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De : Elemmirë  Ecrire à Elemmirë
Page web : http://lemondedelemm.canalblog.com
Date : Mardi 21 aout 2007 à 18:47:59
Mon petit Flad', à ton orthographe, tu es fatigué aujourd'hui... Tu devrais t'accorder une sieste, ça ne te ressemble pas

Le sexe, euh, j'ai rien contre, mais en soi ça ne veut rien dire: moi je voudrais plus de scènes qui se passent dans la cuisine, plus de chiens et plus de kidnappings. Ca ne fera pas des bons textes pour autant, tout est dans le contexte, le scénar, et le style aussi... Quand c'est pertinent pour l'histoire et l'ambiance, je suis tout-à-fait pour, mais du sexe pour du sexe, ce n'est pas l'objectif du site... Tu peux lire l'excellent texte de Didier appelé Coalescence, pour te faire une idée de ce que j'appelle un contexte qui le justifie.
La psychologie: pour moi il n'y a pas de manque de ce côté-là, les textes de Flad' s'appuient très souvent sur des psychologies de personnages bien définies, quant à Maedhros, ses textes sont dignes d'études de cas (diagnostic: mal barrés pour la plupart! ). Mais il est loin d'être le seul à les travailler. Il suffit de lire...

Enfin, pour ce qui est de la rythmique des poèmes, la liberté est une chose, le désordre en est une autre. Je ne parle pas là spécifiquement du poème de Desideria, qui est ce qu'il est, et je ne connais pas assez Desideria pour savoir quelles sont ses connaissances en la matière, mais même Picasso a commencé avec du dessin anatomique et des cours de perspective avant de devenir Picasso. Il faut, je crois, connaître les règles pour pouvoir s'en défaire.
Et puis après tout, on peut ne pas être d'accord avec les commentaires et les goûts littéraires des uns et des autres, un consensus total serait d'ailleurs un peu louche ^^

Finalement, cher Mirmir, tes commentaires fougueux sur ce forum et sur les participations de Desideria ont éveillé ma curiosité: tu sembles à l'aise avec l'écriture et sembles en connaître un rayon, que dirais-tu de jouer avec nous? Pourquoi ne pas participer au WA en cours? Pourquoi ne pas donner ton avis sur les autres participations du site? Après tout, on est là pour partager!

Au plaisir de te lire "en jeu",
Elemm'


  
Ce message a été lu 6274 fois

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Réponses à ce message :

Pages suivantes : 1 - 2 - 3
Estellanara  Ecrire à Estellanara

2007-08-21 19:38:22 

 J'en prends bonne note !Détails
"je voudrais plus de scènes qui se passent dans la cuisine, plus de chiens et plus de kidnappings." ? Les désirs de mes lecteurs sont des ordres. Je vais de ce pas travailler à une histoire de chien kidnappé dans une cuisine ! Hihihi ! D'ailleurs, ça ferait peut-être un thème de WA, ça, des passages imposés hétéroclites...

"diagnostic: mal barrés pour la plupart!" C'est rien de le dire, lol !

Mais moi aussi, j'espère bien que Mirmir va écrire d'autres critiques ! Il ne mâche pas ses mots et j'aime ça !

Est', masochiste patentée.

Ce message a été lu 7169 fois
Netra  Ecrire à Netra

2007-08-21 20:28:04 

 Retour de la bestiole bleue qui a foutu le feu au poudresDétails
Oulà eh mais dites donc on ne peut pas aller se ballader tranquillement dans ce forum ^^
Bon j'ai plein plein de retard moi...

Alors d'abord, salut Flad', bien rentré des vacances, débronzé comme il faut ? (ben quoi, t'es à l'envers non ?)
Ensuite, Est', tu sais que j'estime beaucoup ton travail de critique, justement parce que tes critiques sont justifiées, pointues, et pour ma part elles m'aident vraiment à progresser, tout comme celles de Narwa et de tous les autres, plus ou moins réguliers. Et je n'apprécie pas qu'on traite quelqu'un de "médiocre" parce qu'il a fait preuve de franchise... Tant que j'y suis, merci aussi, car aucun des propos de mon premier message ne contenait le quart d'un micronième d'hypocrisie. J'ai pas été trop méchant(e), hein ? J'ai bien fait attention à rester presque poli(e) !!! *sort les chibi eyes* Ben oui Elemm', crois pas que t'es la seule à t'énerver non plus...

Enfin, Mirmir. J'adore Appolinaire. Mais justement, dans ses poèmes, il y a un rythme, un allant qu'on a pas chez DESIDERIA, ce qui est normal, puisque c'est très dur à acquérir. L'avantage des règles classiques de la poésie, c'est qu'elles permettent d'apprendre plus sûrement à maîtriser les accents des mots et des vers. Beaucoup de gens pensent que la poésie libre est plus simple à maîtriser puisqu'elle n'impose rien que l'esthétique, mais c'est un piège grossier, c'est comme prétendre à un gamin qu'il pourra devenir banquier sans savoir compter !!! Quant aux références, le monde des légendes bretonnes, je radote mais bon, m'est familier, cependant j'avais du mal à saisir à la fois le rapport entre les propositions, et l'utilité de l'impératif, aussi j'ai eu l'impression de me retrouver devant une fille très cultivée, mais qui ne savait pas le faire passer. Comme un mauvais prof, un peu...

Pour ce qui est du sexe et de la sexualité, c'est marrant parce que justement je travaille dessus, là... Vous vous souvenez du gamin de Riv et Tan, les gens ? Il sera bientôt de retour ^^
Quant à la violence, attends, y'a tellement de textes où ça se bastonne joyeusement la frimousse que t'as vraiment pas dû chercher très loin !!!
La psychologie pareil, y'a même certains textes qui m'ont bien pris la tête après coup, comme celui de Flad' où le héros était l'assassin de ses parents sans le savoir à cause d'un retour dans le passé etc etc...

L'oligarchie, ben je vois pas où tu la vois. Bien sûr, on a de petits rôles qui se créent au fil du temps, dans la vie du site même, mais pas dans la progression ni dans les critiques ! On a des âges différents, on en est à des stades différents, on s'entraide et voilà. Y'a les surdoués du scénario, les pros de l'action, les champions de la description, les manieurs de vers, de proses, de plumes et de crayons, c'est un beau bordel et on s'entend bien. Critiquer est un moyen de montrer ses erreurs à l'autre, mais aussi d'éviter de faire les mêmes !!! Et jamais nous n'hésitons à critiquer les "références", comme tu dis, fort heureusement ! Et t'inquiète, nos dards ne sont accérés que pour se retirer plus facilement. Ce que tu vois, c'est la partie immergée de l'iceberg, parce qu'il y a un truc super, ça s'appelle les MP, c'est très très utile pour revoir un point précis, demander une précision, pour le critique comme pour l'auteur !!!
Ne pas mâcher ses mots dans les commentaires, tu l'as bien compris, est une tradition faerienne et elle vaut de l'or ! Elle empêche justement toute pédance et toute prétention. Personne n'est à l'abri d'une critique bien cinglante, et tout le monde peut répondre et se justifier. DESIDERIA l'a fait, c'est bien la preuve que nos commentaires l'ont touchée et qu'elle en tiendra compte !

En tout cas, je me rallie aux autres : Mirmir, prends ton clavier, écris, publie, critique !
T'as raison, Est', on est mazos, sur Faeries ^^
MorgaNetra, de retour de ballade, un croque monsieur dans une main, le clavier sous l'autre...

Ce message a été lu 2513 fois
Estellanara  Ecrire à Estellanara

2007-08-22 19:14:16 

 Ben chouette alors !Détails
"Vous vous souvenez du gamin de Riv et Tan, les gens ? Il sera bientôt de retour ^^ "

Cooooool !
Est', sobre pour une fois.

Ce message a été lu 2595 fois
Estellanara  Ecrire à Estellanara

2007-08-22 22:03:26 

 Projet CCK (cuisine, chien, kidnapping)Détails
Tommy traversa le salon en courant, dérapa sur le carrelage et s'engouffra dans la cuisine. Il s'était levé de très bonne humeur, comme tous les matins et la journée lui semblait prometteuse, comme tous les jours. Avec un peu de chance, il irait se promener, mangerait, dormirait et s'amuserait et son bonheur serait complet. Pour Tommy, tous les jours se ressemblaient et étaient super. Il savait se contenter de joies simples comme se gratter l'oreille ou courser le chat des voisins. Oui, la vie était super. Il faut dire que Tommy était un chien, un labrador couleur sable de deux ans pour être précis. Il avait le poil luisant et la truffe humide, ce qui était signe de bonne santé. Son monde se résumait à son maître, sa gamelle et son panier. Son souci le plus grave était d'arroser tous les réverbères du quartier sans en oublier.

