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 Le Récit des Jours (suite) Voir la page du message Afficher le message parent
De : Telglin  
Page web : http://www.chez.com/neuneus
Date : Dimanche 4 mars 2001 à 16:46:33
« - Eh bien, Princesse, dit-il, ce n’est pas encore aujourd’hui que vous me surprendrez.
- Ce n’était pas mon intention. Sinon j’aurais lancé ce caillou avec plus de force et de précision. Et quand donc cesserez-vous de m’appelez ‘Princesse’ ? Vous ressemblez à un vieux conseiller plein de déférence ou à un de ces jeunes nobles qui me font la cour en se voyant déjà roi. Cela fait tellement d’années que vous me connaissez ! Après tout ce temps passé ensemble, vous êtes devenu un ami. Vous pouvez bien dès lors m’appelez par mon nom !
- Ce serait contraire à l’usage, Princesse. Je ne fais pas partie de votre famille.
- Vildya non plus ne fait pas partie de ma parenté. Pourtant elle m’appelle par mon nom et me tutoie parfois.
- Vildya est la conseillère de votre père depuis qu’il est monté sur le trône. Et peut-être même depuis plus longtemps encore. Certains disent qu’elle était sa préceptrice, et qu’elle est un peu magicienne. Je crois que le roi l’écoute beaucoup et qu’il lui permet tout. Quant à moi, je ne suis même pas noble, et j’attirerais sans doute quelque malédiction en allant contre les coutumes et en vous appelant par votre nom, Princesse.
- Vous êtes charmant, Darlin. Je vous adore. Vous avez un petit côté désuet qui m’amuse beaucoup.
- Eh bien, si je vous amuse tant que ça, le roi votre père aurait dû me choisir pour tenir le rôle de votre bouffon. »
Darlin recula pour se caler plus confortablement contre le tronc et croisa les bras en faisant une moue renfrognée.


  
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Réponses à ce message :
Telglin  

2001-03-04 16:49:50 

 Le Récit des Jours (suite)Détails
Cymbeline sourit. Son maître d’armes se montrait parfois très infantile, et elle ne l’en aimait que plus. Les conseillers du roi étaient trop sérieux, toujours à réfléchir sur l’état et l’avenir du royaume. Ils se faisaient un devoir de montrer à la future reine combien le gouvernement d’un royaume n’avait rien d’un jeu plaisant. Même Vildya, les rares fois où elle se montrait, présentait toujours un air préoccupé. Darlin, lui, avait une tout aussi haute opinion de sa charge et de ses devoirs. Mais il conservait le solide bon sens et la joie simple des paysans du duché de Ghent d’où il était issu. Cymbeline savait qu’il bouderait juste le temps de passer à quelque chose de plus attrayant.
« - Je crois que je vais m’évanouir si je reste ici plus longtemps par cette chaleur ; pourquoi ne pas rentrer au château pour profiter de la fraîcheur des caves voûtées ?
- Entendu, acquiesça le maître d’armes qui abandonna aussitôt son air renfrogné. De toute façon nous ne pouvons pas faire grand chose d’autre. »
La jeune femme s’approcha de l’arbre et tendit une main pour aider Darlin à se relever. Il n’en avait pas besoin, bien sûr, mais il prit le bras de sa protégée en le considérant comme un signe d’affection.
Leurs montures paissaient non loin de là, au bord d’un petit ruisseau dont l’impétuosité tranchait avec l’immobilité des bois alentours. Cymbeline et Darlin montèrent en selle et sortirent de la forêt.
Ils empruntèrent un sentier qui longeait la lisière avant de rejoindre de petites collines relativement proches et peu élevées où poussaient de la vigne et du houblon. La pente était douce et, malgré leur allure tranquille, ils arrivèrent bientôt au sommet le plus élevé.

