqueur au portrait du roi sur l’étagère. Celui-ci conserva l’impassibilité propre aux toiles peintes, bien droit dans son cadre mauve. Le souverain était représenté dans une tenue de parade extrêmement pompeuse. Il avait fallu déplumer plusieurs autruches pour composer la houppe qui ornait son casque et ce déluge de duvet lui donnait un vague air de danseuse de cabaret. Il avait une chevelure noire impeccablement lustrée et des yeux pâles, un nez en bec d’aigle et un menton altier. Son sourire satisfait avait du faire vendre du dentifrice à travers tout le royaume.

Le mage royal ordonna au grimoire de retourner se ranger, au narguilé de s’éteindre et se dirigea vers son armoire magique à faire du froid. Il se dandinait d’un côté et de l’autre en marchant, comme un voilier animé d’un mouvement de roulis. C’était en partie du à des jambes trop courtes pour supporter sa bedaine. Il ouvrit l’armoire et poussa un soupir de dépit en la trouvant vide. Le cafard qui surveillait la scène avec intérêt fut lui aussi amèrement déçu.
Le mage retourna s’asseoir et, traçant dans les airs quelques glyphes mystiques, invoqua un énorme hamburger garni d’un steak saignant et de cornichons. Il jaugea un instant sa création avant de prononcer une courte formule pour ajouter de la mayonnaise à la violette. Satisfait du résultat, il engloutit le sandwich en quelques bouchées. Pour parachever ce repas, il ordonna à la cafetière magique de faire son office, à la harpe de lui jouer un morceau digestif et au sac ensorcelé de partir au marché renouveler le stock de nourriture. Le dit sac était recouvert de tags glanés en faisant les courses et qui proclamaient en lettres colorés « sauvons la planète ! », « magie = gaspis » et autres slogans du même acabit.

Le mage avait poussé l’automatisation des tâches domestiques à son paroxysme. La totalité des opérations s’effectuaient maintenant toutes seules. Bien sûr, les sortilèges avaient parfois des ratés, à cause du trou dans le champs ésotérique. Mais on pouvait pallier à quasiment tous les inconvénients magiques... avec de la magie. Le mage eut une pensée émue pour tous les pauvres bougres non magiciens qui vivaient encore sans connaître ce confort élémentaire.

Bien sûr, certains alarmistes prétendaient que le trou allait s’agrandir dans les prochaines années et provoquer des cataclysmes. Balivernes ! On ne pouvait lutter contre le progrès et, de toutes façons, on n’était même pas sûr que le fameux trou était lié à l’utilisation de la sorcellerie. C’était peut-être un phénomène naturel et cyclique, comme les marées ! Plongé dans ses pensées, le mage suivait le sac magique des yeux et c’est là qu’il remarqua enfin le cancrelat surdimensionné, confortablement installé sur le coussin du chat. Il tendit un petit doigt boudiné en direction du cafard et partit d’un énorme fou rire. Il se renversa en arrière sur son fauteuil en s’esclaffant, puis se plia en deux en tentant de reprendre son souffle. Avec quelques hoquets, son hilarité finit par décroître et il souffla :
- Je n’ai jamais vu une blatte de ta taille, mon bonhomme, hihihi ! Ca me donne le cafard, huhuhu ! Ne prends pas la mouche mais tu es énorme ! Punaise ! Il y a eu un bug magique ! Un bug, hahahaha ! Je cherche vraiment la petite bête !
Et il reprit de plus belle ses gloussements. Après une dizaine de minutes passées à pouffer de rire et à aligner des calembours approximatifs, le mage invoqua un hamburger pour le cafard, un second pour lui-même et se mit à réfléchir. Il y avait sûrement un moment dans ses plans où pouvait lui être utile une blatte de six livres...

Est', FDEER.


  
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