Mais pour l'heure, Tommy venait de débouler à grande vitesse dans la cuisine. La pièce était coquette et d'une propreté immaculée. Les meubles étaient rose pastel avec de petits motifs en forme de fraises. De jolis rideaux de dentelle froncée ornaient les fenêtres, laissant passer le soleil matinal. Un parfum de lilas synthétique flottait dans l'air. Tommy éternua vigoureusement. Le désodorisant lui cachait les effluves autrement plus intéressantes du frigo et de la poubelle. Dommage... Il se dirigea vers sa gamelle et y fourra son museau avec enthousiasme. Chouette, des croquettes ! Justement son plat préféré !

Il n'avait pas commencé à manger depuis plus de trois secondes quand une profonde obscurité tomba brutalement sur la cuisine. Le chien ne se déconcentra nullement. Il n'était pas au courant que le soleil ne s'éteignait pas comme ça. Il continua donc à fourrager allègrement dans l'écuelle rose marquée à son nom. S'il avait regardé par la fenêtre à ce moment, il aurait pu constater que l'obscurité s'étendait à tout le quartier et que chaque habitant s'était inexplicablement immobilisé, comme changé en statue. Les éboueurs s'étaient arrêtés en pleine course, leurs poubelles à bout de bras, les oiseaux restaient le bec ouvert sur leur gazouillis interrompu. Le seau d'eau savonneuse que la vieille voisine venait de lancer en direction de sa voiture était figé à un mètre du sol.

Tommy acheva de lécher consciencieusement sa gamelle et se dirigea vers la porte du jardin. Elle n'existait plus. Tout comme le mur de la cuisine d'ailleurs. L'ensemble des briques s'était proprement dématérialisé, laissant une ouverture béante. Le chien remua les oreilles et émit un wourf étonné. Il avait déjà vu les humains faire des choses extra-ordinaires comme changer la chaîne de la télévision simplement en tendant le bras ou transformer une simple boîte en fer en savoureux plat de raviolis. Aussi n'était-il que modérément surpris de ce nouveau prodige. Sans le mur, ce serait encore plus pratique de surveiller si le chat des voisins n'empiétait pas sur son territoire. Chouette alors !

Il sortit dans le jardin en trottinant et observa les alentours. De l'autre côté des troènes, un monsieur bedonnant était immobile derrière une tondeuse. Tommy remarqua qu'un curieux rayon de lumière rouge se déplaçait de bas en haut sur l'humain. Le rayon remonta jusqu'au crâne chauve et disparut. Le chien pencha la tête sur le côté. Son intellect était particulièrement lent à traiter les informations et il ne savait pas trop quoi faire de celle-ci. Un nouveau jeu ! Ca devait être ça : il fallait attraper le rayon de lumière. Chouette alors, il adorait les jeux ! Il se mit à courir le long du jardin en remuant la queue, cherchant sa proie. Il la retrouva sur l'un des éboueurs. Le rayon était apparu sur les chaussures de sécurité et avançait lentement vers le bleu de travail. Tommy gloussa de joie et bondit par dessus la barrière pour s'élancer dans la rue. Arrivé au camion-poubelle, il poussa un aboiement caverneux. Le rayon s'arrêta à mi-parcours, tremblota et sauta sur la fourrure du chien qu'il entreprit de parcourir. Tommy essaya de le saisir de sa gueule mais ne réussit qu'à se mordre les flancs.

Quand il releva la tête, il n'était plus dans la rue. Il n'était même plus à la surface de la planète. Il se trouvait dans une immense pièce ronde aux murs métalliques, violemment éclairée aux néons. Toutes sortes d'objets et de machines l'entouraient et la plupart clignotaient avec entrain. Tommy se sentit attiré vers le sol et poussa un nouveau wourf, avec beaucoup plus de conviction que le précédant. En effet, la gravité était bien plus forte ici que dans son quartier. La truffe en l'air, il entreprit de renifler les odeurs de ce nouveau lieu. Toutes étaient entièrement nouvelles et fascinantes. Il aimait bien cet endroit ! C'était vraiment une super journée !

Une porte s'ouvrit en coulissant -zwiiish !- et deux êtres entrèrent dans la pièce. Chouette ! Des nouveaux copains ! pensa instantanément Tommy. Les copains étaient des créatures gélatineuses, d'une couleur jaunâtre, à peu près aussi hautes que le chien. Elles se déplaçaient en reptant sur une sole pédieuse. Chacune était munie de trois yeux à long pédoncule et de deux tentacules préhensiles sur les flancs. L'une d'elle lança :
- Gùqtiq jf gnjlh ? sdbgdjjjj rgh yfgb nv mqkfhqksjdfz ozjhhkjjjj bq !
Ce qui, traduit du langage zirkonien, signifiait approximativement :
- Tu ne connais pas la dernière ? C'est le copilote qui me l'a racontée !
A quoi, l'autre copain répondit... Mais pour faciliter la compréhension du lecteur, qui peut ne pas être totalement à l'aise en zirkonien, nous poursuivrons ce dialogue en français. L'autre répondit donc :
- Non monsieur. Je ne suis pas au courant.
- Eh bien voilà : tu sais pourquoi les plutoniens n'utilisent jamais ce tentacule ?
Et l'être l'agitait mollement pour ponctuer sa question.
- Non, monsieur.
- Mais, parce que c'est le mien !
Et il se tordit aussitôt de rire, ce qui équivalait chez lui à virer entièrement à l'orange fluo. L'autre créature resta un instant perplexe puis jugea prudent de changer elle aussi de couleur.

Le diseur de blagues se nommait Zort'. Il était directeur des recherches scientifiques et était réputé dans tout le vaisseau-mère pour être un vrai boute-en-train. L'autre était son assistant-laborantin, le jeune Zikl'. Les deux êtres arrivèrent au niveau du chien qui les salua d'un jappement joyeux. Zikl' demanda avec inquiétude :
- Dites-moi, monsieur, il n'y a aucun danger ?
- Mais non, n'ai pas peur ! Le champ de convection parabolique à retardement nous protège. Le sujet ne peut quasiment pas bouger.
Et sur ce, il s'avança en glissant vers Tommy. Celui-ci, tout content, crut qu'il allait recevoir une caresse et s'approcha à son tour. Ces deux copains lui étaient déjà très sympathiques ! De toutes façons, il trouvait presque tout le monde sympathique... Il se heurta violemment à une barrière invisible et fut rejeté en arrière. Tommy poussa un pitoyable kiaii.
- Tu vois, reprit le professeur Zort', aucun problème. Ordinateur, commence l'enregistrement de l'étude. Ordinateur ? Ordinateur !!!
Une voix s'éleva dans la pièce, semblant provenir de partout à la fois. Elle parlait en détachant soigneusement ses syllabes, sur un ton précieux :
- Oui, professeur Zort' ?
- Je t'ai donné un ordre, il me semble.
- Il n'était pas suivi de la formule de politesse d'usage, il me semble, rétorqua l'ordinateur en parodiant le ton outré du zirkonien.
- Par les profondeurs du subespace, Zikl', cette crétinerie d'ordinateur de mes deux tentacules a encore bugé !
- Il semblerait, monsieur, répondit l'assistant avec circonspection.
Il était extrêmement prudent en tout et toujours respectueux de ses supérieurs.
- Tu vas obéir immédiatement, ordinateur, reprit Zort' sur un ton autoritaire, sinon, je te reboote, sacré nom de...
Suivaient un grand nombre de jurons que nous ne nous risquerons pas à traduire mais qui se référaient à la répugnante espèce des gnolgues du secteur de Centaurii II et à leurs moeurs sexuelles inhabituelles. L'ordinateur obtempéra non sans avoir ajouté :
- La violence ne résout rien...