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Telglin  

2001-03-04 16:51:29 

 Le Récit des Jours (suite)Détails
Devant eux s’étendait une vaste plaine qui avait la couleur jaune des blés murs en fort contraste avec le vert desséché du feuillage des ceps. Au milieu des champs, posé sur un large promontoire rocheux, se dressait fièrement Fortcarré, l’imposant château royal d’Ambrelune, entouré par la ville fortifiée. De construction massive, avec peu d’éléments décoratifs sculptés, il présentait pourtant une élégance simple qui charmait l’œil. Une route de terre de bonne taille se lovait au pied des collines, desservant l’entrée de la cité avant de bifurquer vers l’ouest.
Les deux cavaliers reprirent leur lente progression à travers le vignoble. Un parterre d’herbe jaunie par la chaleur s’avança au pied de la colline. Un peu plus loin coulait une étroite rivière. Un petit pont de pierre agrémenté de quelques plants de lierre sautait par-dessus la calme surface de l’eau. De là, le sentier bifurquait brusquement et rejoignait directement la route en passant entre deux champs de blé.
« - J’ai remarqué qu’en ce moment mon père et ses conseillers s’inquiètent beaucoup de l’agitation des tribus de l’est. Le connétable Kaorn craint une attaque. Pourtant la situation ne me paraît pas plus préoccupante que d’habitude : les tribus de l’est ont toujours fait preuve d’une certaine véhémence. Mais elles n’ont jamais réussi à pousser leurs raids à l’intérieur des frontières d’Ambrelune.
- D’après le seigneur Kaorn, il ne s’agit plus d’une simple agitation passagère, mais bien d’une menace : les tribus de l’est, d’ordinaire si divisées, semblent se rallier sous la bannière d’un mystérieux chef. Leurs divisions et leurs querelles les rendaient inoffensives. Mais une fois unies, elles peuvent se révéler redoutables pour le royaume. Personne ne sait exactement combien de combattants comptent ces tribus, mais il est certain qu’ils sont bien plus nombreux que les soldats d’Ambrelune.
- Kaorn ne m’a pas l’air très au courant des dangers qui se pressent autour de nos frontières. Certains disent à la cour qu’il n’arrive pas à la cheville du seigneur Galatharn, qui occupait la charge de connétable avant lui.
- Pardonnez-moi, Princesse, mais le roi votre père lui-même n’arrive pas à la cheville du seigneur Galatharn. Vous n’étiez qu’une enfant quand il a disparu, et vous n’avez donc pas pu bien le connaître. L’ancien connétable était de la même trempe que les héros dont parlent les légendes. Il y en a peu, parmi les hommes qui parcourent encore ce monde, qui soit d’une telle nature. Alors, oui, le seigneur Kaorn ne peut rivaliser avec une légende. Mais il n’en est pas moins un homme de grande valeur et, pendant que d’autres le critiquent sans rien faire, lui se renseigne et agit de son mieux. Dans de telles circonstances, c’est un homme précieux pour votre père le roi.
- Eh bien ! Que de louanges, Darlin ! A ces mots je regrette de ne pas m’être intéressée de plus près à Galatharn. Je n’étais qu’une enfant, et ces choses-là me dépassaient à l’époque. Mais revenons-en aux tribus de l’est. Si la situation est aussi grave, je suis étonnée de ne pas encore avoir vu Vildya pointer le bout de son nez.
- Peut-être qu’elle l’a déjà fait à l’insu de tous. C’est bien dans ses manières.
- Vous ne l’aimez pas beaucoup.
- Je la crains et je la respecte. C’est une magicienne, et je me méfie de ces gens-là. Qui sait de quel tour ils sont capables ?
- Ah, Darlin. Vildya n’est pas une magicienne. En tout cas je ne l’ai jamais vu faire de choses extraordinaires, comme allumer un feu en plein hiver, voler ou autres prouesses de ce genre. Mais je crois que j’aurais du mal à vous convaincre. Vous êtes têtu parfois.
- Je préfère dire que je me fie à mon bon sens. »
Darlin se renfrogna de nouveau. Et Cymbeline sourit derechef. Elle pensa à Galatharn et essaya de chercher dans ses souvenirs une image de l’ancien connétable. Il avait disparu sans laisser de traces il y a de cela six ou sept ans. Elle avait à peine douze ans à l’époque. Elle se rappelait que la cour avait appris la nouvelle avec consternation, mais que le roi et Vildya n’avaient pas bronché. Kaorn avait été nommé dans la foulée, et jusqu’à présent il avait accompli un travail des plus honorable. Mais il restait dans l’ombre de la légende. Cymbeline se rendit soudain compte de toutes les allusions qu’avait dû subir le nouveau connétable sans rien dire, continuant d’accomplir sa tâche consciencieusement tandis que d’autres se laissaient aller à la nostalgie. Dès cet instant, le jugement de la Princesse à l’encontre de Kaorn se montra plus favorable.

