Version HTML ?

Le Récit des Jours

Un craquement suivi d'un crépitement les tira de leur torpeur : un homme venait d'allumer une torche juste devant eux. La lueur chaude et vive révéla une haute et maigre silhouette au visage dur. Elle portait l'uniforme des gardes royaux d'Ambrelune et les cavaliers reconnurent très vite le connétable.
"- Messire Kaorn, s'exclama Cilling, vous tombez à point ! Mais que faites-vous ici et quel est ce chant du vent?
- Nous en discuterons plus tard. Le temps presse. Tant que ce chant plane sur les Plateaux Fumants nous n'avons rien à craindre. Mais personne ne peut dire combien de temps il durera et nous avons encore une longue route à faire. Suivez moi! Et si vous ne voyez rien, faite confiance à vos chevaux ; ils auront le pas sûr."
Kaorn tourna aussitôt les talons et monta le long d'un sentier rocailleux qui partait vers le nord ouest. La plupart des cavaliers ne distinguaient rien d'autre que la lueur vacillante de la torche du connétable. Les chevaux par contre semblaient parfaitement à l'aise et suivaient lentement. Au bout d'une centaine de mètres, Kaorn monta en selle d'un cheval qui attendait docilement sur une portion plus large. La compagnie avança plus vite.

Tant hommes que bêtes restaient parfaitement silencieux, les secondes se concentrant sur la piste empruntée par Kaorn, les premiers jetant de rapides coups d'oeil craintifs sur les formes sombres environnantes. Alors qu'il se retournait pour voir si les guerriers de l'est s'étaient aventurés dans les Plateaux Fumants, Cilling fut attiré par un mouvement à l'extrémité de son champ de vision. A près de trois cent mètres, délicatement posée sur une hauteur déchirée, une forme blanche entourée d'une lueur cristalline brillait comme un faible halo. La lumière était d'une pureté originelle, et pourtant elle se distinguait tout juste. C'était comme un feu follet immobile. Cilling n'arrivait pas à discerner ce qu'entourait le halo, s'il provenait d'une lampe ou d'une lanterne, mais il était sûr que quelque chose se trouvait à l'intérieur. Un profond sentiment de peur respectueuse s'empara de lui et c'est à peine s'il remarqua la silhouette sombre qui se tenait à côté de la lueur. Il se rapprocha de Kaorn et l'interrogea à mi-voix :
"- Messire connétable, suis-je la proie d'un rêve étrange ou bien y a-t-il un mystérieux halo lumineux et une silhouette sur cette hauteur? Savez-vous ce que c'est?
- Vous ne rêvez pas, messire conseiller. La silhouette n'est autre que Lucain, dont vous avez entendu parler. Lorsque le roi m'a envoyé le chercher, je me suis retrouvé ici sans trop savoir comment. Lucain m'y attendait. Quand j'ai voulu l'emmener à Fortcarré, il m'a simplement répondu qu'il était trop tard et que nous devions attendre ici. Cela n'avait rien de logique mais je sentais au plus profond de moi qu'il avait raison. Je vous ai donc attendus et maintenant je vous guide à travers des chemins que je n'ai jamais empruntés et que pourtant je connais parfaitement. Mon esprit raisonné est mis à rude épreuve, et je ne préfère pas trop réfléchir à tout cela.
- Vous avez donc réussi à trouver Lucain et à le faire intervenir en notre faveur. C'est une bonne chose, même si je ne tiens pas trop à savoir de quoi est capable cet homme.
- Nul ne le sait. Certains disent qu'il appartient à un de ces Peuples Ancestraux qui parcouraient notre monde il y a de cela bien longtemps. On dit qu'ils pouvaient commander aux éléments et aux esprits, et à bien d'autres choses encore dont nous n'avons pas le souvenir.
- Pour un esprit raisonné, je vous trouve bien au courant des légendes qui circulent.
- En tant que connétable, je me dois de défendre Ambrelune. Et Ambrelune est entourée de régions étranges voilées dans leurs mystères. Songez à la Forêt Blanche au sud, avec son rempart de brume que nul n'a pu franchir sans se perdre et revenir à son point de départ. Songez à ces Plateaux désertés au nord où le vent se met à chanter pour nous protéger de quelque fléau tapi dans les roches. Songez au Sordor à l'ouest, immensité désertique où les vagues incessantes de dunes cachent de nombreux mirages. Il n'y a guère que les tribus de l'est pour être rassurantes avec leurs habitudes basiquement destructrices. Et pourtant elles ont réussi à nous faire mettre un genou à terre...alors qui sait ce que les légendes nous réservent?




Publication : Inconnue
Dernière modification : 07 November 2006


Noter cette page : Vous devez vous identifier pour utiliser le système de notation
Prologue
Les Premières Lueurs de l'Aube
1er Chapitre
Le Conseil Restreint
Partie 2
Partie 3
Partie 4
Partie 5
Partie 6
Partie 7
Partie 8
Partie 9
2nd Chapitre
La Chute de Fortcarré
Partie 2
Partie 3
Partie 4
Partie 5
Partie 6
2nd Chapitre
Partie 7
3ème Chapitre
Les Trois Fuyards
Partie 2
Partie 3
Partie 4
Partie 5
Partie 6
Partie 7
Partie 8
4ème Chapitre
A Travers les Hautes Terres
Partie 2
Partie 3
Partie 4
Partie 5
Partie 6
Partie 7




Aucun Commentaire



Ajouter un commentaire

Pseudo
Mail
Titre ou commentaire concis
Commentaire détaillé
(Optionnel)





Retour a l'index Librerie


Page générée en 55 ms - 256 connectés dont 4 robots
2000-2017 © Cercledefaeries