Le professeur, qui avait viré au turquoise sous l'effet de l'énervement, reprit lentement sa couleur d'origine :
- Bon, commençons donc l'enregistrement. Le sujet est un habitant de la planète Sol III. Galipeur hyper atomique à ondes courtes !
Une trappe s'ouvrit dans le plafond et un engin ressemblant à une pieuvre en caoutchoucs descendit lentement au-dessus du chien. Tommy lui trouva une vague ressemblance avec son jouet qui fait pouet et essaya de l'attraper. Zort' continuait :
- Sa chimie est basée sur le carbone. Il a quatre membres, un squelette calcaire interne et un système nerveux centralisé. Le sujet pèse 217 florgs et mesure 33 mush de long. Prélèvement de fluide circulatoire et de tissu cutané !
On entendit un léger zonzonnement et plusieurs machines clignotèrent un peu plus vite dans la pièce.
- Son code génétique est porté par une hélice double. Je verse au dossier les images trid de ses cellules. Il maîtrise un artisanat évolué, comme le prouve l'ornement autour de son cou. Passons à l'analyse comportementale. Zikl' ?
- Tout de suite, monsieur.
Le jeune assistant lança à son maître un regard triple éperdu d'admiration et lui tendit un lot de cubes transparents. Le professeur Zort' les prit et activa le premier d'un effleurement de tentacule. Une image en relief et en couleurs très réaliste se matérialisa. Il s'agissait d'un tank terrien de couleur kaki. Zort' la tendit au chien.

Tommy, qui s'ennuyait ferme depuis le début de l'examen, bailla à se décrocher la mâchoire. Réalisant qu'on s'intéressait de nouveau à lui, il dressa les oreilles. Cependant, l'image du tank le laissa froid, tout comme les images de grenades, de mitraillettes, d'avion à réaction et de champignon nucléaire qui suivirent. Par contre, quand apparut un mignon petit chat gris, il se redressa brusquement et commença à aboyer. Sa queue fouettait l'air : enfin quelqu’un qui allait jouer avec lui ! Parce que les copains n'étaient pas très rigolos... De surprise, Zikl' avait basculé en arrière et il luttait pour se relever. Zort' lui tendit un tentacule secourable :
- Curieuse réaction, n'est-ce pas, mon jeune ami ? Le sujet ne s'intéresse absolument pas à la guerre comme on aurait pu s'y attendre. Mais ses ondes cérébrales montrent qu'il adore les animaux !
- Très curieux en effet, monsieur, acquiesça l'assistant, encore un peu secoué.
- Bon, sors le sparkler à technologie positronique giga-optimisée pour la mesure du taux d'agressivité.
- Bien, monsieur.
Le zirkonien approcha un engin muni d'engrenages triangulaires de toutes les couleurs. Il fit quelques réglages puis annonça :
- Taux d'agressivité du sujet : nul, monsieur.
- Comment ça, nul ? Refais une mesure.
- Toujours nul, monsieur.
- Fascinant...
Et Zort' croisa ses tentacules derrière son dos en prenant un air songeur.

Il réfléchit longuement et sa chair gélatineuse passa par le rose puis par le brun noisette. Enfin, il murmura :
- Envoyons une décharge au sujet, pour voir comment il réagit.
- Une décharge ? Tout de suite, monsieur.
L'air crépita brusquement à l'intérieur du champ de confinement et Tommy poussa un gémissement aigu. Il se réfugia le plus loin possible de la paroi invisible, la queue basse.
- Et maintenant, demanda Zort'.
- Agressivité toujours nulle, monsieur. L'appareil indique en revanche un taux élevé d'incompréhension.
- C'est vraiment bizarre... Mille milliards de trous noirs, je n'y comprends rien.
Il commença à faire les cent... enfin, à se déplacer de long en large en marmonnant. Tommy, qui avait déjà oublié sa mésaventure, le suivit de l'autre côté de la barrière en remuant la queue, les yeux brillants. Zort' s'exclama :
- En plus, il n'est vraiment pas rancunier ! Ordinateur, rentre les données dans le turbo-tricordeur à démodulation quantique et compute le profil psychologique complet.
La voix de l'ordinateur se fit à nouveau entendre. Il déclamait sur un ton rêveur :
- ... les slictueux toves
Gyraient sur l'alloinde et vriblaient:
Tout flivoreux vaguaient les borogoves;
Les verchons fourgus bourniflaient.
- Ordinateur, qu'est-ce que cela signifie ?
- Il s'agit d'une traduction d'un de leurs poèmes les plus connus, ignare créature de chair. N'est-ce pas magnifique ?
- Ordinateur, un peu de respect, enfin ! Ho et puis, j'en ai plus qu'assez !
Entrant dans une colère bleue, le professeur se dirigea vers une paroi métallique. Il pianota un code ultra-secret sur une console gravée de signes étranges. Un compartiment s'ouvrit dans le mur et une sorte de boîte noire et blanche, hérissée de fils, apparut. Zort' prit la boîte et lui asséna une claque. Puis, il la remit avec précautions dans le mur et referma le panneau. Enfin, il dit sur un ton mielleux :
- Ordinateur, es-tu à présent disposé à me faire ce profil psychologique ?
- A vos ordres, professeur, répondit une voix claire et froide, avec un rien de vibrato mécanique.
- Je préfère ça.

A ce moment, la porte coulissante s'ouvrit -zwiiish- et trois zirkoniens entrèrent. Il s'agissait d'êtres subtilement différents de nos deux scientifiques, comme en témoignaient les longs cils pailletés qui ornaient leurs yeux pédonculés. Nos notions de mâle et de femelle ne s'appliquent bien évidemment pas aux zirkoniens et, sous peine de mettre en surchauffe l'esprit de nos lecteurs, nous ne nous lanceront pas dans un laborieux exposé sur leur biologie. Mais admettons pour simplifier que les trois nouveaux venus étaient des filles. Et sexy de surcroît, selon des critères extra-terrestres. Elles entourèrent le professeur Zort' en le frôlant de leurs tentacules :
- Professeur, nous allions respirer un peu de sulfures. Voulez-vous vous joindre à nous ?
- Mais volontiers, mes jolies ! Mon petit Zikl', si je ne suis pas de retour dans cinq cycles... eh bien, attendez plus longtemps !
Ce trait d'esprit fit virer les trois filles à l'orange le plus vif et elles s'exclamèrent en minaudant :
- Que vous êtes spirituel, professeur !
- Nous ne nous ennuyons jamais avec vous !
Et ils partirent tous ensemble (-zwiiish, zwiiish-).

L'assistant demeura seul avec le chien et les cliquettements de l'ordinateur qui computait le rapport. Il n'avait bien sûr aucune raison de cliqueter, étant donné que tout son fonctionnement se faisait par échanges d'énergie sans aucune pièce mécanique. C'était uniquement pour le style. Cependant, Tommy avait fini de prendre connaissance des odeurs locales et il se sentait à présent comme chez lui. Afin d'entériner cet état de fait comme il se doit, il s'approcha du champ de contention et urina consciencieusement dessus. La barrière magnétique grésilla et fit quelques étincelles avant de rendre l'âme. Pétrifié, Zikl' laissa choir l'objet qu'il tenait, une sphère qui pulsait d'une douce lumière. L'assistant observa Tommy qui s'approchait de lui. La peur le tétanisait totalement et ses trois yeux étaient rivés à la mâchoire du chien, qu'il savait remplie de crocs acérés. Tommy ramassa la sphère et, se dirigeant vers le zirkonien, la lui présenta, la prunelle humide. Zikl', obéissant à un réflexe inconnu, la prit et flatta la tête de l'animal. Tous comptes faits, c'est un super copain, pensa Tommy. Il jette des balles !

Quand le professeur Zort' rentra dans son laboratoire –zwiish-, il trouva son assistant en train de lancer de toutes ses forces un communicateur infra-spatial à deux millions de crédits. Tommy traversa la pièce en courant, saisit la sphère luminescente au vol et la rapporta à Zikl'. Celui-ci ponctua l'exploit d'un "Ca, c'est un bon toutou !" en grattant furieusement l'animal derrière les oreilles. Tommy émit un borborygme de plaisir et renversa le zirkonien au sol pour le lécher copieusement. Si Zort' avait eu une gorge, il se la serait probablement raclée. Quoi qu’il fit à la place, cela eut le même effet. Zikl’ se redressa et prit un air gêné :
- Euh... monsieur, je crois que je viens de lier une relation inter-personnelle avec le sujet...
- C’est cela oui...
- Je vais de découverte en découverte ! Je lui ai donné un morceau de Virgluschmoll 200 et il adore ça !
- Vous avez là de curieuses méthodes scientifiques mais admettons...
Le professeur jeta un coup d’oeil au chien. Tommy contemplait l’assistant avec une adoration béate. Le labrador était aux anges. Il commençait à bien l’aimer, le copain ! Cela dit, il avait une tendance naturelle à aimer bien tout le monde. Zort’ dit d’une voix lasse :
- Ordinateur, quelles sont les conclusions du rapport psychologique ?
- Le sujet est gentil, naturellement bon et serviable. Il aime jouer, manger et dormir. Sa morale est inexistante et donc irréprochable. Il est extrêmement sociable et plein d’enthousiasme.
- Et donc absolument pas dangereux ?
- Sauf pour un Virgluschmoll 200.
- Parfait.
- Vous servir est un plaisir de tous les instants, professeur.
L’ordinateur avait prononcé cette dernière remarque sur un ton parfaitement neutre. Zort’ se demanda si ses nerfs lui jouaient des tours ou s’il avait perçu une touche d’ironie. Il décida de passer outre :
- Ordinateur, tu vas re-transférer le sujet de Sol III à l’endroit où il a été prélevé. Ah oui, tu penseras à remettre le mur de sa maison à sa place.
- Bien, maître vénéré.
Le professeur lâcha un profond soupir. Il se tourna vers Zikl’ qui se dandinait sur sa sole pédieuse :
- Mais qu’y a-t-il, mon jeune ami ?
- Euh, monsieur, pensez-vous que je pourrai revoir un jour le sujet ? Pour des raisons strictement scientifiques, bien sûr !
- Eh bien, vous n’avez qu’à demander Sol III comme stage de fin d’études...
- Ho, quelle excellente idée, monsieur !! Je ne manquerai pas de le faire.
- Bon, je vais voir le capitaine Zagh’ pour lui faire mon rapport.