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Telglin  

2001-03-04 16:53:10 

 Le Récit des Jours (suite)Détails
Après les champs de blé, la route fendait en droite ligne une vaste prairie qui entourait le promontoire sur lequel était bâti Fortcarré. Cette éminence rocheuse perdue au milieu de la plaine était une curiosité géologique : elle se dressait soudain en pente abrupte en adoptant une forme étirée. Après une dizaine de mètres, la pente se courbait en se faisant plus douce pour finalement former un plateau vaguement ovoïde et parfaitement plat. Les hautes et larges murailles extérieures de la ville donnaient à l’ensemble une allure massive.
Fortcarré avait été construit près de 900 ans plus tôt lors de la fondation d’Ambrelune. Dans les débuts de l’histoire du royaume, il avait dû subir de nombreux sièges de la part des petits chefs alentour. Mais il n’avait jamais cédé et plus personne, depuis bientôt 200 ans, n’avait osé l’attaquer.
Il faut dire que les petits chefs étaient devenus des ducs et qu’ils participaient à la gestion du royaume. Le roi, quant à lui, avait tout pouvoir de décision, même s’il s’entourait de conseillers et prenait les avis des ducs. Les tribus de l’est, dispersées en clans innombrables et rivaux, ne constituaient pas une menace sérieuse. Jusqu’à aujourd’hui.
La route passait sous une haute arche de pierre et montait lentement vers la porte principale de Fortcarré en empruntant une voie artificiellement creusée dans le flanc de la petite falaise. Les deux cavaliers franchirent le pont-levis qui reposait au-dessus d’un gouffre profond. Personne ne vint les importuner, car les gardes avaient reconnu de très loin la fille du roi. Quand ils eurent traversé le boulevard déserté et franchi les murailles intérieures, ils s’arrêtèrent et mirent pied à terre. Un homme accourut pour s’occuper des chevaux qu’il emmena de suite aux écuries situées non loin.

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Telglin  

2001-03-05 08:09:50 

 Le Récit des Jours (suite)Détails
A l’intérieur des remparts régnait une activité fébrile. Pourtant les commerçants avaient rangé leurs étales et toutes les boutiques étaient fermées. Les rues étaient encombrées d’innombrables chariots, chargés de nourriture pour l’essentiel. Les gardes allaient et venaient dans tous les sens, dirigeant le flux de marchandises et préparant la ville pour un siège. Des officiers criaient des ordres à tout va, et il était bien difficile de se frayer un passage dans la cohue.
« - Nous sommes restés trop longtemps absents, Princesse, cria Darlin pour couvrir le vacarme. Il semble que les tribus de l’est ont commencé à faire mouvement.
- Tout ce charivari est bien inutile ! Ces barbares n’arriveront pas jusqu’ici.
- Le connétable semble penser le contraire. Il a dû donner ses ordres il y a plus de deux semaines au moins pour que tous ces chariots soient là aujourd’hui. Je crois que nous ferions mieux d’aller voir ce qu’il se passe. »
Cymbeline et Darlin traversèrent la ville fortifiée tant bien que mal et finirent par atteindre la troisième et dernière série de remparts, qui entourait le château royal proprement dit. Une fois la porte franchie, le contraste était grand : de ce côté, tout était calme. Les préparatifs de siège étaient déjà achevés, et les soldats répartis sur les murailles comme en tant de guerre.

Le palais se dressait au milieu d’un vaste jardin. Tout comme le reste de Fortcarré, il était d’architecture simple et massive, conçu pour résister aux outrages du temps et de la guerre. Il n’était cependant pas dépourvu d’élégance raffinée, et un œil averti pouvait déceler ici ou là quelques magnifiques sculptures et de discrets mais somptueux bas-reliefs.
Une allée de gravier blanc desservait le perron central. Il n’y avait personne dans les jardins, d’ordinaire parcourus à toutes heures du bruissement des robes des dames et de conversations discrètes.

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Telglin  

2001-03-06 09:57:23 

 Le Récit des Jours (suite)Détails
Deux gardes munis de longues et larges hallebardes et portant la livrée royale bloquaient l’accès. Ils inclinèrent légèrement la tête pour saluer la fille du roi.
« - Salutations Princesse Cymbeline. Le roi votre père avait envoyé une série de messagers pour vous trouver, et il commençait à s’inquiéter de les voir tous revenir bredouille. Il vous attend en son conseil. Ne tardez pas trop, car il est question de faits graves.
- Le roi me fait mander en son conseil ? répéta Cymbeline en se rembrunissant. Ce n’est pas dans ses habitudes. Vous aviez raison, Darlin, le danger est plus grand qu’il n’y paraît. Allez prendre un peu de repos, je vous retrouverai dès que possible. »
Cymbeline plongea dans le vaste hall où se réunissait la cour pour les grandes cérémonies, traversa la salle aux larges dalles de pierres grises et aux murs recouverts de longues bannières représentant les emblèmes des duchés, des grandes confréries et des principaux corps d’armée. La lumière provenait de nombreuses fenêtres, hautes et étroites, dont le rebord inférieur se trouvait à plusieurs mètres du sol et dont l’extrémité supérieure se perdait dans la voûte. Plusieurs portes parsemaient les murs et permettaient d’accéder au dédale de couloir qui desservait les innombrables pièces du château.

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Telglin  

2001-03-07 09:00:28 

 Le Récit des Jours (suite)Détails
Cymbeline s’avança vers le trône, tout en pierre grise, massif, placé sur une estrade semi-circulaire desservie par une dizaine de basses et minces marches. Elle contourna l’estrade et ouvrit une porte qui se trouvait sur la gauche. Un petit escalier en colimaçon, aux marches usées en leur centre par une longue utilisation, montait sur plusieurs étages.
Au quatrième, la fille du roi ouvrit une autre porte, en bois rehaussé de barres de fer forgé, et pénétra dans un long couloir. Le sol était recouvert d’un vieux tapis qui avait perdu de sa superbe mais qui était encore en parfait état. Cymbeline tourna à droite, empruntant un autre couloir, plus petit, qui finissait sur un escalier descendant. Elle se retrouva dans une petite salle où se tenaient une demi-douzaine de soldats de la garde personnelle du roi. Le chef de cette petite garnison s’avança vers elle avec un sourire.
« - Enfin vous voilà, Princesse ! Le roi s’inquiétait.
- Je sais ; le garde à l’entrée du château me l’a déjà dit.
- Où étiez-vous donc passée ces derniers jours ?
- Le seigneur Darlin me faisait visiter le duché de Ghent. Une bien belle région, très agricole, où les gens sont accueillants et connaissent les plaisirs de la vie.
- Je suis bien aise que le séjour vous ait plu. Mais à l’avenir, tâcher de prévenir quelqu’un de vos déplacements. Votre absence a causé du trouble : le roi a fait une remarque au connétable, qui a demandé des comptes au capitaine de la garde, qui est allé houspiller votre gouvernante, qui a à son tour reproché au roi en personne de ne pas assez s’occuper de vous. Il faut dire que votre gouvernante est une femme de caractère, et qu’elle vous défend systématiquement. Le ton a monté, et je crois que tous deux en seraient venus aux mains si le soudain éclat de rire de la conseillère Vildya n’avait pas révéler d’un coup l’absurdité de tout ceci.
- Vildya est ici ?
- Oui Princesse. Elle est arrivée ce matin. Ou disons plus tôt que je l’ai vu arriver ce matin. Il se pourrait bien qu’elle ne soit en fait jamais partie, comment savoir ?
- Ma gouvernante et mon père se sont vraiment querellés ?
- Oui Princesse. Les échanges d’amabilités habituelles.
- Et est-ce que ma gouvernante a tourné brusquement les talons avec un air de dédain, sortant d’un pas cadencé avec la tête haute ?
- Oui Princesse. Et votre père a poussé un long soupir avec une dénégation de la tête, comme d’habitude.
- Ah ! J’ai encore raté quelque chose. Ils sont amusants tous les deux. Il n’y a que ma gouvernante pour s’opposer ainsi au roi. Et il n’y a que mon père pour refuser d’obéir aux injonctions de ma gouvernante. Ils feraient un couple tout à fait charmant.
- Pardon, Princesse, mais votre gouvernante est bien trop jeune ! Et puis le roi n’a jamais voulu épouser d’autres femmes depuis la mort de votre mère.
- Insinuez-vous que le roi est vieux ? Il a à peine cinquante ans. Mais ne faites pas cette tête déconfite ! Je vous taquinais. Quant à ma gouvernante, elle paraît jeune et bien faite de sa personne, mais vous seriez étonné d’entendre son âge…allons, trêve de bavardages ; ouvrons donc cette porte. »
Le soldat avança vers le mur opposé où se trouvait une petite et massive porte tout en métal clouté qui possédait deux serrures. Il saisit le trousseau de clé qui pendait à sa ceinture, en choisit une grosse en fer noir et l’inséra dans la serrure du haut. Il la tourna et un déclic se fit entendre. Cymbeline sortit d’une petite poche de ceinture une minuscule clé dorée et finement ciselée d’aspect fragile. Elle l’utilisa sur la seconde serrure, mais aucun bruit de mécanisme ne résonna dans la pièce.

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Telglin  

2001-03-08 14:52:36 

 Le Récit des Jours (suite)Détails
Tous deux s’écartèrent et la porte s’ouvrit vers l’extérieur. Un homme la poussait de l’autre côté, bandant tous ses muscles dans un effort important pour la faire bouger. Sa tâche accomplie, il salua la Princesse d’un geste sans prononcer un seul mot et libéra le passage. Cymbeline dépassa l’homme et se retrouva dans un couloir plus large, décoré de tentures aux couleurs chaudes. Les gardes de la salle refermèrent la porte.
Un parfum discret et agréable flottait dans l’air et, du côté gauche, des fenêtres donnaient sur une petite cour intérieure accueillant un jardin. Des portes se dessinaient à intervalles réguliers dans le mur de droite, tandis que le couloir se finissait en cul de sac. A mi chemin se trouvait un embranchement d’où partait un second couloir, beaucoup moins long, se finissant également en impasse. La fille du roi l’emprunta et toqua vigoureusement à la première porte de gauche. Elle entra sans même attendre la réponse.