Zort’ sortit du laboratoire –Zwiiish- et longea une coursive de métal poli. Il s’arrêta un instant pour contempler la planète bleue, loin en bas. Puis, il pénétra sur la passerelle. Au centre, sur un confortable coussin suspendu dans les airs, se prélassait un zirkonien impressionnant. Sa peau était recouverte de tatouages qui attestaient de son rang et des nombreuses batailles remportées pour l’obtenir. Le professeur salua en faisant deux tours sur lui-même :
- Directeur des recherches Zort’ au rapport !
- Parle.
- Capitaine, après des recherches approfondies, il s’avère que le sujet capturé n’est absolument pas dangereux pour nous.
- Quoi ?! Mais comment est-ce possible ?
- Capitaine, je suis formel.
Un zirkonien de la passerelle avait subrepticement tordu un oeil pour suivre la conversation et Zagh’ le foudroya du regard. Zort’ reprit :
- Les aldébarans ont du se tromper.
- Voyons, ils nous avaient dit que les habitants de Sol III étaient sanguinaires, perpétuellement en guerre sur leur propre planète, fanatisés par des religions archaïques, prêts à se déchirer l’un l’autre pour une simple différence de couleur de peau !
- Je sais tout cela...
- Ils avaient dit que les armes étaient en vente libre, que chaque jeune recevait une éducation martiale obligatoire, que ces êtres avaient même eu la stupidité de faire exploser des bombes atomiques !
- Je sais, je sais. Mais notre ordinateur a sélectionné cet individu qui d’après le calcul statistique est représentatif de l’espèce dominante.
- Eh bien, dans ces conditions, il ne nous reste plus qu’à partir. Mécanicien, débranchez l’hyper canon anti-matière à fragmentation mono-moléculaire ! Nous abandonnons la destruction de la planète !
- Bien capitaine !
- Pilote, cap sur Zirkon !




Est', il suffisait de demander.

PS : Cette histoire m'est venue d'un seul coup. Il est tout à fait possible qu'elle ne soit en fait qu'un immonde plagiat suggéré par un lambeau de mémoire incomplet. Si c'est le cas, je m'en excuse par avance. J'ai truffé le texte de références, tant à des sketchs de Pérusse qu'à de vieux bouquins de SF ou à des films divers. Bon courage pour les reconnaître !

Ce message a été lu 7709 fois
Elemmirë  Ecrire à Elemmirë

2007-08-23 00:13:16 

 Moi, les références...Détails
... j'y connais rien! Mais je me suis éclatée à lire ce texte, et c'est bien ce qui compte! Je savais bien que plus de chiens serait vachement sympa :D

Merci, Est'!!!

Elemm', ravie!

Ce message a été lu 2419 fois
Mirmir  

2007-08-23 00:41:06 

 Eh benDétails
Au risque de vous surprendre, de vos trois textes c'est celui-ci que je préfère! J'ajoute que l'absence des références indiquées ne m'a absolument pas gêné lors la lecture.
Ce message a été lu 4605 fois
Maedhros  Ecrire à Maedhros

2007-08-23 10:40:16 

 Bruce tout puissantDétails
Demain, les chiens sauveront le monde.

Adieu Bruce Willis!

Quoique...bon sang mais c'est bien sûr, il faut croire à la métemspycose.

Couché Bruce!

M

Ce message a été lu 2250 fois
Netra  Ecrire à Netra

2007-08-23 11:44:39 

 mégadéliriumDétails
Bon, ben je me suis bien marré moi ^^
Par contre je cherche pas les références, la flemme... J'ai une réputation de feignasse à tenir, moi !!!

Par contre là sur le coup j'ai pas de critiques à faire... J'vais le relire un peu plus tard en prenant des notes, comme toi, peut-être que je trouverai quelque chose ^^
MorgaNetra, youpi

Ce message a été lu 2262 fois
z653z  Ecrire à z653z

2007-08-23 12:07:38 

 Très joli texte...Détails
... mais je crois avoir déjà lu une histoire similaire (mais évidemment plus aspetisée et beaucoup moins détaillée au niveau de l'analyse du sujet... ce qui fait que ton histoire est quand même plus drôle et plus originale) dans un de mes nombreux Mickey Parade/Picsou Magazine où les auteurs n'inventent quasiment rien....

a+

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2007-08-23 12:59:56 

 De rien !Détails
Je me suis bien marrée moi-même en l'écrivant.
Pis ça faisait trop longtemps que j'avais rien publié.

Est', qui adore ses lecteurs.

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2007-08-23 13:10:16 

 Des détails, des détails !!Détails
C'est moi que tu vouvoies ??? On est entre nous, ici, tu peux me dire tu.
Tu peux me dire un peu pourquoi tu aimes moins les autres ? Oui, ça m'étonne parce que les deux autres, publiés pour des concours, étaient beaucoup plus travaillés. Celui-ci, je l'ai écrit sur un coup de tête, en une journée.
C'est peut-être la spontanéité en fin de compte, qui me fait souvent défaut...
Si tu as apprécié l'histoire de Tommy, je t'engage à lire un de mes exercices, qui est un peu dans le même style. Il est en trois parties que tu trouveras ici :

http://www.cercledefaeries.com/forum/?action=show&ID=9756
http://www.cercledefaeries.com/forum/?action=show&ID=9757
http://www.cercledefaeries.com/forum/?action=show&ID=9758

Eh bien, c'est mon but que les références manquantes ne nuisent pas à la compréhension et que ces clins d'oeil restent des petits plus, des private jokes.

Est', ravie de compter un lecteur de plus !

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2007-08-23 13:12:38 

 Etant donné...Détails
... que j'avais ce genre de lectures à un moment donné et que nous avons sans doute un âge similaire, c'est peut-être là la source...

Est', qui digère son kebab.

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Mirmir  

2007-08-23 17:56:06 

 Estallanara, explications sans animositéDétails
La spontanéité, je l'ignore.
J'apprécie de voir qu'on peut écrire autre chose que des lacs survolés de fées nues, des princesses diaphanes et autres clichés du genre.

Le conte de Laponie je ne l'ai pas beaucoup apprécié car j'avais le sentiment que vous, pardon tu maternais le lecteur, même s'il y avait de bons éléments j'ai trouvé que ceux-ci n'étaient pas toujours bien exploités. Je pense particulièrement au serpent de Midgard (qui me rappelle un jeu vidéo très connu) qui est trop pévisible dans ses actions, les noms me paraissaient trop gamins et surtout l'attitude des enfants trop bien élevés m'est insupportable à lire ( si seulement ça pouvait être comme ça!).

Hors du cercle est quant à lui plus difficile à juger. Le style est trop riche, un peu moins de métaphores et un peu plus de dialogues aurait été plus judicieux (encore une fois à mon sens). Les lyrismes doivent être utilisés avec parcimonie à l'instar du langage châtié.
Mais en somme ce n'est pas ce qu'il y a de plus gênant. Le problème vient de la critique faite à l'encontre du christianisme. Ta liberté d'opinion est très respectable surtout quand on sait l'horreur qu'a été l'Inquisition mais elle peut heurter la sensibilité du lecteur lorsque celui-ci se trouve nez à nez avec des expressions telles que "dieu de pacotille".