Cymbeline se retrouva dans une pièce de dimensions moyennes au sol fait de larges dalles de pierres sombres et aux murs recouverts de boiseries rustiques. La lumière venait d’une unique fenêtre en ogive et se déversait pour l’essentiel sur une lourde table rectangulaire en pierre aux épais pieds légèrement courbés sur leur extrémité. Sur le trône gris et austère qui occupait le bout opposé de la table était assis un homme aux courts cheveux blancs impeccablement peignés et à la barbe naissante. Le roi Blador, qui n’avait que cinquante ans, en paraissait au moins soixante. Le jour où son épouse était morte en mettant Cymbeline au monde, quelque chose s’était brisé net au fond de lui même. Il avait pris dix ans en quelques jours. Et, si depuis il continuait à gouverner seul avec la même sagesse, il avait depuis longtemps perdu la passion et la ferveur qui l’animaient auparavant. Vieux et vêtu d’une ample robe aux couleurs pâles, il n’en gardait pas moins une apparence digne qui témoignait d’une grande force, tant intérieure que physique.

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Telglin  

2001-03-09 15:59:32 

 Le Récit des Jours (suite)Détails
Quatre personnes se répartissaient de part et d’autre de la table. A la gauche du roi se tenait le connétable Kaorn. C’était un homme grand et sec, presque décharné, aux traits tirés et à la mine austère. Il portait l’uniforme beige et vert habituel de la garde, avec pour seul signe distinctif une petite barrette d’or au niveau de la poitrine. Il était chauve et ses orbites s’enfonçaient profondément. De manière générale, il n’avait pas de charme et ne faisait pas grand chose pour y remédier. Même l’uniforme de la garde, qui transformait n’importe quel soldat en bourreau des cœurs, ne parvenait à le rendre séduisant.
Face à Kaorn, le conseiller du roi faisait bien meilleure figure. Plus petit, plus robuste, la mine plus avenante, Cilling présentait une bonhomie sympathique. Déjà conseiller du couple royal, il avait pris de plus en plus d’importance depuis la mort de la reine. Secondant le roi et le déchargeant des travaux les plus éreintants, il était devenu le gérant du royaume. Mais il se gardait de faire quoi que ce soit sans l’assentiment royal.
A côté de Cilling se tenait Odion, le fils aîné du plus grand commerçant d’Ambrelune. Malin, avisé, cultivé, il s’appuyait sur l’immense réseau de clients et de fournisseurs liés à sa famille pour obtenir de nombreux renseignements sur les pays voisins. Il s’occupait donc tout autant de l’économie que des renseignements et de la politique extérieure. Derrière son apparence charmante et tranquille, c’était un véritable bourreau de travail qui faisait preuve d’un réalisme confinant au cynisme. Il était légèrement plus grand que Cilling, portait des vêtements à la coupe impeccable et avait le teint légèrement hâlé.
Enfin, à gauche de Kaorn se trouvait Vildya, un petit bout de femme rondelette aux vêtements chatoyants. Elle dégageait une aura de rigueur et de mystère. Elle avait des yeux étranges de la même couleur que ses cheveux noirs de jais.

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Telglin  

2001-03-12 10:59:05 

 Le Récit des Jours (suite)Détails
Tous se tournèrent vers Cymbeline lorsqu’elle entra. Le roi prit la parole en premier, avec un ton agacé :
« - Eh bien, Cymbeline, ce n’est pas parce que vous êtes la future reine que vous pouvez tout vous permettre. Non seulement vous disparaissez une semaine entière sans dire où vous êtes, mais en plus vous entrez ici comme dans une vulgaire auberge sans attendre qu’on vous y invite.
- Bonjour père. Il me semblait bien pourtant que vous m’aviez mandée en votre conseil. Mais si ce n’est pas le cas, je peux repartir.
- Ne soyez pas effrontée. Vous savez très bien qu’il ne suffit pas de toquer pour entrer dans cette pièce. Vous auriez dû attendre que je vous réponde.
- Oh pardon ! Je m’en vais de suite prévenir les tribus de l’est qu’elles doivent respecter les règles de politesse avant d’investir le château.
- Ne plaisantez pas avec cela, Princesse, intervint Kaorn. La situation est grave : je viens de recevoir un rapport qui m’informe que les tribus de l’est se sont regroupées et ont commencé à se mettre en marche. De toute évidence, elles se dirigent droit sur Fortcarré.
- Eh bien, il n’y a qu’à envoyer notre armée à leur rencontre pour leur donner une leçon, proposa Cymbeline. Comme d’habitude.
- C’est malheureusement impossible, répondit Kaorn. Jusqu’à présent, nous avons toujours eu affaire à une ou deux tribus isolées. La situation est très différente aujourd’hui. Nos soldats sont mieux entraînés et mieux équipés, mais nettement moins nombreux. Le terrain, essentiellement plat hormis quelques collines vallonnées, ne nous est pas favorable ; nous nous ferions submerger. La seule possibilité est de soutenir un siège. Les tribus de l’est ne s’y connaissent pas en poliorcétique : elles ont l’habitude des raids rapides. Elles ne possèdent aucune des machines nécessaires à la prise d’une ville et n’ont pas prévu le ravitaillement nécessaire pour un affrontement prolongé.
- Le ravitaillement ne devrait pas leur poser problème, rétorqua Cymbeline. Fortcarré est entouré de champs et de cultures à perte de vue, et c’est le temps des moissons ; il n’y a qu’à se servir.
- L’essentiel des cultures est plus au sud, dans le comté de Ghent, explique Kaorn. J’ai ordonné de faire moissonner en priorité les champs qui s’étendent entre Fortcarré et la frontière orientale d’Ambrelune. Toutes les réserves ont été rassemblées ici, et nous pouvons tenir plusieurs mois sans recourir au rationnement. Les assaillants ne disposeront que des champs à proximité immédiate de Fortcarré, et je ne pense pas qu’ils prendront garde de ne pas les saccager lors de leur premier assaut.
- Ils peuvent toujours envoyer des petites troupes plus au sud pour s’approvisionner, objecta Cymbeline.
- Cela leur sera difficile : pour rejoindre le duché de Ghent, il faut traverser le duché de Flint. Vous avez certainement entendu parler des Collines-Murailles, demanda Kaorn ?
- Je les ai même vues récemment. Je n’y avais pas pensé, reconnut Cymbeline. Il faudrait toute l’armée des tribus réunies pour avoir une chance de forcer ces fortifications.
- Armée qui sera en grande partie bloquée ici. D’un point de vue strictement militaire, conclut Kaorn, nous n’avons rien à craindre.
- Alors pourquoi toute cette inquiétude, interrogea Cymbeline ?
- Ce qui nous rend soucieux, reprit le roi, ce n’est pas le rassemblement des tribus en lui-même ; comme vous le voyez, nous sommes tout-à-fait capables d’y faire face. Mais nous aimerions bien savoir qui a permis un tel rassemblement ; il faut un homme rusé, à même d’impressionner chacun des chefs de tribus et de les faire se rallier malgré leurs haines ancestrales sous une bannière commune. Qui sait de quel stratagème un tel homme est capable ? Il ne faut pas être dupe : il est certain que cet individu a su analyser la situation comme nous venons de le faire. Il a obligatoirement prévu quelque chose d’autre que nous n’avons pas remarqué. Nous sommes plus en danger qu’il n’y paraît.

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Telglin  

2001-03-13 11:25:35 

 Le Récit des Jours (suite)Détails
- Il nous reste encore quelques jours pour trouver de quoi il s’agit, intervint Odion. D’après ce que je sais, les tribus de l’est ne se sont pas procurées d’équipement spécial ces derniers temps. Juste quelques armes de plus, mais rien qui ne mérite que nous y prêtions attention. Les espions que j’ai envoyés disent tous la même chose : les tribus doivent toutes se rejoindre aujourd’hui pour marcher sur Fortcarré et le faire tomber. Aucun autre plan ne semble prévu, rien ne semble avoir été préparé. Tout se passe comme s’il s’agissait d’une simple excursion. Les espions n’ont vu aucune charrette ou chariot permettant de penser qu’un ravitaillement avait été organisé. C’est à n’y rien comprendre.
- Je n’aime pas ça, déclara Cilling. Il y a forcément quelque chose qui nous échappe. Les ducs s’agitent, ils sont nerveux. Le mécontentement du duc d’Afar est compréhensible : ces terres vont être pillées sans que nous ne fassions rien. L’affolement du duc de Ghent n’est pas étonnant : c’est un homme qui n’aime pas la guerre, et il sait qu’il n’est rien sans les Collines-Murailles qui le protègent. L’inquiétude des duchesses de Jabor et d’Urphrael est normale : leurs duchés ne sont pas menacés pour l’instant, mais de tels mouvements de troupes sont toujours préoccupants. En revanche, je m’étonne de la jubilation du duc de Flint.
- C’est un guerrier dans l’âme, rappela le roi. N’oublions pas que c’est dans son duché qu’est organisé le plus grand nombre de tournois divers. C’est également lui qui possède la plus grosse réserve de soldats au sein de la population. Il a toujours aimé se battre, et il serait content de voir tomber Fortcarré si cela lui permettait d’écraser les tribus de l’est aux Collines-Murailles.
- Justement, précisa Cilling, il semblerait bien que l’occasion se présente.
- Qu’insinuez-vous, Cilling ? Que Flint ferait alliance avec les tribus pour renverser Fortcarré et les écraser ensuite ? Allons, tempéra le roi, Flint est un batailleur ombrageux, mais il n’est pas fou.