Néanmoins, mes critiques n'ont cependant pas de sens car l'être humain fonctionne par analogie. Il fut dit dans des commentaires précédents qu'il fallait d'abord acquérir les règles classiques pour mieux s'en défaire et trouver par la suite son propre style. Je ne suis pas d'accord! D'abord les courants littéraires il y en a eu des tas, donc ma question est la suivante: selon les règles de quel courant littéraire suis-je supposé fonder mon jugement? Du Parnasse? Du Romantisme? Du Symbolisme? Vous avez le choix il en existe moulte d'autres et tous les auteurs importants tous courants confondus sont considérés comme des classics! Il va sans dire par ailleurs que les courants artistiques ne se limitent pas au territoire français ce qui élargit encore plus la liste.
Ensuite comparer l'un d'entre vous à un auteur comme Hugo, Baudelaire, Zola ou même Jules Verne ( quoique celui-là) n'aurait pas de sens et serait cruel à l'égard de tous. Leurs ouvrages sont pourtant tous considérés comme des classics. D'où le qualificatif indigeste auquel toi et MorgaNetra faites si souvent référence (d'ailleurs comparé aux 3 premiers auteurs le mot médiocre relève presque de l'éloge!)

Vient ensuite la question suivante: qu'est-ce qu'un texte réussi?
Une fois de plus la réponse n'est pas facile à fournir. J'entends ceux qui disent qu'un texte réussi est un texte élaboré du point de vue de la stylistique. Mais l'auteur peut avoir son propre style et ses intentions ne sont sans doute pas similaires à celles de Ronsard par exemple! Et si l'intention de l'auteur était de torturer le lecteur, son ouvrage serait réussi si l'on se fondait sur ce simple critère!

Personnellement je n'aime pas les alexandrins, même si j'aime les rimes riches, la règle des 12 pieds je peux pas, ça me débine! Tout cela est donc très relatif c'est pourquoi être sévère me paraît injustifié et au contraire cela peut dissuader ceux qui veulent créer de se mettre à l'ouvrage.

Si vous voulez aider le créateur faites-le en fonction du résultat qu'il escompte obtenir et non en fonction de vos attentes à vous. Suggérer également une "correction" plutôt que de signaler la lourdeur de la maladresse est plus efficace pour la progression et plus facile à encaisser.


J'ai envie de dire en guise d'explication ultime et pour conclure que si mes commentaires étaient assez acides, ces derniers étaient mûs par un sentiment d'injustice. Mon pseudo vient de miroir, c'est pourquoi lorsque des propos me semblent aigres je réagis de la même manière et renvoie de l'aigreur.

Voilà j'espère avoir été clair, concis (j'ai peu d'espoirs de ce côté là!) et respectueux.

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Elemmirë  Ecrire à Elemmirë

2007-08-23 18:40:53 

 Euh...?Détails
"Ensuite comparer l'un d'entre vous à un auteur comme Hugo, Baudelaire, Zola ou même Jules Verne ( quoique celui-là n'aurait pas de sens et serait cruel à l'égard de tous. Leurs ouvrages sont pourtant tous considérés comme des classics. D'où le qualificatif indigeste auquel toi et MorgaNetra faites si souvent référence (d'ailleurs comparé aux 3 premiers auteurs le mot médiocre relève presque de l'éloge!) ":

J'ai du mal à saisir le sens de ce paragraphe, j'ai peur de comprendre qu'il contient une critique à l'égard d'Hugo, Baudelaire et Zola... Ai-je mal interprété?

Quant à savoir ce qu'est un texte réussi, pour moi c'est fluide: un texte réussi, comme un tableau réussi, un film réussi, bref, n'importe quelle oeuvre réussie, est celui qui touche le lecteur, provoque de l'émotion, le secoue, le bouleverse, le fait rire, l'émeut, le fait réfléchir, lui fait peur, le révolte, ... Bref, qui permet la communication d'âme à âme. Pour moi, l'Art sert à ça. Vous pouvez ne pas être d'accord, mais c'est mon intime conviction.
Le style ne sert à rien sans la "petite magie" créatrice, ce n'est qu'un support, et ce que je voulais dire par la maîtrise nécessaire des bases techniques, c'est que la magie émotionnelle peut être gâchée voire complètement détruite par un style bancal, maladroit, flou; s'il y a des tournures originales, elles se doivent d'être là pour sublimer l'expression et non par simple fruit du hasard!

Ensuite, ta réflexion sur la religion me laisse dubitative... Les écrits sont un contexte imaginaire, et les opinions qu'ils portent ne sont pas forcément représentatives de celles des auteurs. Sans quoi, je m'inquièterais fortement de la santé mentale de Maedhros, par exemple, et serais même tentée de le dénoncer à la police ('doit bien avoir commis un meurtre ou deux pour en parler comme ça....). De plus, je n'ai jamais bien compris le sacré qui entoure les religions et qui en interdit toute critique, c'est un procédé extrême qui me gêne un peu... Personne n'est empêché de croire, mais personne ne doit l'être non plus de douter! Enfin, ça c'est mon avis, hein...

Et enfin, je préfère quant à moi qu'on me signale une maladresse plutôt que de me la corriger d'office: si on me tend un poisson chaque fois que j'ai faim, je n'apprendrai pas à pêcher, comme dit le vieil adage...

Cordialement,
Elemm'

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Netra  Ecrire à Netra

2007-08-23 18:41:21 

 La concision, ici, tout le monde s'en tamponne le champignonDétails
Dis, Mirmir, et si on n'appartenait à aucun mouvement littéraire ? Tu ferais quoi ? ^^
Tu sais, les règles de la poésie n'ont pas été édictées par un seul et unique mouvement, chacun en a ajouté... en s'octroyant le droit de ne pas les respecter. Mais utiliser un minimum (ou un maximum) de règles aide réellement à travailler le rythme, je te le promets, et à élargir son vocabulaire en partant à la recherche du "mot qui manque", le mot dont on veut que le sens soit exact, la rime parfaite... C'est comme ça qu'on apprend l'harmonie, comme en musique : on apprend à maîtriser les gammes et les accords parfaits avant de pouvoir improviser sur les septièmes et les quartes sans que ça sonne faux. En gros, on apprend à jouer du Mozart avant de faire du jazz.
Ben en poésie pareil : on apprend à faire du Ronsard avant de faire de l'Eluard. Ou du moins, de pâles tentatives d'atteindre leurs chevilles...

Par conotre, le coup de l'alexandrin j'avoue n'avoir pas compris... Tu n'aimes pas les alexandrins ? Même s'ils sont musicaux, lourds de sens et légers de rythme ? ça, ça me semble bizarre, c'est comme si tu disais que tu n'aime pas le vert, alors qu'il y a plein de verts différents et qu'on peut en détester certains et en adorer d'autres, non ? (Vert ? j'ai des séquelles irlandaises, moi...)

Quand au problème du texte réussi, c'est vrai, il y a deux sortes de textes réussis : ceux qui sont réussis pour l'auteur, ceux qui le sont pour le lecteur. Après, reste à savoir si l'on veut écrire pour soi (auquel cas, c'est très égoïste) ou pour les autres. Je suppose qu'ici la plupart des gens écrivent pour les autres, sinon autant garder ses textes dans un tiroir chez soi, comme tous ces gens qui tiennent un journal intime que personne n'aura jamais le droit de lire.

Au sujet de ta dernière remarque, je préfère qu'on me montre ma maladresse en me disant "corrige-la" plutôt qu'on me dise "mets ça à la place, ça fait mieux !" En effet, c'est le créateur qui sait ce qu'il veut transmettre à son lecteur, et si justement quelque chose ne va pas c'est que le but n'a pas été rempli. J'aime être critiquée, mais pas qu'on se permette de me suggérer des corrections, c'est en cherchant qu'on trouve, pas en se faisant donner les choses directement, et puis le bonheur qu'on trouve dans la découverte du "mot juste", celui qui colle exactement au sens escompté, est sans égale !!!

Voilà. Ensuite, nous sommes en apprentissage. Il est heureux que nous n'ayons pas la plume de ceux que tu cites, sinon nous n'aurions pas tant de plaisir à les lire !!!
MorgaNetra, chibi warrior taille XXS

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2007-08-23 19:23:29 

 Est-ce que mon ami sur la toile...Détails
...est un serial-killer?

Pour parodier l'accroche d'un film qui sort cette semaine!

Je promets une contribution prochaine à cet exercice de réflexion, sous une forme ou une autre.