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Telglin  

2001-03-14 11:03:49 

 Le Récit des Jours (suite)Détails
- Et si Flint était justement le mystérieux personnage qui a réussi à rallier les tribus, avança Odion ?
- C’est insensé, s’exclama le roi ! Dans quel but ? La ruine du royaume ?
- Attendez un instant. Laissez-moi faire quelques hypothèses, proposa Cymbeline. Il faut bien que j’apprenne…Supposons que Flint ait trouvé un moyen de rassembler les tribus de l’est. Il n’aura pas de mal à se rendre maître du duché de Ghent avec son armée, tenant ainsi le grenier du royaume et pouvant approvisionner largement les tribus menant le siège. Une fois Fortcarré tombé, il se retranche derrière les Collines-Murailles. Privées de chef charismatique, les tribus retombent dans leurs querelles habituelles, et Flint n’a plus qu’à les battre tranquillement une à une. Il perd peu d’hommes dans l’opération, devient roi d’Ambrelune et se débarrasse définitivement de la menace orientale. Qu’est-ce que vous en dites ?
- Vous faites de nets progrès, Princesse, reconnut Kaorn. Mais ce plan est plus facile en théorie que dans la pratique. Le suzerain d’Ambrelune, homme ou femme, appartient à la même famille depuis la fondation du royaume. Il y a eu des dérives à certaines époques, mais depuis une centaine d’années Ambrelune est bien régi. La population est très attachée à la famille royale, surtout qu’elle n’a rien de particulier à lui reprocher : les impôts restent très supportables, le prix des denrées de base n’est pas excessif, les mères n’ont plus perdu d’enfants à la guerre depuis bien longtemps, les routes sont sûres. Pour obtenir l’aval du peuple lors d’un renversement de dynastie, il faut s’appuyer sur un mécontentement fondé. Hors Flint ne peut rien promettre de plus que ce que le peuple a déjà. Dès lors, pourquoi se faire tuer pour un changement qui n’apporte rien de nouveau ?
- Le raisonnement est juste, admit Odion, sauf sur un point : Flint peut apporter en plus l’anéantissement définitif des tribus de l’est. Il y a encore des mères qui ont perdu des enfants à la garde de la frontière orientale. Certes, beaucoup moins qu’au temps des guerres de jadis où Ambrelune était un royaume jeune et convoité, mais suffisamment pour que chaque région possède son lot de martyrs. Flint est un militaire hors-pair, mais c’est aussi un homme malin qui sait galvaniser une foule. Il ne changera pas de politique, puisqu’elle fonctionne. Il se contentera de promettre que plus un soldat ne sera tué en service, et cela suffira à laisser la foule dans la neutralité.

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Telglin  

2001-03-15 11:41:48 

 Le Récit des Jours (suite)Détails
- Odion a raison, poursuivit Cilling. Je ne pense pas que le peuple se lèvera en masse pour suivre Flint. Mais il ne le fera pas non plus pour se mettre en travers de sa route. Après le pillage de leurs terres, les habitants d’Afar lui seront de toute façon favorables. Les paysans du duché de Ghent écouteront leur bons sens et continueront de travailler leurs champs sans se mêler de politique. Il est plus difficile de savoir comment réagiront les habitants de Jabor et Urphrael. Mais je ne pense pas qu’ils prendront les armes avant d’avoir vu ce que ferait Flint. Et n’oublions pas un détail important : Flint maîtrise toutes les voies de communication entre Fortcarré et les trois derniers duchés. Il peut facilement transformer les informations qui circulent. Et dire par exemple que le roi et sa fille sont morts au cours du siège, puis se poser en héros qui a sauvé la situation in extremis.
- Il ne lui resterait plus alors qu’à se faire couronner, conclut Vildya. Et en toute légalité : après Cymbeline, il est le plus proche parent du roi actuel. Les deux disparus, le trône est à lui.
- Le duc de Flint fait partie de la famille royale, s’étonna Cilling ?
- En effet, confirma Vildya, mais seules deux personnes le savaient jusqu’à présent dans le royaume : le roi et moi. Au vu des événements, il est à craindre que Flint l’ait également appris. Sinon pourquoi ferait-il tout cela ?
- Attendez, je ne suis pas sûr de suivre : Flint n’est pas le fils de la duchesse et du duc de Flint, comme tout bon Flint qui se respecte, ironisa Kaorn ?
- C’est à moi de répondre, dit le roi. C’est une histoire qui remonte à ma prime jeunesse. J’étais alors au service de l’ancien duc de Flint, et je ne connaissais ma future femme que de nom. Le vieux Flint ne pouvait pas avoir d’enfant. Le duché était encore agité, et l’absence d’héritier faisait peser sur son avenir une menace de troubles. Pour maintenir le siège ducal dans la famille et éviter tous désordres, le vieux Flint a fait appel à son plus fidèle serviteur pour mettre sa femme enceinte. J’étais jeune à l’époque, et pas vraiment mécontent de rendre un tel service, d’autant que la duchesse était une femme très belle. Je connaissais déjà Vildya à l’époque, et elle a utilisé des artifices pour tromper l’épouse du duc. Tout a très bien marché, et nous n’étions que trois a être au courant de cette histoire. La maladie a emporté le vieux Flint un an plus tard à peine, sans qu’il ait divulgué son secret. Pour ma part, je n’en ai parlé par la suite qu’à ma femme, la défunte reine, au cours d’une nuit où nous nous sommes tout révélé de nos passés respectifs. Et connaissant Vildya, je doute qu’elle en ait parlé à quiconque.
- Comment le jeune Flint serait-il alors au courant, demanda Odion ?