M

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Mirmir  

2007-08-23 19:51:50 

 Ma réponseDétails
Ma réflexion porte sur la base de la critique qui doit être fondée sur une référence.


"Ensuite comparer l'un d'entre vous à un auteur comme Hugo, Baudelaire, Zola ou même Jules Verne ( quoique celui-là n'aurait pas de sens et serait cruel à l'égard de tous. Leurs ouvrages sont pourtant tous considérés comme des classics. D'où le qualificatif indigeste auquel toi et MorgaNetra faites si souvent référence (d'ailleurs comparé aux 3 premiers auteurs le mot médiocre relève presque de l'éloge!) ":

J'ai du mal à saisir le sens de ce paragraphe, j'ai peur de comprendre qu'il contient une critique à l'égard d'Hugo, Baudelaire et Zola... Ai-je mal interprété?"

C'est au contraire une façon de les sublimer. Ya juste Jules Verne que j'aime pas trop.



Pour ce qui est du texte réussi, je ne suis pas d'accord non plus avec ce que tu appelles la communication d'âme à âme: certains auteurs aiment brouiller les cartes en entraînant le lecteur dans un dédale. C'est un choix comme un autre.


Pour la religion je suis tenté d'être d'accord, j'ai simplement signalé que le sujet était glissant.

Pour la correction j'ai parlé de suggestions et non de corrections officielles. De toute façon le créateur est libre d'accepter ou de refuser, et suggérer ça peut être simplement donner des pistes. Sinon où est la critique constructive?

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Mirmir  

2007-08-23 20:48:01 

 Miroir mon beau miroir, fait ton ouvrage! CA VA SAIGNEEEEER, non je déconne!Détails
D'abord je trouve la première question peu précise, je n'y répondrai donc pas!
Ensuite la deuxième phrase est insultante, me prenez-vous pour un ignard de la pire espèce? Tenez-vous vraiment à ce que je vous réponde?
D'ailleurs votre raisonnement est vicié par des situations de fait innombrables car tous les auteurs existants n'ont pas tous effectué des études de lettres et par déduction logique ne sont pas au courant des sempiternelles sacro-saintes (essayez de prononcer ça dix fois de suite) règles qui vous tiennent tant à coeur.

"Le coup de l'alexandrin" (que de mépris dans cette expression) ne regarde que moi. Je trouve la forme archaïque et je n'aime pas ce "rythme" imposé. Devons-nous tous avoir les mêmes goûts pour que vous daignez les accepter?
La comparaison avec la couleur n'a quant à elle pas lieu d'être mais pour votre gouverne sachez que nombreuses sont les personnes qui ne supportent pas le violet!


Pour ce qui est du texte réussi je vais prendre le contre-pieds une fois de plus de votre argumentation: vous trouvez égoïste ceux qui écrivent pour eux-mêmes? ! Fans d'Amélie Nothomb révoltez-vous! On peut trouver également très prétentieux d'écrire dans l'espoir d'être lu! (Ce n'est pas mon cas cela dit).
Certains écrivent par nécessité, d'autres pour dénoncer, d'autres pour faire rêver.... Quelles que soient les causes qui amènent à l'écriture de quel droit vous permettez-vous de les juger? J'ai du mal à saisir le sens de cette pseudo-répartie...


Cette vision de la littérature me sidère! A croire que seuls ceux qui étudient sont dignes d'être considérés comme des auteurs intéressants.

Pour ma part, je tolère les critiques et les suggestions (qui peuvent être des pistes tout simplement) lorsque celles-ci restent descentes.

Pour finir avec la notion de beauté (plutôt que de style), celle-ci dépend de l'appréciation de chacun.Vous pouvez très bien détester un texte que d'autres se délècteront de lire.

La réponse est un peu sèche mais ce "coup"-ci elle est proportionnée au message.

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Elemmirë  Ecrire à Elemmirë

2007-08-23 21:10:32 

 Hugo, mon premier amour de lycée...Détails
... qui fait des alexandrins sublimes , entre autres! Ah, l'Ultima Verba... :p

Pour ce qui est d'entraîner le lecteur dans un dédale, le creusage de cervelle fait partie d'un jeu, mais n'est valable à mon sens que si la surprise finale vaut la peine la précédant. Si après le labyrinthe, on ne trouve qu'un gros "flop", le dédale devient décevant... Ca reste subjectif, cela dit, comme toujours!

Tiens, c'est marrant, je connais justement une certaine jeune sorcière qui a du mal avec le violet... ^^
Mais je me range pourtant plutôt de l'avis de Netra, sur l'idée que la forme à douze pieds n'est rien d'autre qu'une forme, et peut donner des choses sublimes. Si c'est le côté lisse du ver qui tombe trop bien qui te gêne, je répondrai qu'une base d'alexandrin peut se pimenter allègrement, et que le rythme n'est pas que dans le nombre de pieds, bien heureusement!

Elemm',
Au plaisir!

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Netra  Ecrire à Netra

2007-08-23 22:02:30 

 Saigner ? Ah, bon ? Détails
Je ne sais pas si j'ai fait une "pseudo répartie", mais la tienne n'en est pas une du tout : tu ne réponds pas aux questions que je t'ai posées, et tu m'insultes alors que je suis resté poli... Pour un miroir, on peut dire que tu as une image peu fidèle des choses. En fait, je crois que tu es un miroir déformant, comme ceux que je mettais dans la salle de bain quand j'étais p'tit, pour faire peur à ma mère.
Donc puisqu'il faut te mâcher le travail, j'vais te mâcher le travail.

La première question est rétorique. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, nous n'appartenons à aucun mouvement littéraire, donc que tu demandes à juger en fonction d'un mouvement n'a pas de sens.
La seconde n'a rien d'insultant, et je ne peux pas te prendre pour un "ignard" attendu que ce mot-là est absent du dictionnaire de la langue française.

Ensuite, je ne sais pas si tu as été à l'école, mais enfin les règles de la poésie, on les apprend en quatrième. J'ignorais donc qu'un collégien était un étudiant en lettres ; et pour ta gouverne à toi, Flad' est ingénieur, Est' en fac de bio et moi en maths spé. Ce sont en effet d'excellentes études de lettres, tu as raison ^^
Tu as visiblement confondu les études et la culture. Même sans études, on peut être très cultivé, heureusement !
De surcroît, ces règles ne me tiennent pas à coeur, mais j'ai assez expliqué pourquoi je considérais important de s'exercer à les respecter en débutant l'apprentissage de l'écriture poétique. Ma métaphore musicale, visiblement, ne t'a pas plu...

Tu peux bien avoir l'avis que tu veux sur les alexandrins, et ne t'inquiète pas je respecte parfaitement tes goûts, je te mets juste en garde contre le "j'aime pas parce que c'est des alexandrins" de principe. En plus, ton argument du "je trouve ça archaïque" n'a pas de sens : au contraire, l'alexandrin n'est usité dans la poésie française que depuis la renaissance ! Dois-je en déduire que tu exècres également l'octosyllabe, l'hexasyllabe et la décasyllabe, apparues dès le moyen-âge ?

Après, tu tournes en rond ! Ecrire par nécessité, c'est écrire pour soi, donc dans un sens c'est égoïste, et la critique importe alors finalement peu. Ecrire pour dénoncer, c'est écrire dans l'espoir d'être lu. J'en déduis que Primo Levi était prétentieux ? Ecrire pour faire rêver, c'est écrire encore dans l'espoir dêtre lu. Au cas où tu l'ignorerais, le papier et l'encre ne rêvent pas...
Donc tu vois, on écrit toujours soit pour soi, soit pour les autres. Après ça se décline, c'est tout.

Visiblement, tu t'imagines que je considère la littérature comme réservée à une élite... Ben non, pas du tout. Seulement c'est comme tout, il faut se donner les moyens de ce qu'on veut. Et si on veut lire, on doit apprendre à lire. Si on veut écrire, il faut apprendre à écrire. J'y peux rien, moi, si c'est pas inné ! "Sans travail, le génie n'est rien qu'une sale manie", non ?

Ah, au fait, je ne vois pas ce que c'est qu'une suggestion "descente", ni même décente si c'est ce que tu as voulu écrire. ça veut dire que tu les aimes habillées, tes suggestions ? En violet peut-être ?
MorgaNetra, avec un graaaaaaaand sourire.

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Mirmir  

2007-08-23 22:48:08 

 Avec un très graaaaaaaaaand sourire!Détails
On va arrêter de se cracher dessus pour commencer.

Mais pour ta gouverne:
ignard est la forme péjorative d'ignare, c'est un néologisme qui est toléré.
"rétorique" prend un h après le "r" (avec un très grand sourire cette fois-ci, je déconne! A moitié en fait!).

Je suis en Master 2 juriste linguiste donc j'ai été à l'école merci.

Pour ce qui est des cours de 4ème (outre le fait que cela ne concerne que le territoire français) peu sont ceux qui se remémorent cette époque passée une décennie.

Ensuite c'est toi qui as écrit que les textes que l'on écrivait pour soit relevaient de l'égoïsme, n'inverse pas les rôles!

Et effectivement décence s'écrit sans le "s", ça n'apporte pas beaucoup au débat ceci étant.

Merci pour la mise en garde, j'en prends acte.

Pour la suggestion décente, attendu que tu te plaignais qu'il fallait me mâcher le travail, je vais réagir de la même manière et te laisser te débrouiller!

Heureux de m'être trompé sur ta vision de la littérature!
Et entièrement d'accord avec ta citation dont j'ignore l'auteur.

"Ecrire pour dénoncer, c'est écrire dans l'espoir d'être lu. J'en déduis que Primo Levi était prétentieux ? Ecrire pour faire rêver, c'est écrire encore dans l'espoir dêtre lu. Au cas où tu l'ignorerais, le papier et l'encre ne rêvent pas..." Entièrement d'accord sur ce point, pourquoi ces questions? Tu m'as mal lu ou tu as interprété de façon hâtive ce que j'ai écrit!

Maintenant je propose une trêve car je suis fatigué de ces affrontements. Il n'est pas possible de poursuivre un débat dans de telles conditions. Mais je reste sur mes positions.

Cordialement,
Mirmir

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Netra  Ecrire à Netra

2007-08-24 00:04:04 

 Mais nous ne nous affrontons pas, nous échangeons des propos légèrement vifs !Détails
Moi j'aimais bien, c'était rigolo ! Et puis ça entraîne bien à maniier l'ironie, non ? On en profite pour faire un p'tit exercice de style, vite fait... Non ? ah, bon. En tout cas, maintenant, t'as quitté le mode "vouvoiement", heureusement ! C'est gentil ^^

Pour rhétorique, c'était une faute de frappe... j'devrais m'relire, j'sais, j'sais ! Je suppose que c'était la même pour descente, mais ça faisait un jeu de mot amusant, j'ai rebondi dessus (mais oui je vois ce que tu veux dire, on va pas rester toujours sérieux non plus ? )

Pour le territoire français, ben ouais mais mes amis belges et ma corresp' québécoise ont aussi planché dessus, alors bon...

La citation, si mes souvenirs sont bons, est de Cocteau. Je sais jamais si c'est "génie" ou "talent", alors j'ai une chance sur deux de m'être planté.

Pour les alexandrins... dans la librerie il y a un poème de Narwa Roquen intitulé "L'absence" (y'a un dessin d'Elemm avec)
Il est sans prétention, pour le coup, mais il est vraiment beau. Pas du tout archaïque. Peut-être te réconciliera-t-il avec les alexandrins...
MorgaNetra, avec un vrai sourire, cette fois ^.-

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Mirmir  

2007-08-24 00:59:36 

 Après la tempête...Détails
Pour le territoire français, je voulais simplement dire que certains parmi nous n'avaient pas pour langue maternelle le Français, c'est d'ailleurs mon cas. En conséquence de quoi je voulais signaler avec toute l'humilité dont je suis capable (j'en fait trop?) que la formation scolaire n'est pas la même pour tous selon que l'on vient d'horizons divers.

J'avais ouie dire que "pour réussir il fallait 99% de persévérance et 1% de génie" mais de qui était-ce donc? Je crois que c'était un Johnson chais pu quoi, enfin affaire à suivre.

Pour les alexandrins ça dépend de qui les compose. Ce qui m'énerve c'est la réflexion qui fait passer un vers à 13 pieds pour une erreur ou une faute de goût. Le genre de réflexion consistant à dire "s'il fait des vers à 13 pieds c'est parce qu'il ne sait pas faire d'alexandrins!"

Désolé pour le vouvoiement mais comme je vouvoie parfois mes parents et toujors mes grands parents il m'est donc difficil de m'adapter sur ce point.

En bon miroir je te rends ton sourire!
Mirmir

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Fladnag  Ecrire à Fladnag

2007-08-24 09:10:56 

 Alexandrins... alexandra !Détails
Tout d'abord, désolé pour le jeu de mots du sujet, je n'ai pu m'en empecher (j'ai essayé hein, mais c'était plus fort que moi ;o)

Mon avis sur les alexandrins est celui ci :

La réalisation d'un alexandrin demande du vocabulaire comme l'a dit MorgaNetra, c'est donc (en dehors de toute autre considération) un moyen de l'élargir... et comme l'a dit Michelle Pieffer dans "Esprits Rebelles" (approximativement): "Le vocabulaire c'est vos armes" (comme quoi tu vois, pour citer un tel film, je n'ai pas du lire beaucoup de Ronsard ! D'ailleurs, j'en ai jamais lu aucun, na ! Autant pour l'élite ;o)

De plus, l'alexandrin demande en effet une rigueur supérieure par la complexité de ses règles. Je trouve qu'il convient donc de distinguer deux sortes d'alexandrins :
* L'alexandrin "technique" où la rime n'est pas au service du poème. L'auteur cherche a faire des alexandrins, sue sang et eau pour y arriver et y arrive. On peut lui reconnaitre sa persévérance et sa technique, mais le poème en a t'il une âme ? Pas forcement.
* L'alexandrin "transcendant" où le poème est rythmé, les mots jouant dans la phrase comme le flux et reflux des eaux. La forme ici est toujours aussi stricte, mais elle sert le poème et finalement, après la première lecture, on recommence au début en se disant : "Mince ! c'était des alexandrins ! Je m'en suis même pas aperçu tellement la lecture était fluide"

On ne cherche pas a faire des alexandrin "transcendant", ce sont nos muses qui parfois nous les soufflent. Mais il nous ait quasiement impossible d'en réaliser si nous n'avons pas d'abord un vocabulaire conséquent et l'habitude de réaliser des alexandrins "techniques".

Je fais aussi de l'origami dans mes moments perdus. Pour faire une analogie, il est possible en origami de réaliser plusieurs oiseaux en papier avec une seule et même feuille sans colle ni scotch. Certains asiatiques ont ainsi réussi à réaliser des ensembles de plus de 1000 oiseaux avec une seule feuille (une très grande feuille donc ;o) Mon record personnel est de 32. Ce n'est pas transcendant de plier et replier a nouveau du papier, mais ca demande de la patience, du temps (et dieu sait que c'est la chose la plus difficile a trouver en ce bas monde le temps...) et c'est pour cela que l'on trouve ca "joli" et que l'on respecte son auteur : Il y a passé du temps. Ce n'est pas toujours parfait, mais il a essayé. Ce serait donc, a mon humble avis, un manque de respect que de lui dire : "C'est nul, et pis j'aime pas les oiseaux, j'préfère les chiens". Il en est de même pour les alexandrins.

Enfin, pour finir, je reviens sur ta remarque des 13 pieds en continuant ma métaphore aquatique.
Lire des alexandrins revient à contempler le flux des vagues s'écrasant sur les rochers de la côte ou s'aplanissant sur la plage. Pour l'oeil exercé qui bute sur un 13ieme pied, comme pour l'oeil exercé qui détecte une faute d'orthographe (petite digression : Il y en a certainement dans ce post, pas la peine de rebondir dessus, je préfère que tu réponde sur le fond et non sur la forme ;o), un 13ieme pied est donc comme l'appartition soudaine, au milieu des vagues, d'une horloge a balancier sonnant le trépas du monde dans lequel le poème nous avait plongé. Et les vagues essayent bien de la faire couler cette maudite horloge, elle nous nargue encore et encore, nous aveuglant brievement a chaque fois que le soleil se reflète dans son balancier.

Fladnag, qui précise qu'il a déjà réalisé des alexandrins en 24h (mais ils ne sont pas ici ! na !)

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2007-08-24 12:08:30 

 Glop !Détails
Je me nomme EstEllanara. Difficile à prononcer, l'elfique ? Mais non !
Tout d'abord, merci de m'avoir lue, et encore plus de me faire un retour !