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Telglin  

2001-03-16 15:44:48 

 Le Récit des Jours (suite)Détails
- C’est un mystère, soupira Cilling. Et un mystère qui risque de nous poser un sérieux problème. Mais nous n’avons fait que conjecturer ; peut-être qu’après tout Flint n’a rien prévu du tout, et qu’il est seulement pressé d’en découdre avec les tribus de l’est.
- J’en doute fort, se rembrunit le roi. Il y a trop de concours de circonstances. Kaorn ! Trouvez moi Lucain rapidement. Odion ! Vous partez dès aujourd’hui pour le Sordor, et tâchez de convaincre le Prince des Sables de nous prêter des troupes. Cilling ! Arrangez-vous pour que les préparatifs de défense soient achevés dès demain soir. Vildya ! Vous vous rendez de suite dans les Hautes Terres, histoire de rappeler aux Gnauplim le pacte qui les unit à Ambrelune. Quant à toi, Cymbeline, tu restes avec Darlin à l’intérieur du château. Vous aurez tous deux à montrer de quoi vous êtes capables une hallebarde à la main d’ici quelques jours. Le conseil restreint est terminé. »

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Telglin  

2001-03-19 09:51:32 

 La Chute de FortcarréDétails
Darlin se dirigea vers le quartier des gardes du palais et rejoignit la salle à manger. Pratiquement tous les soldats avaient regagné leur poste où avaient été appelés en renfort pour régler la circulation. Le maître d’armes avança vers la cave à vins et saisit une bouteille de rouge sans étiquette. Il remplit à moitié une cruche en terre cuite et compléta avec de l’eau. Puis il alla s’asseoir sur un banc posé contre le mur du fond, se servit un verre et but cul sec avant de poser le verre et la cruche sur la table grossière en bois qui se trouvait devant lui. Il se demandait bien tout ce qui avait pu se passer pour pousser le connétable à prendre toutes ces mesures aussi vite. Les tribus de l’est ne pouvaient pas s’être déjà lancées à l’assaut d’Ambrelune. Le garde à l’entrée ne savait pas grand chose, et il était peu probable que quelqu’un d’autre hors du palais soit mieux informé que lui. Il ne restait plus qu’à attendre tranquillement que la Princesse revienne pour en apprendre plus. Darlin soupira, s’adossa contre le mur et s’endormit.
Dans son sommeil, il sentit une présence qui s’approchait. Il se réveilla instinctivement. Cymbeline venait d'entrer dans la salle. Elle vint s’asseoir en face de lui, se servit un verre plein et le but d’une traite. Puis ses yeux se posèrent sur le maître d’armes et c’est seulement alors qu’elle sembla quitter le fil de ses pensées pour se rendre compte de sa présence.
« - Eh bien, le conseil a été rapide !
- Pas plus que d’habitude ; mon père a pris les avis, puis il a ordonné. C’est vous qui avez dormi longtemps. Avec cette chaleur, votre âge et le vin, ce n’est pas étonnant.
- Dites tout de suite que je suis vieux ! Je suis encore capable de vous battre à chaque leçon.
- D’ici peu vous pourrez constater si votre enseignement a porté ses fruits. Les tribus de l’est sont en route, et le duc de Flint pourrait bien ne pas être étranger à leur entente inattendue.
- Le duc de Flint ? Qu’a-t-il à voir avec tout cela ?
- Vous êtes sans doute le plus brillant des maîtres d’armes de ce royaume, Darlin, mais vous ne connaissez pas grand chose à la politique. Pour résumer, Flint veut le trône, et les tribus de l’est vont le lui offrir sur un plateau. L’affrontement va être rude.
- Soit, je ne serai pas le dernier à brandir ma hallebarde !
- Excusez-moi Princesse, intervint un garde qui venait d’entrer dans la pièce. Il y a aux portes du château un homme qui désire vous voir. Il dit que vous le connaissez.

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