Pour ce qui est du style, je ne me cantone dans aucun en particulier. J'alterne SF, fantastique et fantasy selon mes envies du moment. Ca peut être bien aussi des fées nues survolant des lacs, non ? Si c'est bien écrit, que l'histoire est intelligente et les personnages intéressants, j'ai rien contre.
Tu veux peut-être dire que la fantasy a tendance à être répétitive ? Sans doute si on survole le rayon du libraire. Mais je pense que pas mal d'auteurs arrivent quand même à innover. Je pense particulièrement à Terry Pratchett.

Dans le Conte de Laponie, j'ai essayé d'écrire un conte pour enfant. Il est donc naturel que tu aies trouvé le style enfantin. J'ai scrupuleusement respecté les conventions en ce sens. Je suis étonnée que tu ne l'aies pas remarqué.
Pour le serpent, c'est à la mythologie nordique et aux Nibelungen que je me référais et sûrement pas à un jeu vidéo, arf !
Oui, le serpent est caricatural, comme le sont tous les personnages d'un conte de fée, qui répondent à des archétypes.
Les noms propres sont tous d'authentiques prénoms suédois.
Rapport aux petites filles, oh oui, elles sont "cuicui, nunuche, les petites fleurs". Ca c'est sûr. Je voulais justement donner une impression d'harmonie familiale, de douce quiétude, de sécurité... Tout cela est un peu idéalisé, c'est intentionnel. Cela a donné la nausée à un autre de mes lecteurs. Depuis, j'essaye d'y aller mollo sur les gosses.

D'accord avec toi sur le manque de dialogues dans Hors du cercle. La raison en est simple : j'ai du mal à en écrire. A chaque fois, je les trouve mauvais et je les vire !
Pour le langage châtié, ne compte pas que j'y renonce. Le français est une belle langue, injustement martyrisée par les jeunes générations et leur SMS. J'aime à lire et à écrire dans un niveau de langue un peu soutenu.
Concernant la critique du christianisme, et celle de la religion en règle générale, c'est pourtant un thème fort classique de la SF en général. Je suis surprise que ça te choque. Chaque auteur fait passer un peu de ses convictions dans ses écrits. Je fais également passer de nombreux messages écolos. C'est naturel.
Dans un monde méd fan où la magie existe réellement, elle est forcément en conflit avec les autres religions. De plus, l'abandon des anciennes croyances pour le christianisme me servait aussi d'analogie pour souligner l'abandon de la nature par les hommes. En effet, les sorcières représentent la forêt, une vie proche de la nature, à l'écoute d'elle.
Le lecteur ne doit pas être choquée par ce qu'il lit. J'ai lu des bouquins de SF prônant le communisme. Je ne suis pas d'accord, point. L'auteur a son opinion et j'ai la mienne. Ne perdons pas de vue que c'est de la fiction. Quand deux personnes n'ont pas la même opinion, elles discutent entre elles. Elles n'ont aucune raison de se choquer. Ni de se taire, d'ailleurs. Quand le lecteur passe sur "dieu de pacotille", il doit se dire "Voilà une opinion qui n'est pas la mienne". Voilà tout.
Je trouve que tes critiques ont un sens. Tu fais part de ta sensibilité et de ce que tu as ressenti en me lisant. Cela m'intéresse au plus haut point. Soit assuré que j'en prends bonne note.

"selon les règles de quel courant littéraire suis-je supposé fonder mon jugement? " Eh bien, le courant littéraire de ce que tu lis, je suppose. Si tu lis de la SF, tu la jaugeras à l'aune des règles de la SF. Du moins, c'est ce que je fais quand je critique.

"Vient ensuite la question suivante: qu'est-ce qu'un texte réussi?" Encore une fois, je ferai une réponse simple : un texte qui a réussi à intéresser son lecteur et qu'il a pris plaisir à lire. Du moins, c'est ma définition personnelle.
Pour moi, les critères qui me font apprécier un texte sont nombreux :
- histoire intéressante
- personnages détaillés
- thèmes intéressants
- originalité
- suffisamment de description pour que je puisse m'imaginer les scènes
- style agréable
...

Je n'oblige personne à se mettre à l'alexandrin. Mais même avec des vers libres, le rythme doit être agréable à l'oreille.

"Si vous voulez aider le créateur faites-le en fonction du résultat qu'il escompte obtenir et non en fonction de vos attentes à vous."
Mais comment saurions-nous ce que le créateur voulait ?? Nous ne pouvons juger que selon notre propre référentiel.

Quand je signale des lourdeurs de style sans préciser lesquelles, c'est pour éviter des citations trop lourdes. L'auteur est ensuite libre de me demander la liste par MP et je me ferais un plaisir de lui suggérer des corrections dans la limite de mes modestes possibilités.

Je ne t'en tiens pas rigueur pour tes commentaires. J'espère simplement que nous pourrons mieux nous comprendre à l'avenir.

Est', en pleine écriture.

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Mirmir  

2007-08-24 12:14:04 

 T'exagères un peu non?Détails
Tout bon poème réclame du vocabulaire. Tu me parles de règles rigoureuses je te réponds que tu peux en rajouter à foison dans tes poèmes.
J'admire la poésie dans ton explication de l"alexandrin transcendant" même si tout texte peut être transcendant.
Cela dépend biensûr du poème.

Lui dire c'est nul serait certes insultant mais lui dire j'aime pas les oiseaux désolé c'est être sincère. "Les goûts et les couleurs ça ne se discute pas."

Pour ta remarque sur les 13 pieds:
Je ne parle pas d'un poème dans lequel il y aurait 12 pieds dans les 11 premiers vers et soudains 13 au derniers, mais d'un poème dans lequel chaque vers est composé de 13 pieds tout en étant harmonieux et musical.

Point besoin de rythme ou de métrique pour faire de jolis écrits. Mais pour la simple raison de ne pas être des alexandrins ces vers en perdraient-ils pour autant leur qualité? Moi je ne pense pas.


Cordialement,
Mirmir

Ce message a été lu 2559 fois
Estellanara  Ecrire à Estellanara

2007-08-24 12:20:43 

 La mer et les petits poissonsDétails
"Ensuite, ta réflexion sur la religion me laisse dubitative... Les écrits sont un contexte imaginaire, et les opinions qu'ils portent ne sont pas forcément représentatives de celles des auteurs."
En l'occurence, c'est bien de mes opinions réelles que je faisais part. Je n'aime pas le principe même de la religion car elle consiste en le fait de croire en des choses non prouvées. On obéit aveuglément, on formate ses opinions et on oblitère son sens critique en croyant. Je me considère comme une scientifique et la science est le contraire de la religion. La religion obscurcit l'esprit humain. Elle a été inventée par des hommes qui ont profité de la peur de la mort pour asservir des populations entières. La religion a permis et même ordonné le massacre de gens au nom de toutes sortes de dieux. Elle permet encore aujourd'hui le massacre des animaux car ils n'ont pas d'âme. Répugnant...

"De plus, je n'ai jamais bien compris le sacré qui entoure les religions et qui en interdit toute critique, c'est un procédé extrême qui me gêne un peu... "
Ce procédé me gène énormément aussi. On ne devrait pas se choquer, nous athés, d'entendre les croyants parler de leurs opinions mais eux, interdisent qu'on dise que dieu n'existe pas. Et le faire, c'est choquant, voire même intolérable. Cela dit, la religion est aussi le contraire de la liberté d'expression, dans la plupart des cas. En tant que scientifique, je décrète désormais que parler de quelque chose sans apporter de preuves de son existence est choquant et donc interdit, hop ! Alors, allez-y les gars, prouvez-moi que Dieu existe.

Est', provocatrice née.

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2007-08-24 12:23:19 

 J'adore les sujets glissants...Détails
S'ils glissent, c'est que ce sont les plus intéressants.

Est', zwouip !

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2007-08-24 12:32:14 

 *lui fait un massage pour le/la détendre*Détails
*et lui sert un verre aussi*

Juste pour dire que j'ai quitté la fac de bio pour me consacrer désormais à l'informatique. Cela fait déjà six ans que j'y travaille, que le temps passe vite !
Je garde un profond amour pour la biologie, cela dit. Et comme on n'a jamais fini d'apprendre, me voilà en licence d'info aux cours du soir !
Enfin, ce ne sont toujours pas des lettres...
Moi, je l'avais trouvée claire, ta métaphore sur la musique et celle sur le vert aussi...

Est', tempus fugit, c'est comme ça qu'on dit ?

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2007-08-24 12:35:05 

 Moi curieuse ?Détails
Et c'est quoi, ta langue maternelle ?
En tous les cas, tu t'en sort super bien en français, chapeau !

Est', qui commence à avoir faim.

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